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La littérature au service de la maternité

Je suis enceinte. J’ai franchi la moitié du parcours entre le «avant» et le jour de cette rencontre, le «après» d’à jamais. Depuis, je vis dans un état latent. Je fais tout lentement. En mode «il y a si peu de temps…». Évidemment, l’acte de lire s’incruste parfaitement à cette nouvelle routine. Contrairement à beaucoup de futures mamans, je ne me suis pas jetée dans les livres instructifs et éducatifs décortiquant chaque changement physique et psychologique que la femme enceinte est susceptible de vivre. J’ai plutôt choisi de me tourner vers les récits de femmes, de chez nous et d’ailleurs, qui ont vécu la traversée de neuf mois, parfois moins, souvent tumultueuse, pour les chanceuses seulement à l’aide d’une voile. Pour ce faire, j’ai accordé une bribe de la lenteur des premiers jours d’été au collectif Dans le ventre: Histoires d’accouchement ainsi qu’au recueil de poésie d’Anne-Marie Desmeules, Le tendon et l’os. Bien qu’abordant la même thématique, à savoir la maternité, les deux œuvres se veulent bien différentes l’une de l’autre, d’abord dans la forme. Le collectif, réunissant …

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Lignes de faille ou avoir 6 ans

Une fiction à quatre voix Je suis retournée plusieurs fois vers la plume de Nancy Huston. Tout comme les fileuses Mari-Anne et Marjorie, je suis complètement envoûtée par cette auteure canadienne qui vit désormais à Paris. Lignes de faille, une incroyable fiction qu’elle a écrit en 2006 et qui lui a valu le prix Femina est un pur bonheur et brille par son originalité. Ce roman que j’avais adoré est tombé entre les mains de ma soeur qui voulait lire quelque chose et qui se fiait à mes conseils… Aussitôt sa lecture achevée, je me suis mise en mode relecture pour découvrir à nouveau cette oeuvre qui m’avait fait chavirer quelques années plus tôt. Ce qui m’a d’abord plu c’est la manière si pertinente qu’elle a de construire un récit. On se trouve plongé dans une sorte de journal intime, où chaque narrateur s’exprime au «je». Ses quatre protagonistes ont une voix, une personnalité et une existence si complète qu’il est difficile de ne pas les imaginer en chair et en os. On les retrouve tous …

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Motherhood : être ou ne pas être mère

Dans ce livre difficile à catégoriser, l’autrice canadienne Sheila Heti se questionne sur la maternité et sur le désir -ou pas- d’avoir un enfant. Elle commence à écrire ce livre vers 36 ans et elle sent qu’il ne lui reste plus autant de temps qu’avant pour prendre sa décision. On sent rapidement le sentiment d’urgence qui perd en importance au fil des pages. Ce qui m’a attiré vers ce livre, ce sont les premières pages : l’autrice pose des questions en utilisant la méthode Yi Ching. Les réponses à ses questions sont donc aléatoires et elle tente d’avoir une conversation de cette manière, de trouver un sens à ses interrogations. À l’image d’une discussion qu’on pourrait avoir avec soi-même dans son esprit, les premières pages m’ont charmée par la vulnérabilité avec laquelle l’autrice aborde ses propres tourments et obsessions. Elle utilisera aussi le tarot, les rêves et les étapes du cycle menstruel pour l’aider à voir plus clair ce qu’elle désire sincèrement. Ce livre, c’est une méditation bruyante sur ce désir de prendre position sur la …

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Quand le roman aide à accepter la maladie mentale d’un proche

La santé mentale est un thème qui m’interpelle particulièrement dans la littérature. Ayant un proche qui vit avec une maladie mentale, les romans qui traitent de ce sujet ont souvent eu un grand effet thérapeutique sur ma personne en m’aidant à mieux comprendre les symptômes d’une maladie mentale et à conserver un regard humain sur cette réalité, sans jamais sombrer dans la haine ni la colère. Parmi mes découvertes littéraires des dernières années, quelques ouvrages abordant ce thème m’ont apporté beaucoup de bien, notamment Borderline (2000) de Marie-Sissi Labrèche, Pivot de Marie-Ève Cotton (2017), La cloche de détresse (1963) de Sylvia Plath, Demain j’étais folle (2014) d’Arnhild Lauveng, Matricide (2017) de Katherine Raymond, et Profession du père (2015) de Sorj Chalandon. Aucun ne m’a toutefois autant ébranlée que Neurotica (2014) de Mélanie Gélinas. L’innocence de l’enfant, la douleur de l’adulte Dans la première partie de ce roman fragmenté, on suit l’histoire d’Anna Ouellet, âgée de huit ans, dont la mère souffre d’une « maladie des émotions », comme le dit la jeune narratrice. Le récit débute avec l’automutilation d’Anna, qu’elle réalise …

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Martin John, circuits d’un homme dérangé

Je ne sais pas pour vous, mais depuis quelques années j’essaie, comme Anne-Marie, de lire davantage de romans écrits par des femmes. Dans ma PAL se trouvait un beau livre orange vif, à la quatrième de lecture singulière : Martin John, un délinquant sexuel, a été envoyé à Londres par sa mère pour échapper aux autorités. Depuis, il doit naviguer seul dans cette ville hostile où tout conspire à le faire dévier de la routine implacable et absurde à laquelle il s’est astreint. Le piège semble se refermer sur lui alors qu’un agaçant chambreur, sans doute un espion envoyé par la police, fait irruption dans sa vie. J’ai été tentée de lire cette fiction qui a connu un succès populaire, principalement parce que l’humour grinçant était mentionné dans presque toutes ses critiques et parce que son auteure est une femme : Anakana Schofield, une Canado-Irlandaise. Le chemin d’un prédateur Cette écrivaine s’amuse tout au long du roman à construire un récit dont la forme cyclique et répétitive engouffre le lecteur dans le mode de vie …

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Bestiaire : le berceau salé d’Eric Dupont

Eric porte un regard sur son enfance. Les animaux qui amorcent son récit défilent et ramènent à la surface des anecdotes à saveur autobiographique. Sans être un véritable bestiaire (manuscrit regroupant des fables sur les bêtes), les chapitres débutent par le chat, le vacher à tête brune, le bigorneau, le chien, les poules, le grand-duc d’Amérique et le canari; ces animaux ouvrent la porte sur des anecdotes d’une puissance sans nom. Racontés adroitement avec un regard empreint de résilience, nous sommes invités à nous remémorer avec le narrateur, dans un défilé de métaphores, les nombreux personnages qui ont marqué sa jeunesse au cours de la Révolution tranquille. Il en va ainsi pour Nadia Comaneci, jeune gymnaste roumaine à la note parfaite et au sourire inoubliable, qui fera naître ce bijou : « Ma sœur et moi, les deux enfants condamnés à voltiger entre ces deux barres, avons offert au monde un admirable numéro de gymnastique familiale. » Parlant de famille, la dichotomie vécue chez l’un des protagonistes par son père, policier de la Sûreté du …

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Sur les traces de Calamity Jane

J’ai commencé à lire Il était une fois Calamity Jane, de Natalee Caple, suite à ma lecture de L’imparfaite amitié de Mylène Bouchard et de La femme qui fuit d’Anaïs Bardeau-Lavalette. Il existe un point commun entre ces trois romans : la relation presque qu’inexistante qu’ont les personnages principaux avec leur mère. Dans cette aventure digne d’un western, j’ai pu faire la rencontre d’une célèbre cowgirl, la légendaire Calamity Jane. J’ai pu suivre ses traces grâce à sa fille qu’elle a abandonnée parce qu’elle ne se croyait pas digne de ce rôle. Calamity a donc «donné» sa fille à un homme de Dieu, qui, au jour de sa mort, demande à sa fille adoptive de retrouver sa mère. N’étant pas capable de refuser la dernière volonté de son père, Miette part à la recherche de Calamity Jane. Elle part seule avec son cheval, ayant la même audace que sa mère. Ce voyage ne sera pas de tout repos. Elle fera la rencontre de divers personnages (et hallucinations) qui auront soit rencontré son père adoptif ou sa mère. Parmi ces rencontres, elle …

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Le ciel de Sylvie Drapeau : entre voix de mère et de fille

Je porte un grand amour aux petits livres blancs des éditions Leméac, ces plaquettes d’environ cent pages qui portent des voix fortes et singulières, mais qui demeurent, par leur format, en marge, presque timides des grandes œuvres qui s’affirment. Mais on y trouve toujours des bijoux, et leur petitesse de format vient, au contraire, renforcer le lien d’intimité que nous développons à leur égard. Le ciel, de la comédienne Sylvie Drapeau, deuxième opus d’une séquence de quatre, mais dont chacun est indépendant, est un de ces « petits » livres qui résonnent fort et en grand. Le fleuve, premier roman de l’auteure, racontait le drame familial qu’est la noyade d’un enfant au sein d’un clan tissé serré, de cette meute dont la narratrice, qui a cinq ans, fait partie. Dans Le ciel, cette jeune fille, qui a maintenant 20 ans, construit désormais tranquillement sa vie dans la grande ville, loin de sa Côte-Nord natale à laquelle elle revient pourtant souvent pour se réfugier, se retrouver. Elle se veut forte, mais elle est surtout fragile, à la recherche d’elle-même, …

Portrait d’un être fictif: Trois mamans qui m’ont marquée dans la littérature

Mai, c’est le mois des mamans. Nous les connaissons fortes, persévérantes et patientes. Contre vents et marées, elles restent debout. Elles peuvent tout faire. Un bébé dans les bras, un devoir dans l’autre et un téléphone contre la tempe, elles déplacent de l’air. Or, il n’y a pas que les mamans réelles qui nous réchauffent le coeur. Il y a également ces mères fictives que la littérature nous a permis de connaître à travers le temps. Je vous présente donc trois mamans qui m’ont marquée au fil des ans. Molly Weasley Qui n’a pas souhaité faire partie de la famille, déjà nombreuse, des Weasley? Une tonne de frères, une belle chevelure rousse, une maison accueillante et chaleureuse, un père rigolo et curieux, mais surtout le portrait idéal de la maman modèle comme génitrice, Molly Weasley. Dès le premier livre, sa générosité se manifeste alors qu’elle explique au pauvre Harry comment passer le mur qui permet d’accéder à la gare 9 3/4. Cependant, le passage qui a particulièrement fait penché mon coeur en ce qui a trait à la belle maman rouquine, …

Chroniques d’une anxieuse : t’es capable

Elle m’a tout raconté dans tous les plus beaux détails. Moi, j’men souviens pas. J’étais pas très vieille, 5 ans à peine, assise sur mon p’tit lit qui craquait tout le temps avec mes toutous pis mes murs jaunes, je regardais le sol, les yeux pleins d’eau, pleins du feeling incompréhensible du j’veux avancer, mais j’pas capable, j’suis figée dans ma chair avec une brique dans l’estomac qui m’fait sentir toute croche. Elle arrivait dans ma chambre, avec sa joie de vivre, les bras grands ouverts, du soleil dans le regard. J’aurais voulu être comme elle. À la place j’avais la mélancolie facile. À la place j’avais le cœur en miettes. Elle me demandait ce que je faisais là, à pleurer doucement, pourquoi j’avais autant mal et comment autant de peine pouvait se ramasser dans un aussi p’tit corps. Elle s’assoyait à côté de moi avec son plus magnifique sourire de t’inquiète pas j’suis avec toi, ça va ben aller. Et tout d’un coup j’me sentais un peu mieux. Un tantinet mieux. Un peu. Elle récidivait …