Littérature étrangère
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Sur les traces de Charlotte

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Les plus perspicaces d’entre vous auront remarqué que ce livre porte mon nom. C’est d’ailleurs ce qui m’a attirée à lui. Il me narguait du bas de ma (trop grosse) pile de livres à lire et a miraculeusement fini entre mes mains, vainqueur contre tous ces autres ouvrages qui attendent depuis déjà trop longtemps.

Charlotte, de David Foenkinos, est un livre simple et tragique, mais aussi un livre d’une douceur incroyable, malgré les sujets lourds dont il traite.

L’obsession d’un auteur pour une artiste

Huit ans. David Foenkinos a passé huit ans de sa vie à penser à Charlotte Salomon, l’artiste peintre qui mourut à l’âge de vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Huit ans à retracer ses moindres pas, et à essayer de comprendre une femme qui était tout sauf simple. Huit ans qui se terminent par ce livre, cadeau qu’il nous offre et qui nous permet de connaître cette femme que la vie a laissé tomber.

C’est que, dès les premières pages, Charlotte est un prénom qui est lourd de sens. Comment s’en sortir indemne lorsque notre mère nous donne le prénom de sa sœur morte, qui a quitté la vie en sautant du haut d’un pont ? Elle devra apprendre à affronter les aléas de la vie, en se remémorant sans cesse ces paroles que prononçaient sa mère, avant d’elle aussi la quitter :

« Souvent, elle raconte à Charlotte qu’au ciel tout est plus beau.

Et ajoute : quand j’y serai, je t’enverrai une lettre pour te raconter.

L’au-delà devient une obsession.

Tu ne veux pas que maman devienne un ange ?

Ça serait prodigieux, n’est-ce pas ?

Charlotte se tait. »

Un poème de deux-cent-cinquante-quatre pages

Vous l’aurez remarqué, David Foenkinos n’a pas écrit ce livre en texte suivi. Il a plutôt choisi de le séparer phrase par phrase, de sorte que le lecteur a l’impression de lire un très long poème. Il a essayé de l’écrire des dizaines de fois, sans succès, jusqu’au moment où il a décidé de l’écrire une phrase à la fois, de façon saccadée. Je ne peux que remercier toutes ces fois où il n’a pas su l’écrire, car c’est un peu grâce à elles que ce livre est ce qu’il est.

Chaque phrase devient donc lourde de sens, comme le prénom qui les a inspirées. Chacune d’elle demande un temps de réflexion, qu’on s’y attarde et qu’on l’apprécie. Aucune d’entre elles ne se perd dans une marée de mots, et chacune peut être savourée à sa juste valeur.

Et au milieu de toutes ces phrases qui nous rapprochent un peu plus de cette femme qui, comme tant d’autres, a vu sa vie chamboulée par la deuxième guerre mondiale, se trouvent des phrases qui nous rapprochent un peu plus de celui qui les a écrites. On suit non seulement le parcours de Charlotte, mais aussi celui de David, qui retrace ses moindres pas.

Ce livre, qui a remporté les prix Goncourt et Renaudot en 2014, est une perle de la littérature, un passage obligé pour quiconque aime refermer un livre avec le petit pincement au cœur de la fin d’un chef-d’œuvre qui ne pourra jamais être relu pour la première fois.

Et vous? À quel livre n’avez-vous pas pu résister, malgré tous ces autres qui vous attendaient?

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