Littérature jeunesse
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Voyage hivernal dans deux romans jeunesse

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Nous sommes ensevelis sous la neige. Je pourrais rêver de soleil et d’exotisme et pourtant j’ai envie de me faire bercer par l’hiver. Je veux me plonger dans des récits où il fait froid. Mais l’imaginaire autour de l’hiver est souvent inquiétant et engendre des personnages effrayants. Pensons à La Reine des Neiges d’Andersen. Loin de la version rose bonbon de Disney, la Reine des Neiges est un personnage terrifiant, dont le baiser glace le cœur et fait sombrer sa victime dans l’oubli. Pensons aussi au premier tome de la série des Chroniques de Narnia, Le Lion, la Sorcière Blanche et l’Armoire magique, dans lequel la méchante Sorcière Blanche inflige un hiver éternel au royaume de Narnia.

L’hiver crée une frontière plus nette entre l’intérieur – chaud, réconfortant, douillet – et l’extérieur – glacial et parfois hostile. Mais l’hiver, loin de n’être que du froid, comporte différentes facettes. Les Royaumes du Nord, premier tome de la série À la croisée des mondes de Philip Pullman, et Le chagrin du roi mort, de Jean-Claude Mourlevat, nous transportent dans des univers riches où l’hiver se déploie sous de multiples aspects.

Les Royaumes du Nord : Le Nord mystérieux

Dans un monde parallèle au nôtre, tous les humains sont liés à un « dæmon », compagnon sous forme animale qui représente une partie de l’humain en question et dont il ne peut être séparé. Avant la puberté, le dæmon se métamorphose sans cesse, mais à l’âge adulte il prend une forme permanente. Lyra, fillette de 11 ans, vit à Oxford en Angleterre, au Jordan College. Lorsque des enfants sont enlevés et que l’oncle de Lyra planifie une expédition parce qu’il s’intéresse à une mystérieuse poussière, Lyra se trouve mêlée dans une aventure qui la mènera dans le Nord. Dans le roman, le Nord représente un lieu mystérieux où on voit des villes inconnues à travers les aurores boréales et où les ours polaires en armure forment un peuple bien singulier.

– Ta place est ici, répondit finalement son oncle.

– Pourquoi? Pourquoi ma place est-elle ici? Pourquoi ne puis-je pas aller dans le Nord avec vous? Je veux voir les Lumières du Nord, les ours et les icebergs, et cette ville flottante. Est-ce un autre monde?

Au même titre que d’autres romans du genre « heroic fantasy », Les Royaumes du Nord nous transporte dans une aventure dont on veut toujours connaître la suite. Nous aussi, comme Lyra, nous voulons monter vers ce Nord mystérieux et y découvrir tous ses secrets. Cet univers est ingénieux et les thématiques du récit sont riches. La saga s’intéresse notamment à la frontière qui existe entre l’enfance et l’âge adulte.

Le chagrin du roi mort : hiver et mélancolie

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Le récit du Chagrin du roi mort se déroule dans un univers inconnu, mais où plusieurs éléments comme les noms des personnages et les récits mythologiques évoqués rappellent la Scandinavie. Au début du roman, le roi mort est exposé dans la ville afin que les habitants du royaume puissent lui faire un dernier adieu. Aleks et Brisco, deux frères inséparables, assistent à l’évènement. Mais tandis que Brisco défile comme tous les autres, Aleks reste, fasciné, devant la dépouille du roi. C’est là que le roi mort se réveille tout à coup, le confond avec son frère et, prophétique, lui dit de se méfier du feu.

Alors le roi Holund, qui était mort pourtant, venait d’ouvrir ses yeux bleus comme de la glace. Ses longs cils blancs étincelaient de givre.  Il se redressa lentement et s’assit sur le bord du lit de pierre. La neige glissa de son manteau royal et tomba en douce avalanche autour de lui.

Ce début exploite à merveille la symbolique de la mort liée à l’hiver alors que le cadavre inerte du roi gèle dans le froid.

Les flocons de neige qui voletaient tout autour donnaient un peu le vertige et faisaient croire à un rêve, et pourtant c’était vrai : le roi était mort, et son corps reposait là, dans le froid, au milieu de la Grand-Place.

Suite à cet avertissement, un terrible drame bouleverse la famille d’Aleks et Brisco. Ce livre est magnifique. Il échappe à l’habituel clivage entre le bien et le mal – qu’on retrouve si souvent en littérature jeunesse – pour nous donner un portrait nuancé et poétique des émotions des personnages. Le chagrin du roi mort ne préserve pas le lecteur, ne lui donne pas ce qu’il attend, mais le surprend et le convainc.

Deux romans à lire emmitouflé dans une doudou. Et vous, quels récits hivernaux avez-vous aimés ou comptez-vous lire quand tout est figé par le froid?

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