Littérature québécoise
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Vieillir donne le vertige

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Les regrets. Plus on vieillit, plus on se demande si on a fait les bons choix. On regarde comment on a agi dans les dernières années. On scrute les diverses avenues qu’on aurait pu prendre. On juge le chemin qu’on a fini par emprunter.

Il est toujours facile de se laisser emporter par les regrets et de se lamenter sans cesse en soupirant après le passé.

Quand j’ai atteint la trentaine, il y a deux ans, je me suis posé beaucoup de questions. J’ai regretté certains choix. J’ai essayé en vain de m’imaginer une autre vie. Que se serait-il passé si j’avais continué ma maîtrise en littérature pour devenir prof? Et si je m’étais accrochée à mon premier petit copain et travaillé pour faire durer notre relation? Et si après mes études en communication, j’avais persévéré et décroché un job en événementiel mal payé au lieu de prendre un job de bureau plus routinier?

Est-ce que je serais plus heureuse?

Après des mois à me poser ces questions, je me suis enfoncée dans la tristesse et la peur de l’échec : je n’avançais plus.

J’ai fini par sortir de ce gouffre de regrets et j’ai recommencé à faire ce que j’avais toujours fait de mieux : foncer.

Parce que finalement, c’est impossible de prédire l’avenir et chaque fois qu’on prend une décision, il faut bien essayer de croire qu’elle sera la bonne.

Le premier roman d’Étienne Cardin-Trudeau : le vertige d’exister

Je me suis replongée dans toutes ces réflexions pendant le temps de fêtes en découvrant Le vertige, le premier livre d’Étienne Cardin-Trudeau. J’avais été attirée par le titre. J’ai toujours trouvé la vie vertigineuse. Et puis, le roman commence par une citation de Milan Kundera. C’est toujours facile de me séduire en citant un extrait de l’Insoutenable légèreté de l’être.

« Le vertige, c’est autre chose que la peur de tomber. C’est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi. »

Je n’ai pas été déçue.

On y suit Éthan, un professeur de français dans une école secondaire en région. Il y vit une petite existence de banlieue : maisons presque toutes identiques, pelouses bien propres, la bière du dimanche, les voisins envahissants, le quotidien bien réglé. Mais Éthan n’avait pas rêvé de ce décor. Il voulait écrire, faire la fête et vivre d’excès.

Et puis, il est tombé fou amoureux d’une fille, Amélie, qui recherchait la tranquillité et la paix pour calmer ses angoisses et pour elle, il a accepté d’emprunter une voie plus paisible.

Plusieurs années plus tard, il trouve que la monotonie de la vie de région lui rappelle trop sa mort et il s’assombrit dans la nostalgie de sa folle jeunesse.

Le roman nous fait voyager entre les histoires du passé; les études en littérature, les partys, la drogue, l’insouciance, et celles du présent; l’enseignement à des étudiants blasés et peu intéressés par la lecture, les amis qui vieillissent, la peur de devenir père, les BBQ du dimanche.

Et puis, il y a cette fille : Eugénie, une amie d’enfance, blonde, intense, douée et déséquilibrée, avec qui il connaitra une histoire passionnelle, se promettant mutuellement de tromper la mort et de devenir de grands écrivains névrosés et dissipés.

Éthan échouera le pacte et se réfugiera dans les bras apaisants d’Amélie. L’amour est-il plus fort que le désir de grandiose?

L’emploi du « Tu » dans un roman

Le vertige, c’est finalement un livre qui fait réfléchir et qui donne envie de prendre en main sa destinée pour ne pas sombrer dans les regrets…

Par contre, j’ai une petite critique à faire. Le livre est écrit au « tu », ce qui est assez déroutant. En même temps, c’est innovant et cela pousse d’autant plus le lecteur à la réflexion. Peut-être est-ce vraiment ta vie que l’auteur est en train de décrire : une vie de regrets, une vie d’échecs? Cependant, je pense que cela rend la lecture un peu plus ardue.

Et vous, avez-vous lu dernièrement un roman qui vous a fait réfléchir sur votre passé et les choix que vous avez faits?

 

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