Auteur : Alexandra Truchot

Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Les suicidés d'Eau-Claire, Éric Mathieu

Un retour au bercail qui vire au cauchemar

Les suicidés d’Eau-Claire n’est pas un roman pour la plage. En tout cas, pas si on se fie à l’image traditionnelle d’un roman de plage : léger, rapide à lire et joyeux. Le roman n’est rien de tout ça. Il faut dire qu’il commence par un suicide. Puis, il vous entraîne dans un univers de désespoir pour vous expliquer comment une jeune famille a pu finir par décider de s’enlever la vie tous ensemble, quelques jours avant Noël. Pourtant, même si ce premier livre de l’écrivain Éric Mathieu n’est pas gai, je l’ai bien dévoré sur la plage de Gloucester, dans le Massachusetts. Ses 500 pages sont particulièrement empoignantes. Une fois commencé, je n’avais qu’une envie, avancer de chapitre en chapitre et me plonger de plus en plus dans la noirceur de la vie de ces personnages alors que devant moi s’étendait un des plus beaux paysages de la côte est des États-Unis. Comme quoi, parfois, on lit et on aime des livres qui ne correspondent vraiment pas au contexte qui nous entoure! Les suicidés d’Eau-Claire, …

Les gens fidèles ne font pas les nouvelles Nadine Bismuth Titre de transport Alice Michaud-Lapointe Nu Stéphane Dompierre Ce que les hommes ne savent pas Le sexe vu par les femmes Lucia Etxebarria Le fil rouge le fil rouge lit bibliothérapie littérature lecture livres les livres qui font du bien

4 recueils de nouvelles à lire cet été

Pendant longtemps, je n’ai pas aimé lire des nouvelles. Je trouvais cela frustrant. Cela finissait toujours trop vite. Depuis, j’ai appris à les apprécier. C’est agréable de pouvoir lire une histoire jusqu’au bout pendant le peu de temps que j’ai chaque jour pour lire. Une petite nouvelle pendant mon trajet de métro. Une autre petite nouvelle avant de me coucher. Avec un roman, on a souvent envie de commencer le prochain chapitre tout de suite, mais je ne peux plus me permettre de dévorer un gros bouquin en une journée! Et puis, c’est un genre parfait pour l’été qui commence. Voici donc 4 recueils qui m’ont marquée dans la dernière année! Les gens fidèles ne font pas les nouvelles de Nadine Bismuth Je déambulais dans Hochelaga lorsque je suis tombée sur une petite librairie de livres usagés en désordre total, coincée entre une boulangerie et un vieux dépanneur. Je suis ressortie avec ce merveilleux recueil de Nadine Bismuth : des petits aperçus de la vraie vie de gens banals. On a l’impression d’être dans leur cuisine, …

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3 livres qui m’ont marquée lors de mon passage de l’adolescence à l’âge adulte

Devenir une adulte n’a rien de facile. Se préparer à sortir du cocon de l’enfance, là où on est protégé par nos parents et l’école, n’est pas inné. Je me souviens de la dernière année de mon CÉGEP comme une période d’éternel questionnement, de recherche de qui je suis et surtout, de malaise et d’impression de ne jamais être à la bonne place. Plus tard, à l’université, cela ne s’est pas forcément amélioré tout de suite. Ça prend des années encore pour devenir adulte, même si on effectue toutes les tâches associées : habiter en appartement, payer ses factures, payer ses impôts, ne plus pouvoir compter sur sa maman lorsqu’on tombe malade ou encore, vivre sa première peine d’amour mature. Cependant, j’ai eu de la chance par rapport à d’autres. J’ai été accompagnée par mon amie, la littérature. Les livres m’ont aidée à me sentir moins seule, et à comprendre que d’autres personnes vivaient la même situation que la mienne. Ou au contraire, une qui était complètement différente.  Ils m’ont poussée à relativiser. Dans cette période, …

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La Bande dessinée et tous mes amis d’enfance

Alors que j’en lis pratiquement plus, la bande dessinée a eu une place si importante dans mon enfance. Quand j’étais petite, j’allais à la bibliothèque toutes les semaines et dans ma pile de livres, je prenais toujours au moins 2 à 3 bandes dessinées. Arrivée à la maison, il m’en restait en général juste une à lire pour la semaine, car je les lisais toujours en marchant sur le chemin du retour. Mes souvenirs de BD sont également étroitement liés au Salon du Livre de Montréal. Mon père était éditeur et on allait donc chaque année passer la fin de semaine entière au Salon du Livre. J’adorais flâner dans les kiosques à ma guise, mais surtout, j’aimais plus que tout celui de Dupuis. Je m’écrasais par terre et je lisais BD après BD gratuitement. J’avais l’impression de me retrouver dans une véritable caverne d’Ali Baba de livres. Évidemment, je n’avais jamais assez de temps pour en lire alors j’en notais des dizaines pour ma prochaine liste de Noël. Quand je les recevais sous le sapin, …

Le fil rouge le fil rouge lit bibliothérapie littérature lecture livres les livres qui font du bien Jean-Simon DesRochers Les inquiétudes L'année noire

Une année noire dans l’est de Montréal

La lecture est au cœur de ma vie depuis toujours. J’ai parfois l’impression que je lisais avant de savoir lire. Lire m’apporte beaucoup de choses intangibles que je peux difficilement décrire. Cela me permet entre autres de passer à travers les différentes épreuves de la vie un peu plus facilement. Mais la lecture peut aussi me faire mal. Surtout lorsque j’arrive à la fin d’un livre qui m’a habitée pendant plusieurs jours. J’arrive même à regretter d’avoir commencé à lire ce bouquin tellement je ressens un vide soudain. Un peu comme si on me forçait à sortir dehors, dans le vent glacial, en plein party, et qu’on me fermait la porte au nez violemment alors que tous mes amis continuaient à s’amuser à l’intérieur. Je voudrais n’être jamais venue. Alors que je me suis attachée à tous ces personnages, que j’ai appris à les connaître, à croire que toutes ces péripéties leur arrivaient, à m’imaginer leur univers aussi clairement que si j’y vivais, ils partent tous d’un coup et me laissent dans ma froide solitude. …

Hochelaga, street art, 375è de Montréal

Hochelaga et son joyeux désordre poétique

Hochelaga pour moi, c’est comme une chanson de Bernard Adamus : puissant, poétique, beau et laid en même temps, mais surtout, profondément réaliste. J’ai découvert Hochelaga sur le tard. J’ai grandi à Outremont, et l’est de Montréal m’apparaissait comme une contrée lointaine pendant bien longtemps. Il y a un an, j’ai atterri sur l’avenue Bourbonnière à deux pas de la promenade Ontario et très rapidement, Hochelaga a pris sa juste place dans mon cœur. Les gens qui ne connaissent pas bien ce quartier s’imaginent beaucoup de choses; il inspire beaucoup de clichés. On dit que le quartier n’est composé que de miséreux et qu’il vaut mieux ne pas trop s’attarder à se promener le soir, à la sortie des bars. On dit aussi que les « bobos » l’ont envahi et font monter le prix des loyers. Même si de nombreux stéréotypes puisent leur fond d’une vérité, c’est restreindre énormément la richesse de ce quartier que de croire qu’il ne se résume qu’à ça. L’univers dépeint par les chansons de Bernard Adamus est sale, mais imprégné d’amour et de …

Poèmes, illustrations et sensibilités féminines

ÉES, c’est une auteure et douze illustratrices, qui ont mis en commun leur travail.  Les créatrices ont été invitées à illustrer de courts textes poétiques rédigés par une auteure, Garance Philippe, afin de produire un écho de mots en images. Je suis tombée sur ces quelques lignes sur Facebook, à la mi-janvier. Il ne m’en fallait pas plus pour me convaincre d’aller faire un tour au vernissage de l’exposition mettant en avant le projet, en ce premier jeudi du mois de février. Une soirée un peu frisquette mais rien pour décourager d’aller s’imprégner de poésie et belles illustrations. J’adore quand on mélange les arts. J’ai du mal à concevoir la création comme un silo fermé. Je me rappelle qu’à l’université j’adorais les cours de littérature comparée. Je trouvais que cela était plus complet. Par exemple, on pouvait y étudier comment la littérature et le cinéma avaient une influence l’un sur l’autre. On sortait du livre en lui-même. Je vois l’art comme un tout. J’adore lire et je serai toujours sensible à de beaux mots, mais …

Raconter le Vietnam

Dans l’univers des mots, rien n’est plus difficile que de raconter un voyage. Essayer de faire comprendre aux autres ce que nous avons vécu à plusieurs milliers de kilomètres de là, dans des situations qui dépassent parfois l’imagination, semble être un combat perdu d’avance. Lorsque je suis revenue du Vietnam, je suis restée coïte les premières fois qu’on m’a demandé « Alors, c’était comment ton voyage? Raconte! » Transcrire autant d’émotions en quelques secondes parait si vain et inutile, que je ne pouvais que répondre un simple et vide « C’était super! », accompagné d’un sourire de malaise. Quand on revient d’un voyage aussi enrichissant, on a l’impression d’avoir fait un gigantesque bond dans l’évolution; on a tant appris, tant découvert; forcément, le temps a dû avancer vite pour tout le monde! C’est vite décevant de voir que ceux qui sont restés au Québec ont continué la même petite routine et on se sent vite gêné d’avoir tant à raconter. Il y a tant à dire sur le Vietnam et même si ça fait maintenant presque 4 ans …

Une chanson douce en cadeau

Quel plaisir de trouver un livre en cadeau dans sa boite aux lettres ! Il y a quelques semaines, je broyais du noir, en revenant chez moi par un temps froid et morose de fin novembre, épuisée par une journée de travail infructueuse. Le sourire m’est vite revenu lorsque j’ai découvert dans ma boite aux lettres un présent que mon père, qui habite en France, m’envoyait pour mon anniversaire, avec quelques jours de retard : Chanson douce de Leïla Slimani. Je ne m’attendais pas à grand-chose de ce livre, tout simplement car je ne connaissais rien ni de lui ni de son auteure, mis à part le fait que c’était le dernier roman ayant remporté le prix Goncourt. J’ai été agréablement surprise et dévoré ce thriller en quelques jours. J’ai détesté arriver au mot FIN, j’en voulais plus de cet univers inédit et noir. Pourtant, remporter le prix Goncourt n’est pas forcément gage de qualité. D’ailleurs, les résultats de ce prix ont souvent été teintés de controverse. On dit parfois qu’il est uniquement un gros combat entre …

Charles Bukowski : âmes sensibles s’abstenir

Depuis cet été, je n’habite plus à quelques rues de la magnifique Librairie de Verdun. J’ai déménagé complètement à l’opposé, dans l’est. Au début, j’ai un peu paniqué car je ne savais plus où aller acheter mes livres. J’ai erré, l’âme en peine, pendant quelques jours. Et puis finalement, m’est apparue sur Ontario, une petite librairie de livres usagés qui venait d’ouvrir et n’avait pas encore son enseigne d’installée. Quelques semaines plus tard, j’en ai découvert une autre, un peu plus à l’est. Et tout d’un coup, j’étais réconciliée avec Hochelaga. Clara a écrit il y a quelques temps un merveilleux texte sur le plaisir des librairies usagées et j’adhère tellement à ce qu’elle en dit. Quel plaisir de tomber sur une librairie pleine de vieux trésors, quand on voyage. Mais à Montréal,  j’apprécie tout autant m’y rendre car on a d’abord toujours un service hors pair; les employés semblent toujours si passionnés. On peut aussi y faire des trouvailles étonnantes. Des livres qui n’auraient jamais été mis de l’avant dans une librairie de livres …