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Club de lecture : Moi, Tituba, sorcière…

Dimanche le 21 janvier, café Zoha. 

Le café Zoha est un petit café bien chaleureux situé dans Centre-Sud, sur Ontario. Si vous voulez aller au Sfouf mais que vous vous butez à un café plein, dirigez-vous vers le Zoha, à deux pas de là. Nous avions le café à nous pour une bonne partie de la séance, nous en avons donc profité pour prendre place sur le bord de la fenêtre, sur les banquettes, question d’être bien installées pour discuter du magnifique livre qu’est Moi, Tituba, sorcière… de Maryse Condé.

Alors, qu’en avez-vous pensé?

À l’évidence, toutes les participantes ont apprécié leur lecture de Moi, Tituba, sorcière… Ce fut un bon moment de lecture, une histoire intéressante, intrigante qui nous porta à avoir une multitude de discussions sur le rôle des femmes, la liberté, le racisme, etc.

L’une des participantes a d’abord mentionné comment elle avait eu l’impression de se faire raconter une histoire, quelque chose de presque chanté, de mélodieux. Par contre, malgré le talent d’écriture de Maryse Condé, malgré l’aspect musical, rythmé et doux de son écriture, nous n’avons pu passer outre la dureté qui nous a toutes un peu happées en début de texte; c’est un commencement un peu choc qui nous a toute ébranlées. Aurions-nous affaire à une sordide histoire, de A à Z?

Oui et non…

Moi, Tituba, sorcière… est un récit dur qui met de l’avant les systèmes de castes de l’époque, qui parle de racisme, de sexisme et de la main mise qu’avait la religion sur tout. Tituba choisit en quelque sorte de devenir esclave pour être avec l’homme qu’elle aime et qui finira par la trahir : John Indien.

Dès le début, elle se questionne à savoir « Pourquoi les femmes ne peuvent pas se passer des hommes? » et, tout au long du récit, on sent que cette question prédomine dans les choix, la colère et la compassion de Tituba. En même temps, elle reste une femme indépendante, forte et humaine, souvent prise entre son désir d’être aimée par un homme et ses valeurs.

Pour toutes, le roman de Condé est féministe. Ne serait-ce que dans les questionnements du personnage principal, dans la réappropriation de l’histoire d’une femme de couleur à une époque ou le racisme bat son plein, dans la question du désir, de la sexualité, de l’enfantement. Moi, Tituba, sorcière… est aussi féministe dans ce rôle de guérisseuse et de transmission qui suit le personnage de Tituba tout au long de sa vie, jusqu’à la mort.

Spiritualité, au-delà et sorcellerie

Toutes les participantes ont aimé le côté spirituel qui se dégage du récit. C’est un clash entre les pratiques et croyances de Tituba et le catholicisme puritain de l’époque qui fait fureur à Salem. Elle se fait traiter de sorcière – terme extrêmement péjoratif –, elle serait en contact direct avec le Malin (le diable) et tous les maux lui retombent dessus, même lorsqu’elle est celle qui les guérit.

Tout au long du récit, Tituba est suivie, conseillée et guidée par deux esprits : sa mère et la femme qui lui a transmis ses connaissances, deux forces protectrices et sages. Cet aspect peu commun et bien intéressant est même allé jusqu’à donner à certaines participantes une sorte de réassurance face à la mort.

On retrouve aussi, à travers l’aspect plus spirituel, un grand respect pour la nature, les plantes et le monde qui nous entoure.

La transmission au cœur de tout 

Finalement, nous avons aussi discuté du fort esprit de transmission qui se trouve au cœur du roman. Non seulement la transmission de l’histoire de Tituba, très peu répertoriée, à laquelle Maryse Condé a redonné vie avec la fiction, mais aussi la transmission des valeurs, des traditions et des histoires  qui parcourent le roman.

Alors que Tituba retrouve des alliées spirituelles dans les deux femmes qui la guident, nous pouvons nous entendre pour dire que nous retrouvons aussi de ces alliées spirituelles à travers les récits de femmes qui nous inspirent et qui osent, comme Tituba, vivre, envers et contre tous ainsi qu’à travers toutes les femmes qui écrivent, ont écrit et écriront leur vécu ou celui d’autres femmes.

C’est donc sur cette note d’espoir et cette belle image, qu’il y a de ces femmes qui ont marqué nos parcours de lectrices et qui nous suivent, comme des alliées spirituelles, à travers nos propres vies. Moi, Tituba, sorcière… sera certainement l’une de celles-là pour plusieurs d’entre nous.

Le mois prochain, nous lirons Le monde est à toi de Martine Delvaux. Une lecture qui, on le sent déjà, entraînera de belles discussions.

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Le fil rouge est un blogue littéraire créé par deux amies, Marjorie et Martine, toutes deux passionnées par la littérature et par les vertus thérapeutiques de celle-ci. Notre approche face aux bouquins est liée à la bibliothérapie, car nous pensons sincèrement que la lecture procure un bien-être et que les oeuvres littéraires peuvent nous aider à cheminer personnellement. Nous tenons aussi à partager notre amour pour les bouquins, l’écriture, la création et sur les impacts positifs de ceux-ci sur notre vie et notre bien-être. Notre mission première est de favoriser la découverte de livres et de partager l’amour de la lecture, car ceux-ci peuvent avoir des impacts sur nos vies et sur notre évolution personnelle. Que ce soit le dernier roman québécois qui fait parler de lui, le vieux classique, le livre de cuisine ou bien même le livre à saveur plus psycho-pop, chez Le fil rouge, on croit fermement aux effets thérapeutiques que peuvent apporter la lecture et la littérature. Voilà pourquoi les collaboratrices et les cofondatrices se feront un plaisir de vous faire découvrir des bouquins qui leur ont fait du bien, tout simplement.

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