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Apologie de la nature et de l’anticonformisme : Walden ou la vie dans les bois

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Le minimaliste est assez tendance par les temps qui courent. Les ouvrages et les blogues sur le sujet pullulent et nous donnent tous les trucs indispensables pour faire le tri de nos possessions et désencombrer le fouillis qui règne dans nos espaces de vie. Pourtant, bien que j’aie moi-même usé de certains de ces trucs, ces lectures me laissent souvent sur ma faim. J’avais envie d’une lecture davantage réflexive, moins axée sur les étapes à suivre pour devenir le parfait minimaliste, mais plutôt sur la philosophie de vie dont découlent la simplicité et le minimalisme. Je me suis donc tournée vers Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau, une œuvre phare ayant nourri, entre autres, la pensée écologiste moderne, les mouvements de retour à la terre et de simplicité volontaire.

Prémices de l’oeuvre

Le récit, mêlant autobiographie, observations, philosophie, spiritualité, poésie et critique sociale, relate l’ambitieuse expérience de Thoreau qui décida, au printemps 1845, de s’exiler dans les bois près de l’étang de Walden pour vivre un quotidien guidé par les différents cycles de la nature. De ses mains, il se bâtit une petite maison et un foyer, et il cultiva la terre pour se nourrir et subvenir à ses besoins, d’une simplicité presque exemplaire. Son séjour près de cet étang qui revêt une aura quasi mystique dura deux ans, deux mois et deux jours et c’est grâce au journal tenu durant ce temps que Walden ou la vie dans les bois fût publié pour la première fois en 1854. Il s’agit d’une œuvre complexe, tant par sa forme que son propos, et peut être analysée sous de nombreux angles, et loin de moi l’idée d’en faire une analyse exhaustive. J’ai plutôt envie de vous partager ce qui m’a touchée dans cette œuvre et ce dans quoi je me suis le plus reconnue.

Le premier constat qui me frappe au cours de ma lecture est le caractère actuel des propos de Thoreau, de sa critique du capitalisme, de la surconsommation, de l’endettement, et de l’importance néfaste des médias. Difficile à croire que le livre a été écrit il y a plus de 150 ans! Ce qui me touche ensuite c’est la beauté du texte, de la poésie de Thoreau. Walden ou la vie dans les bois est une véritable ode à la nature, une apologie du cycle des saisons. Thoreau croit profondément que l’homme devrait se reconnecter à la nature, s’y baigner quotidiennement et vivre en harmonie selon son rythme. 

Bienfaits de la solitude et du travail de la terre

Sans vivre comme un ermite, Thoreau mène une existence frugale empreinte de solitude et de contemplation. Le court chapitre justement appelé Solitude m’a réellement émue. C’est comme si l’auteur avait su mettre les mots exacts sur mon besoin de solitude et les bienfaits qu’elle m’apporte.

« J’aime à être seul. Je n’ai jamais trouvé de compagnon aussi compagnon que la solitude. Nous sommes en général plus isolés lorsque nous sortons pour nous mêler aux hommes que lorsque nous restons au fond de nos appartements. »

Je me suis aussi beaucoup reconnue dans son amour pour les haricots qu’il cultive. Oui, vous avez bien lu! Tout un chapitre porte sur eux, sur les soins qu’il leur prodigue, sur la relation qu’il développe avec eux, sur son rapport à la terre et les fruits qu’elle porte pour nous nourrir. J’habite un centre-ville typique où les espaces verts sont trop peu nombreux et cette année, mon copain m’a convaincue de faire un jardin de façade. Nous avons donc troqué notre petit bout de pelouse pour des légumes, et je dois dire que l’expérience est plus que positive! Je n’ai jamais passé autant de temps dehors, sur mon terrain, que depuis que nous avons ce jardin. Il occupe positivement mon temps et me procure une joie candide! Walden tout entier encourage à entrer en relation avec la nature qui nous entoure, à lui accorder de l’importance et du respect. À être plus contemplatif et à l’écoute de ce qui nous entoure et de nous-mêmes.

La lecture du livre devrait elle-même être contemplative; il gagne à être lu lentement. J’y ai trouvé écho à plusieurs de mes réflexions ainsi qu’un appui important dans les changements que je souhaite apporter à mon quotidien. L’un des messages forts que j’en retiens est de ne pas se conformer aveuglément et d’oser suivre son propre chemin :

« Grâce à mon expérience, j’appris au moins que si l’on avance hardiment dans la direction de ses rêves, et s’efforce de vivre la vie qu’on s’est imaginée, on sera payé de succès inattendu en temps ordinaire. On laissera certaines choses en arrière, franchira une borne invisible; des lois nouvelles, universelles, plus libérales commenceront à s’établir autour et au-dedans de nous; ou les lois anciennes à s’élargir et s’interpréter en notre faveur dans un sens plus libéral, et on vivra en la licence d’un ordre d’être plus élevé. »

Et vous, quel est le thème qui vous attire le plus, la critique sociale de la surconsommation ou la reconnexion essentielle avec la nature?

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2 Comments

  1. Ping : Apologie de la nature et de l’anticonformisme : Walden ou la vie dans les bois | Le Bien-Etre au bout des Doigts

  2. Je suis touchée, par la proposition du livre mais aussi par votre approche à la lecture. Je prends note et ne manquerai pas de le lire. Et pour répondre à votre question, ce qui m’attire le plus est la reconnexion à la nature. Et par écho, à sa propre nature. Merci pour ce partage

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