Littérature étrangère
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La Vagabonde: un récit sur l’appel de la liberté

Colette, La Vagabonde, Albin Michel, Liberté, fémnisme, spectacle, théâtre, introspection, Le fil rouge, Le fil rouge lit, Bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, littérature française, Kim Renaud-Venne

Lorsque je me suis mise à fouiner dans mes multiples bibliothèques à la recherche de ces fameux livres-achetés-mais-pas-encore-lus, je suis tombée sur La Vagabonde, une œuvre que j’avais appréciée il y a quelques années (le mot est beaucoup trop faible comparativement à l’impression qu’elle m’a laissée la première fois que j’en ai fait la lecture lors de mes études en littérature). Dans un cours qui portait essentiellement sur Colette, écrivaine que je ne connaissais pas à ce moment-là, je suis littéralement tombée en amour avec ses écrits. En plus de la qualité indéniable de sa plume, cette autrice, qui est devenue la première femme à présider l’Académie Goncourt, a su mettre sur papier, pour notre plus grand plaisir, sa vie à la fois mouvementée et inspirante. Cette femme qui refusait de suivre les conventions – et qui en choquait plus d’un ! – dégageait un besoin urgent de liberté. Je n’ai pu m’empêcher de relire ce court roman qui remonte à une autre époque et qui est pourtant si d’actualité. Replonger dans cette œuvre a été pour moi un pur bonheur!

Quand l’échec enlève tous repères

Depuis qu’elle est séparée de l’homme qui l’a trompée et humiliée pendant de nombreuses années, Renée Néré occupe un travail, celui de danseuse, mime et comédienne, pour survivre. Cette dernière nous fait ainsi entrer dans les coulisses du spectacle, un univers à la fois électrisant, puisqu’elle parvient non seulement à performer, mais aussi à séduire le public, et exigeant, voire exténuant ainsi que terriblement solitaire. Même si elle est libérée de cette union matrimoniale étouffante et qu’elle éprouve tout de même bien du plaisir à l’art de la scène, Renée nous apparait détruite et en crise d’identité :

« Ce qui reste de ma vie fait songer à un de ces puzzles en deux cent cinquante morceaux de bois biscornus et multicolores. » (p. 77)

Dans ce roman sur la quête de soi, nous suivons le parcours d’une femme qui cherche à définir ses désirs dans un monde patriarcal. Troublée par l’amour que lui porte Max, un spectateur, elle craint de se laisser aller, de revivre les mêmes souffrances, le piège de l’accaparement. Elle tergiverse alors entre renouer avec l’amour, mettant inévitablement son cœur à risque, et vivre de ses passions, suivant un mode de vie plus libertin en sachant qu’il s’accompagne de temps à autre d’un sentiment de solitude.

Pendant sa tournée, elle réfléchit à son avenir, désirant à tout prix renaître et se reconstruire, peut-être auprès de Max à son retour. Pendant ce temps, éloignés l’un de l’autre, Renée et Max correspondent. En renouvelant avec l’écrit, un geste perdu depuis son divorce, Renée s’évalue, se questionne et tente enfin de se retrouver.

De la nécessité de l’introspection

Le parcours de Renée sera initiatique puisqu’à la fin elle prendra une grande décision. Sa carrière artistique, ses réflexions sur son passé conjugal, son émerveillement devant de nouveaux paysages et ceux qui lui sont familiers et, finalement, son retour à l’écriture lui permettront de reprendre contact avec elle-même et d’orienter son choix.

Ce roman, une œuvre quasi biographique, nous laisse avec une douce envie d’émancipation et d’où nous ressortons avec une évidente solidarité envers le personnage de Renée. Ses réflexions ne sont guère désuètes et n’ont rien de surprenantes, tant elles sont bien réelles et si pertinentes aujourd’hui. Bien se connaître n’est pas une mince affaire! L’autrice a su rendre justice à ces pensées qui sont parfois hésitantes, incertaines, et qui, si nous leur portons enfin attention, peuvent nous en apprendre sur nous-mêmes. Je me suis reconnue sans grande difficulté dans cette volonté de trouver un équilibre de vie, de déterminer ce qui est désiré et ce qui est maintenant inacceptable pour soi. Pour elle, il semble primordial de s’écouter plutôt que d’avancer les yeux bandés, de faire ce qui est normalement demandé de nous. Colette est profondément féministe!

Les dessous du théâtre trouvent une place de choix dans ce roman et nous sont dépeints dans ce qu’il y a de bon et de mauvais. Connaissez-vous d’autres œuvres littéraires qui offrent un point de vue intéressant sur le milieu artistique?

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