Littérature étrangère
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Dix jours avant le Jour J

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Ken Follett est un auteur que j’ai découvert durant la dernière année, avec beaucoup de plaisir. Auteur très prolifique, il se spécialise surtout dans les romans historiques et ceux d’espionnage. Je me suis plongée dans sa série du Siècle cet été, puis j’ai eu envie d’essayer un roman d’espionnage, un genre que je n’avais jamais vraiment expérimenté auparavant. Je me suis donc tournée vers Le Réseau Corneille. 

Femme de tête

L’histoire prend place dans la France occupée de 1944, à quelques jours du grand débarquement, qui se prépare. Ce roman de près de 500 pages raconte des événements se déroulant sur une période de dix jours. Le rythme est très soutenu, les actions s’enchaînent et on s’essouffle pour les personnages, qui n’ont que peu ou pas de répit. Ces personnages, pas si nombreux, sont séparés en deux groupes très distincts que tout sépare, sauf la préparation au débarquement. D’un côté, le groupe de Résistants britanniques et français; de l’autre, des hauts gradés allemands en poste en France. Le premier groupe a Betty Clairet à sa tête, major de l’armée britannique, 29 ans, intrépide et experte en sabotage.

« C’était un travail dangereux. Sur les six hommes et les trois femmes avec lesquels Betty avait suivi l’entraînement, elle était, deux ans plus tard, la seule encore en opération. […] Betty avait survécu parce qu’elle ne faisait pas de sentiment, qu’elle réagissait rapidement et qu’elle poussait le sens de la sécurité jusqu’à la paranoïa. »

Le groupe allemand est surtout représenté par Dieter Franck, major dans l’armée, affecté au service de renseignements, spécialiste des interrogations, qui adore soutirer des informations aux prisonniers et qui n’hésite pas à utiliser la torture pour parvenir à ses fins.

Femmes au cœur de l’action

Le groupe de résistants duquel Betty fait partie a pour objectif de faire exploser un centre de liaisons téléphoniques très important pour les Allemands, situé dans un château à Sainte-Cécile. Dieter doit, pour sa part, tenter de trouver des résistants et contrecarrer leurs plans. Après deux bombardements qui se sont soldés par deux échecs successifs, Betty met sur pied un nouveau plan : constituer une équipe qui infiltrera directement le château en se faisant passer pour les femmes de ménage françaises travaillant quotidiennement parmi les soldats. Ce plan est difficile à faire accepter aux dirigeants du Special Operation Executive, l’organisation secrète chargée des missions de sabotage derrière les lignes ennemies.

Une fois accepté, le plan demeure difficile à exécuter. Betty et Paul, celui qui sera son acolyte dans l’organisation de cette opération, n’ont que sept jours pour le réaliser, étant donné que la centrale doit être sabotée avant le débarquement qui approche à grands pas. Les deux espions n’ont donc qu’une journée pour trouver et convaincre cinq femmes répondant à des critères bien précis, deux jours pour les entraîner à la hâte, puis trois jours pour se rendre en France et mettre en branle le plan susceptible de favoriser une victoire des Alliés. Malgré des délais plus que serrés, ils réussissent néanmoins à former le Réseau Corneille.

Duel de 500 pages

Tout au long du roman, on suit Betty et Dieter qui essaient tous deux de faire fonctionner leur plan respectif, d’atteindre leur objectif en usant de tous les moyens possibles et impossibles. Mine de rien, on en vient à suivre avec avidité les développements des deux côtés. Les chapitres passent, on saute d’un héros à l’autre; ils semblent se renvoyer la balle, une astuce bien pensée après l’autre. Même si, au final, on espère que Betty parviendra à ses fins tout en restant vivante, on ne peut nier l’intelligence dont fait également preuve Dieter Franck.

Ce roman met réellement de l’avant la place qu’ont pu occuper les femmes au sein des groupes de résistance durant la Deuxième Guerre mondiale. Elles étaient sous-estimées, considérées comme inoffensives. Ce fait jouait incontestablement en leur faveur, et certaines en ont bien pris avantage. Il est donc réellement intéressant de voir un groupe de femmes penser et exécuter un plan aussi important. Il y a cependant un bémol. Il y a plusieurs personnages masculins importants, et rares sont ceux qui ne mentionnent pas la beauté de Betty avant son intelligence, sa détermination ou son courage exceptionnels. J’ai été un peu triste de constater que son apparence physique était bien souvent remarquée en premier.

L’histoire des Corneilles est fictive. Par contre, l’auteur précise à la fin que le personnage de Betty Clairet est inspiré d’une femme ayant bel et bien existé, du nom de Pearl Witherington. Bien que sa mission ait été bien différente de celle de l’héroïne du roman, leurs parcours durant la guerre s’est terminé de façon très similaire. La lecture de ce roman m’a donné envie d’en apprendre plus sur la résistance qui s’est organisée, notamment en France, et qui a joué un rôle non négligeable dans la libération du pays.

Sur quels héros de guerre ayant travaillé dans l’ombre devrais-je lire?

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