Poésie et théâtre
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Chauffer le dehors: La réponse au dedans

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« […] Le dehors est la seule réponse que j’ai trouvé au dedans. »

Dire autrement les ruptures amoureuses. Voici le défi qu’a relevé Marie-Andrée Gill, autrice qui m’était inconnue jusqu’à présent. Icône de la poésie autochtone québécoise, elle a publié deux ouvrages avant de pondre celui-ci, sur l’impossibilité de l’amour.

J’avais seulement entendu parler de Chauffer le dehors par le biais du Fil rouge, et le titre m’a tout de suite interpellée. Je me demandais bien ce que l’autrice voulait dire par « chauffer l’extérieur », parce qu’il n’y a rien de plus absurde que ça. Je voyais juste l’image de ma mère pensant à sa facture d’Hydro, qui me surprenait à ouvrir grand les fenêtres en plein mois de février pour « aérer un peu l’air » du salon qui sentait le calorifère.

J’ai dévoré ce recueil en deux secondes, assise sur mon balcon, pendant que le soleil s’écrasait sur mes jeans noirs. Marie-Andrée Gill a fait resurgir des peines que je ne pensais plus voir. À chaque texte, je m’arrêtais pour laisser passer dans ma tête le film de mes anciennes relations. Ce fut comme une méditation: une pensée arrive, on la laisse passer. Et on passe à la prochaine.

Ça parle des tounes de Céline, de froid, d’histoires de pêche, de chauffer le dehors pour éviter la surchauffe du dedans. D’ouvrir les fenêtres, tasser les rideaux, de mettre ses émotions sur papier pour mieux les vivre. On sent bien que c’est l’échappatoire que l’autrice a choisie, pour éviter d’être en colère contre l’amour toute la vie.

« L’amour c’est une forêt vierge

pis une coupe à blanc

dans la même phrase »

Chauffer le dehors gratte les gales, les petits et les gros bobos qu’on s’empêche tant bien que mal d’arracher, en sachant très bien qu’il faut laisser ces blessures tranquilles. Ça rouvre des plaies pour mieux les cicatriser après.

Maintenant, les beaux mots de l’autrice me restent en tête et m’empreignent le dedans pour que je puisse y retourner quand ma tête va être en mode broil.

*

Il est certain que je vais lire les anciennes parutions de Marie-Andrée Gill. Pour l’instant, c’est une de mes plus belles découvertes en 2019.

Et vous, avez-vous lu Chauffer le dehors?

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