Littérature québécoise
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Il n’y a que les fous: Courtes histoires pour un été rempli de folies

L’été, il y a deux sortes de lectures que je privilégie: soit les gros romans captivants qui te font tourner chaque page à une vitesse folle ou bien les recueils de nouvelles. J’aime pouvoir embarquer rapidement dans un univers, le vivre à fond et passer au prochain.

C’est pourquoi, lors de mon dernier voyage, j’ai apporté avec moi Il n’y a que les fous, un recueil de nouvelles sous la direction de Casie Bérard. Elle a su rassembler des auteurs incroyablement talentueux, mais également complètement déjantés. En ouverture, Cassie Bérard nous dit ceci: «On ne sait pas trop pourquoi ils font ce qu’ils font. S’imaginer des complots, tordre le langage, craindre le vol, tomber dans des amours impossibles, suer en public, tuer en public, toujours franchir les limites. Mais ils le font.» Et effectivement, au fil des nouvelles, on voit bien que la folie peut jouer sur plusieurs plateaux et sous plusieurs formes.

Il n’y a que les fous qui ne trouve pas nouvelle à son pied

Ce recueil abrite sous ses pages plusieurs auteurs plus farfelus les uns que les autres. On y trouve entre autres François Blais, avec son personnage absurde qui tombe amoureux beaucoup trop facilement et qui se sent béni d’être né à une époque aussi «stalker friendly», David Bélanger, qui nous raconte le cas du meurtre de Mme Bruges, assassinée à coups de hache par son mari, qui retontit sur le bureau de l’enquêteur Olivier Roche, et aussi Mélikah Abdelmoumen, qui nous raconte avec humanité la folie de la peur de ne plus se sentir en sécurité chez soi après une attaque terroriste:

«Tu venais de passer deux jours prostrée à la maison, dans ton bureau, paralysée par le cinéma d’horreur qui tournait en boucle dans ta tête. Tu étais restée murée dans ta solitude et ton effroi, des heures, toutes les heures où ton enfant et ton conjoint n’étaient pas là, où normalement tu vaques à tes activités. Depuis deux jours, au lieu de travailler, tu ne faisais rien qu’avoir peur d’attendre.»

Personnellement, j’ai particulièrement aimé la nouvelle de François Blais. Et je ne dis pas cela parce que j’ai un crush littéraire pour cet auteur – crush littéraire que vous pouvez d’ailleurs découvrir ici –, mais je trouve qu’il y a dans cette nouvelle un nouveau souffle à son écriture. Je suis habituée de lire du Blais où les personnages se satisfont de peu de choses, mais ici son personnage prend les devants et passe à l’action. Une action malsaine où il épie la vie de quelqu’un qui ne lui avait rien demandé, mais bon, une action quand même! Et sa nouvelle est également parsemée de son humour particulier que j’aime tant.

Le plus grand avantage d’un recueil de nouvelles est que si on embarque moins dans un univers ou dans un style d’écriture, ce ne sera pas trop long avant qu’on puisse plonger dans un autre. Mais, croyez-moi, vous ne vous sentirez pas comme ça dans ce recueil. Il aurait pu être inquiétant d’avoir un sujet aussi large que la folie comme thème d’un recueil, mais ces talentueux auteurs, sans probablement le savoir, nous guident au travers de ces nouvelles avec un fil conducteur. De beaux moments à vivre avec des personnages plus improbables les uns que les autres.

Et vous, quelle nouvelle pourriez-vous écrire avec votre folie?

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