Bande dessinée et roman graphique
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This woman’s work, lire Julie Delporte en anglais

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Le dernier bijou de Julie Delporte, intitulé This woman’s work, paru en 2019 chez Drawn and Quarterly, est une œuvre à saveur autobiographique, comme la plupart de son travail. Cette nouvelle sortie est la version traduite de Moi aussi je voulais l’emporter, dont la parution, il y a à peu près un an pile, a enflammé les réseaux sociaux pendant plusieurs mois.

Depuis, je suis entrée dans une espèce de bulle nommée Julie Delporte et je me suis mise à m’abreuver de toute sa bibliographie. J’ai décidé de relire ce chef-d’oeuvre en anglais, pour voir quel effet cela me ferait. Julie Delporte mentionne régulièrement qu’elle souffre du syndrome de l’imposteur et j’espère que ma critique pourra contredire ce sentiment.

La pression d’être une femme

À la base, This woman’s work devait être un livre sur Tove Jansson, la créatrice des Moomins, mais petit à petit, l’œuvre s’est transformée d’elle-même en une réflexion sur le rôle de la femme et ce qu’on assume de celui-ci. La femme mère, la femme maîtresse, la femme amoureuse, etc. Delporte réussit à déconstruire ces termes en se les appropriant. Une femme n’est pas que ça et elle veut être bien plus.

À travers la femme qu’elle est devenue, elle revient sur certains moments de sa vie, les bons, comme les plus douloureux. Ses traumatismes d’enfance se mêlent à ses désirs d’adulte, créant chez la protagoniste un tumulte grandissant entre être une femme et vouloir être complètement autre chose, comme Snufkin, un personnage solitaire et aventureux dans les Moomins, à qui elle se compare.

Un art doux

C’est à travers des dessins si beaux, aux couleurs pastels, qu’elle raconte son histoire et expose ses anxiétés. C’est d’ailleurs ce qui m’a tout d’abord charmée dans l’œuvre de Delporte, sa capacité à témoigner des souffrances humaines à travers une prose douce et des dessins charmeurs. La lire, c’est comme un vent de fraîcheur qui souffle sur nos blessures. C’est se sentir accompagnée dans cette douleur qu’on croit être la seule à vivre.

D’ailleurs les nombreuses références culturelles à travers le livre remplissent maintenant ma PAL et ma liste de films à voir. Julie Delporte m’inspire même dans ma consommation de culture, elle me nourrit de ses propres passions. Elle me fait découvrir des artistes dont j’ignorais même l’existence et a fait naître ma nouvelle obsession pour les Moomins.

Entre nature et féminité

Le mélange de féminisme et de culture nordique qu’exploite couramment Delporte est pour moi la parfaite formule gagnante. Les paysages finlandais qu’elle décrit donnent le goût d’y être automatiquement. Elle sait comment faire pour partager ce qui la passionne avec une telle habileté.

Elle se compare souvent à ses idoles, comme Tove Jansson, une artiste peintre finlandaise et autrice dont je me tarde de découvrir les œuvres. Avec ses comparaisons et les blessures qu’elle exprime, on découvre un message plus large, celui de toutes ces femmes perdues à travers leur féminité et tout ce qui vient avec (culture du viol, harcèlement, féminisme).

Je vois aussi un lien direct entre le froid de la Finlande et celui qui nous parcourt le corps en tant que femme. Entre la nature sauvage qui reprend ce qui lui est dû et celle qui ravage le corps féminin. Entre les deux, la ligne est mince, et c’est ce que je vois dans This woman’s work. C’est ce qui m’a complètement chavirée.

Lire une traduction, pour le mieux ?

Finalement, bien que ce roman graphique m’a encore une fois bouleversée et m’a fait voyager à travers les paysages dessinés par Delporte, je crois que j’ai préféré la version française, tout simplement car c’est la langue originale de l’oeuvre et la mienne également.

Je crois que les traductions comme celle-ci sont extrêmement pertinentes et permettent à une oeuvre d’être lue par un plus grand nombre. Je consomme beaucoup de livres traduits, mais je pense aussi que lorsqu’ils sont écrits dans une langue que l’on comprend, il faut les lire ainsi, afin de mieux comprendre la plume de l’autrice ou de l’auteur et de ressentir toute la puissance de leur écriture.

Préférez-vous lire des traductions ou lire les versions dans leur langue originale ?

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