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Journal d’une femme artiste à Percé – Partie IV-

Assise face à l’île (Bonaventure), les dentelles de la mer frôlent presque mes orteils déjà salis de sable rocailleux. J’ai peine à tenir le crayon, mes mains sont encore ankylosées après la trop longue baignade dans l’eau glacée. L’île comme une baleine pleine et immense. Est endormie. Le vent frais, traversé de courants chauds, se pose sur ma peau. Je frissonne. Les vagues sont puissantes, bruyantes, hautes. Elles me font chanceler, délirer, même. Le spectacle est saisissant, comme l’est chaque fois le premier contact avec l’eau. Depuis le début de l’été, je cherche à dire et à montrer Percé à ma manière. Aujourd’hui, à nouveau dégagée du passé et propulsée dans le présent, je comprends qu’il n’y a rien à dire, rien à montrer. Mais tout à vivre. Tout ce qui passe devant mes yeux, sur ma peau et dans mon cœur est d’une beauté sans mot et sans image. Semblable aux rencontres que j’ai réalisées ici. Des parcelles d’âmes à découvrir et à redécouvrir tous les jours. Qui me permettent de grandir et de me …

Musique d’ici: Safia Nolin

Si vous avez manqué ma découverte musicale du mois d’Août, c’est par ici. En Septembre, on écoute Safia Nolin. J’ai découvert Safia l’année dernière avec sa chanson « Valse à l’envers » publiée sur la chaîne de BRBR. J’ai tout de suite adoré son style folk et me suis empressée d’aller en découvrir davantage dans les entrailles du merveilleux monde de YouTube. Avec sa voix douce et ses textes inspirés de sa propre réalité, elle nous fait entrer dans son univers parfois sombre, mais toujours apaisant. À l’âge de dix-sept ans, Safia Nolin décide d’apprendre à jouer de la guitare par elle-même. Sage décision puisque, un peu plus tard, elle remporte le prix SOCAN de la chanson primée à la 44e édition du Festival International de la Chanson de Granby avec sa composition « Igloo », que l’on pourra entendre sur son premier album. D’ailleurs, celui-ci sort… aujourd’hui! Inutile de dire que j’ai très hâte de me le procurer pour faire profiter mes oreilles de son talent. Safia a déjà un beau parcours musical. En mars dernier, l’excellent artiste Pierre Lapointe …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie III –

Je suis en plein cœur d’un dilemme majeur. Comme la plupart des Québécois, ou des gens de passage, j’ai attendu la venue du soleil des semaines durant. Il fallait garder le moral et surtout apprivoiser la brume, la grisaille, la pluie et les gens maussades. Mais plus souvent qu’autrement, on avait le droit à un temps joueur de tour, soleil et averses, avec au bout (parfois) un ou plusieurs arcs-en-ciel. Et août s’est amené, avec lui notre bonne étoile, sa chaleur, les sourires en fusée et enfin on a pu sortir les vêtements de saison. Ce matin, alors que je suis déjà en retard pour l’écriture de ce présent article, je traverse le parking entre la Vieille-Usine et la plage et je descends près des vagues, abandonnant mes chaussures à l’ombre d’une bûche polie (garder ses chaussures sur la plage, pourquoi ?). «Écrire sur le bord de la mer, quelle bonne idée !» Avec la mer, arrivent les dilemmes ! Par exemple, ici à L’Anse-à-Beaufils (Percé), la petite plage semi-rocailleuse est reconnue pour sa forte …

Musique d’ici: Peter Henry Phillips

Si vous avez manqué ma découverte musicale québécoise du mois de Juillet, c’est par ici. En Août, on écoute Peter Henry Phillips. Originaire de Saint-Adrien, Pierre-Philippe Côté (de son vrai nom) s’est lancé récemment dans un projet anglophone et a sorti son premier EP cet hiver sous le nom de Peter Henry Phillips. Je suis tombée en amour avec sa chanson « Secret » la première fois qu’je l’ai entendue. Depuis, elle joue sans arrêt dans mes oreilles. Elle agit comme un plaster sur le cœur quand il va moins bien. On a juste besoin de fermer ses yeux et de l’écouter pour aller un peu mieux. Sa musique a un son planant, un peu comme celui de William Fitzsimmons ou celui des ballades de City and Colour. Je vous donne un p’tit avant-goût de son travail (attention, vous risquez de devenir accro comme moi). Le mois dernier, il a fait la première partie de Coco Méliès (ça vous dit quelque chose?). C’était sûrement un excellent spectacle! J’aurai la chance de me reprendre. Il revient le 4 octobre prochain, à …

Raconter l’insularité: les conteurs des Îles-de-la-Madeleine

J’ai la chance d’avoir un pied à terre aux Îles-de-la-Madeleine; il s’agit de la maison familiale ancestrale que mes parents s’attèlent à rénover depuis le rachat de la demeure en 2005. Il va sans dire que j’y suis allée bon nombre de fois et que je commence à plutôt bien connaître ce petit archipel du Golfe du Saint-Laurent. Toutefois, je suis toujours aussi charmée et inspirée par cet univers insulaire. En étonnante ébullition culturelle pour la modestie de leur superficie, les Îles-de-la-Madeleine renferment plusieurs trésors littéraires imprégnés d’impressions maritimes et de vent salin. C’est pourquoi, suite à mon retour de deux semaines d’exil en ces eaux lointaines, je vous rapporte deux chroniques sous la forme d’un diptyque s’articulant autour de la narration de l’insularité. La chronique de la semaine prochaine sera une plongée dans l’univers de la nouvelle et de la poésie avec le recueil Le sel et le goémon, de Christine Arseneault-Boucher, paru cet été aux Éditions de la Morue Verte. Je vous propose aujourd’hui une incursion chez les conteurs des Îles, à la …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie II

Un mois se sera bientôt écoulé depuis que j’ai mis les pieds à Percé pour y habiter (pour l’été). Comme tout est éphémère, j’essaie d’en profiter un maximum au grand dam de mon estomac. Il faut dire que la bière d’ici est délicieuse et que je dis rarement non à une Pit Caribou blanche. Je vis à Percé, mais pour être totalement franche, je dors à Percé et je passe mes journées à L’Anse-à-Beaufils, à l’endroit le plus fabuleux du coin, La Vieille-Usine. Je travaille à la galerie d’art qui occupe presque l’entièreté de l’espace au deuxième étage. J’y offre des ateliers de création et de théâtre pour enfants et je réponds aux clients. * Je baigne dans un univers artistique et culturel. Mais avant d’y pénétrer, cet univers n’était pas palpable pour moi. Et ce même si je m’intéresse à la carrière d’un grand nombre d’artistes du coin depuis des années déjà et que je suis inspirée par eux dans mon propre travail. Je me souviens, il y a quelque temps, d’avoir émis le commentaire …

« Tell Them Anything You Want: A Portrait of Maurice Sendak »

Peut-être n’êtes-vous pas familier avec Maurice Sendak, mais vous avez certainement déjà (re)lu son « Where the Wild Things Are » (ou « Max et les Maximonstres ») lorsque vous étiez enfant; vous vous rappelez, le petit garçon en pyjama blanc qui accoste sur une île peuplée de sympathiques monstres géants? Le livre culte a d’ailleurs été porté à l’écran pour le bonheur de tous en 2009 par le réalisateur Spike Jonze. Dans leur bref mais magnifique documentaire intitulé « Tell Them Anything You Want : A Portrait of Maurice Sendak” (2009), Spike Jonze et Lance Bangs nous livre un portrait  franc et vibrant du célèbre auteur et illustrateur qui a su réinventé la littérature jeunesse. Les œuvres de Sendak m’ont toujours et me font encore rêver, et l’entrevue de Jonze et Bangs m’a permis de découvrir le personnage caché derrière cet univers hors du commun. Et quel personnage! Sendak, plutôt déstabilisant, évince à chaque instant tous les préjugés que l’on pourrait potentiellement cultiver quant à un créateur d’histoires pour enfant. Le documentaire s’ouvre sur …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie I

Après un hiver plutôt tranquille et un printemps un tantinet plus dynamique, me voilà projetée dans une toute nouvelle vie (nouveau job & nouveau lieu de vie). Ça roule. Ça file. C’est fou. Mais je me sens vivante. Comme tout renard qui se respecte, j’ai besoin d’apprivoiser et d’être apprivoisée. Me voilà donc perchée sur le Mont Sainte-Anne à Percé, avec vue sur une carte postale sans cadre, illustrant le Rocher-Percé et l’Île-Bonaventure. D’ici la fin de la belle saison (qui tarde à s’installer) je connaîtrai les moindres états d’âme de ces deux imposantes sculptures naturelles. Sous ses allures de ville touristique, de ville boutique, de ville porte-clés du rocher fabriqué en chine, de ville-crustacé, de ville-croisière aux baleines, de ville-fou de Bassan, Percé est une ville artistique. Reste imprégnée à l’asphalte, à l’air, au brouillard, à l’eau, aux sons, l’âme créative de quelques fantômes, dont celui de Suzanne Guité. La grande. Depuis toujours, je visite Percé plusieurs fois par été, avec mon regard de touriste. Photos du rocher à partir du quai, promenade sur …

Découverte musicale – Halestorm

Étant une passionnée des mots, j’ai toujours prêté grande attention aux paroles des chansons que j’écoute, dans la langue de Molière comme celle de Shakespeare. En effet, j’aime que la musique me parle, me raconte des histoires et me permette d’imaginer mes propres scénarios, mes propres vidéos. Si vous êtes comme moi, vous avez peut-être remarqué que le contenu de certaines chansons largement diffusées est pour le moins assez insignifiant, quand il n’est pas carrément pathétique. Dans cette même veine, on retrouve de nombreuses chansons (interprétées, entre autres, par la gent féminine) qui projettent un reflet plutôt malsain des relations amoureuses, sociales et sexuelles des femmes : objectification, volonté à accepter n’importe quoi par amour, isolement dans des relations abusives, etc. Le tout, évidemment, appuyé par des rythmes accrocheurs et des interprètes « glamourisées », qui tiennent la vedette dans des vidéos suggestives se rapprochant davantage de la porno que de la musique (quelques minutes passées sur Youtube devraient être suffisantes pour vous montrer ce que je veux dire!) Bon, qu’on mette une chose au …

Musique d’ici: Saratoga

Si vous avez manqué ma découverte musicale québécoise du mois de juin, c’est par ici. En Juillet, on écoute Saratoga. Je connaissais déjà la musique de Chantal Archambault. Par contre, je n’étais pas au courant qu’elle et Michel-Olivier Gasse s’étaient récemment créés un groupe du nom de « Saratoga ». C’est mon amie qui m’a parlé d’eux après les avoir entendu à Tadoussac, le mois dernier. Gros coup d’coeur pour elle et moi. Les deux mots qui me viennent en tête en écoutant leur mini-album sont «douceur» et «simplicité», autant par rapport à leurs voix qu’à leurs mélodies et leurs paroles. Ils ne font pas que chanter; ils nous racontent des histoires. « Tu sais ç’qui est beau avec le soir? J’m’en vais m’coucher comme pour te voir. En attendant toi dans mes bras, même pas couché je rêve déjà. » – Les bourgeons pis le gazon Avec son style folk, Saratoga est parfait pour l’été. Leur musique est un bon remède contre la grisaille que nous apporte la pluie! J’vous laisse avec un p’tit teaser. Ils se produiront prochainement sur scène dans le coin …