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Hymne à mes amis imaginaires

On dit souvent qu’il y a une place pour tout dans la vie. L’humain a son lieu de prédilection. L’endroit où son âme s’évapore, où son esprit s’élargit. L’humain a sa boîte. Son espace est souvent conquis, mais il partage. Après tout, il y a une place pour tous. La mienne doit se trouver entre un bouquin de Laferrière et un vinyle de Tom Waits. On peut sentir une légère odeur de feu dans l’air. Près de la fenêtre qui laisse s’infiltrer la musique de la pluie et le souffle du vent, il y a Poe et Baudelaire qui discutent vivement de poésie, de mort et de traduction. Dans le bol à fruits, Nothomb fleurit parmi les bananes noircies et les pommes pourries. Une inquiétante étrangeté parfume cette salle. Je m’y sens comme chez moi. Il y a le chat roux qui pose délicatement sa gueule sur la pile de bandes dessinées de La Guerre des Étoiles. Kafka profite du sommeil du félin pour se faufiler à l’aide de ses six petites pattes de cancrelat …

L’intime « prenez soin de vous »

Dans mon ancienne vie de libraire, je plaçais des livres un beau matin quand un gros livre m’est tombé sur la tête. Amis libraires, vous connaissez ce sentiment. On les aime donc ces livres-là, mais ouf qu’ils font mal aux têtes et aux petits orteils lorsqu’ils tombent. Tout ça pour dire qu’un gros livre m’est tombé sur la tête et qu’il ressemblait à ceci : « Prenez soin de vous » disait le gros livre fushia. Je l’ai ouvert et s’en est suivi un long quart d’heure de procrastination librairienne. C’est en feuilletant les pages de ce gros livre que j’ai compris que le « Prenez soin de vous » était à la base le message d’un ancien amoureux suite à une lettre de rupture… Sophie Calle, à qui s’adressait la lettre, a donc demandé à 107 femmes de comprendre, de l’aider à comprendre, à accepter cette rupture et cette manière si froide de se faire quitter. 107 femmes donc: des femmes de tous les milieux et de tous les métiers, des psychologues, des danseuses, des avocates, des sexologues, etc. …

Le conte des mille et une … fesses!

La première fois que j’ai vu passer sur mon Newsfeed le projet 1001 fesses, j’ai tout de suite été intriguée. À une époque où la pornographie et le corps de la femme nous sont presentés uniquement pour le plaisir sexuel, une approche artistique rend la chose bien plus délicate. Emilie Mercier, photographe, et Frédérique Marseille, entrepreneuse et entremetteuse, ont mis sur pied le projet 1001 fesses qui propose, très simplement, des photos de fesses. «Parce que nous en avons toutes.» En effet, chaque femme possède une paire de fesses, mais elle porte aussi les complexes qui peuvent venir avec. Notre société est bourrée de ces créateurs de complexes et les deux jeunes femmes se sont données comme mission de défaire l’idée que les imperfections sont synonymes de laideur. Leur site présente une collection de fesses, anonymes, toutes différentes, dans des mini-scénarios tirés de la vie quotidienne. Pas d’extravagance ni d’exagération, juste du réel. C’est d’abord mon background en arts qui a été titillé par le projet. Je trouve les photos très réussies, aucun doute sur le talent d’Emilie. Un éclairage doux …