All posts tagged: Art

Musique d’ici : Rosie Valland

Pour ceux qui ont manqué ma découverte musicale du mois d’avril, c’est par ici. En Mai, on écoute Rosie Valland. C’est par le biais d’une amie Facebook que j’ai eu la chance de découvrir cette artiste (merci, amie Facebook aux goûts musicaux pareils aux miens). Auteure-compositrice-interprète de Montréal, Rosie décrit sa musique comme étant de la «pop alternative avec une p’tite touche d’indie». Moi, j’ai ben d’la misère à différencier tous les styles musicaux, alors j’la décris comme étant «vraiment bonne». Elle a lancé son premier EP en avril 2014, deux ans après avoir été finaliste du Festival international de la chanson de Granby, en 2012. Cette année, on a pu voir Rosie Valland pendant les Francouvertes, événement lors duquel elle s’est rendue en demi-finale. On a également pu l’entendre dans la populaire série québécoise Nouvelle Adresse, diffusée à Radio-Canada. En janvier, elle a lancé son single Rebound sur Bandcamp, chanson qui vaut définitivement la peine d’être écoutée. Je suis une fan du timbre de sa voix, un peu rauque et doux à la fois, et de sa plume. Chacun de ses …

La dualité des amours passionnels

L’amour est multiple. L’amour est contradiction. L’amour est dualité. L’amour est passion. L’amour est haine. L’amour est vérité. L’amour est mystère. L’amour est espoir. L’amour est désespoir. L’amour est folie. L’amour est tranquillité. Et tout ça, Ernesto Sábato l’a bien compris. Dans son ouvrage Le tunnel, l’auteur nous présente une histoire d’amour passionnel comme moteur du déclenchement de la folie chez le protagoniste. Qui n’a jamais vécu ce délire incontrôlable créé par une obsession soudaine pour l’être aimé ou admiré secrètement? La maladie d’amour est puissante, dévastatrice et bien peu souvent, mutuelle. Lorsque l’éclatement de l’âme se fait de façon solitaire, il arrive que le mal-aimé cède à son penchant impulsif. L’artiste peintre Juan Pablo Castel est un assassin. «Il y a eu quelqu’un qui pouvait me comprendre. Mais c’est précisément, la personne que j’ai tuée.» (p.15) Consterné par la vie qui lui semble être vide et sans substance, Castel voit une lueur d’espoir dans cette jeune femme qui s’est arrêtée devant l’une de ses toiles lors de son exposition. «Ce fut le jour du vernissage. …

« Refus de témoigner : une jeunesse» – Ruth Klüger : récit de la Shoah au féminin

Le corpus des récits concentrationnaires est certes vaste, mais très peu de ces œuvres testimoniales ont été rédigées par des femmes. Ruth Klüger fait partie de ces rescapées. Bien plus qu’un témoignage de l’expérience des camps, dans son «Refus de témoigner : une jeunesse» publié en 1991, l’américaine d’origine autrichienne livre une réflexion sur ce que représentent l’acte commémoratif et le lieu de mémoire de la violence, mais aussi sur la place des femmes, dans l’Histoire comme dans la vie. C’est à travers une contre-posture extrêmement lucide et éminemment féministe que Klüger prend la parole et nous fait basculer à l’intérieur du train, dans un mémoire sans fard qui tend à «percer le rideau de barbelés que le monde de l’après-guerre a baissé sur les camps» (p. 97) C’est la première fois que je lis Ruth Klüger– et certainement pas la dernière. Malheureusement, cette auteure germanophone n’a qu’une seule autre œuvre (également autobiographique) traduite en français: «Perdu en chemin». À quand les traductions du reste de ses textes? Du coup, cette dame m’est devenue, l’espace …

Entrevue avec l’artiste de Womanstruation

  WOMANSTRUATION Ahhh les menstruations… ce moment que la plupart des femmes (et hommes) redoute. Nous avons chacun notre histoire face à ce phénomène biologique. J’ai appris à les accepter et à les «aimer» en quelque sorte et c’est un peu grâce à la coupe menstruelle (je vous en parle dans cet article). C’est aussi grâce à un travail de session à l’université. C’est dans ce même travail que j’ai découvert le blogue de cette artiste française, John Anna. Les messages qu’elle utilise dans l’ensemble de ses œuvres sont venus me chercher. Souhaitant en apprendre plus sur son travail et sur l’artiste, je lui ai posé quelques questions. ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ 1) Pouvez-vous me faire une brève description de qui vous êtes ? (Vos origines, votre travail, vos études) J’ai 23 ans. Je suis française. Je vis à Bordeaux depuis 7 ans pour mes études en design graphique. Je prépare actuellement une licence en design arts appliqués à l’université. 2) D’où est venue l’idée de créer ce blog et cette forme d’art ? Je n’ai pas créée cette forme …

Musique d’ici : Coco Méliès

Je suis amoureuse de la littérature, mais aussi de la musique. Surtout quand elle vient d’Québec. La relève musicale de notre belle province est une vraie p’tite mine d’or. Malheureusement, j’trouve qu’on l’oublie de plus en plus, notre talent d’ici. On l’a laissé un peu d’côté, on dirait. J’aimerais y remédier, c’est pourquoi je m’engage solennellement à vous faire découvrir un nouvel artiste ou groupe québécois chaque mois. En Avril, on écoute Coco Méliès, duo que j’ai découvert récemment et qui ne quitte plus mes oreilles depuis ce jour. Formé de David Méliès et Francesca Como, Coco Méliès est un groupe établi à Montréal qui a déjà commencé à faire son chemin à travers le Québec, la France et les États-Unis. Ils ont sorti leur EP, The Walking Birds, en 2014 et ont lancé seulement quelques mois plus tard leur premier album: Lighthouse. Certains les ont découvert grâce à l’émission OuiSurf, diffusée sur la chaîne Évasion, dans laquelle on a pu entendre quelques unes de leurs chansons. Personnellement, j’ai entendu leurs compositions par hasard sur …

Les Barbouillés

Lorsque le printemps se pointe le bout du nez, les femmes s’empressent de ressortir leur bas collants et leurs jupes affriolantes qui hibernaient depuis quelques mois au fond des tiroirs froids. Et malgré que mon père m’ait répété un milliard de fois qu’en avril il ne faut pas se découvrir d’un fil, je fais partie intégrante de celles qui s’impatientent. Dès lors, faire tenue légère implique d’afficher ma deuxième peau, soit mes tatouages. J’affronte donc au quotidien le regard de la majorité sur la différence de l’autre. Moues dégoûtées de la part de vieilles dames et regards en coin des hommes d’un certain âge font partie de mon quotidien dès que la température permet que mes jambes et mes bras vivent pleinement leur liberté. Avec le temps, on se forge une sorte de carapace face à ces comportements totalement humains qui cachent tout de même une poignée de préjugés. Est-ce véritablement cette fille qui enseignera à mes enfants? Sort-elle vraiment de l’université celle-là? L’altérité devrait être davantage abordée dans les centres pour personnes âgées. Pendant que ces …

L’inspiration (partie 1) : arts et interdépendance

Que vous soyez artiste ou pas, les arts occupent une place importante dans votre vie, parfois même à votre insu. Après tout, chaque jour, vous écoutez de la musique, visionnez des films, lisez des livres, admirez des graffitis ou de superbes photographies! Il semblerait que souvent, on ait tendance à oublier que les arts sont partout et, n’en déplaise à certains, qu’ils sont importants. Et pour les artistes, leur importance est encore plus grande, considérant que les arts occupent une immense partie de leur quotidien, que ce soit sous forme de gagne-pain ou de passe-temps. Mon art à moi, c’est l’écriture. Comme des millions d’autres auteurs, j’ai un besoin constant de me plonger dans mes univers afin de mieux jeter sur papier les récits qui traversent mon imaginaire. En me développant en tant qu’auteure, je réalise que l’inspiration est essentielle pour progresser, qu’elle peut se trouver partout… et plus particulièrement dans l’art, quel qu’il soit. Personnellement, je sais que ma créativité fleurit à travers l’écoute de la musique. Instrumentale, elle peut m’aider à me plonger …

Stéphanie L’Heureux, le cercle, la forme et le fond…

J’ai eu l’occasion de visiter l’atelier de l’artiste Stéphanie L’Heureux, membre du regroupement Pied Carré. Essentiellement peintre et photographe, elle explore aussi la porcelaine et la broderie. Je suis fascinée par ses toiles minimalistes et ses recherches sur le cercle. L’artiste engage son corps, le mouvement de son bras dans toute son amplitude et dans ses limites. Sur les grands formats le cercle dépasse parfois de la toile, il s’agit du plus grand cercle que son bras soit capable de former. Ses toiles sont une recherche d’équilibre entre la forme, le vide, le support et le geste. «Je cherche à revenir à la simplicité, à l’essence du geste, explique-t-elle. Mon approche vise à susciter l’émotion avec un langage minimaliste.» Je trouve remarquable qu’elle n’ait pas seulement utilisé la peinture pour le fond, mais qu’elle soit allée chercher son bleu en utilisant de la teinture pour tissus. Après de longues recherches, du pigment sur la fibre, elle trouve son bleu parfait, mat et profond et la toile est enfin prête à recevoir son geste. La démarche …

La fabuleuse métamorphose de Josh Tillman

Lors de la première écoute… je me suis imaginée arborant une longue jupe de gitane, le sourire aux lèvres et les doigts levés en signe de peace (je passerai la couronne de fleurs, trop cliché) courant dans un champ sous un soleil brûlant. Lors de la deuxième écoute… les ombres de mon copain et moi qui valsons sur la piste de danse lors du grand jour prennent vie dans mon esprit . Particulièrement, lors de When You’re Smiling And Astride Me. Sachez qu’il en faut beaucoup pour déloger Tom Waits de ma tête lorsque je pense mariage. Lors de la troisième écoute… le fantôme de mes pensées a finalement vu le jour puisque nous avons uni nos corps pour accompagner les délicieuses mélodies de cet homme si chaleureux. Il tombait juste à point en cette soirée de St-Valentin. Lors de la quatrième écoute…du nouvel album de Father John Misty, I Love You, Honeybear, j’assistais à la performance en direct de celui-ci. C’est beau quand les rêves se réalisent. Il faut avouer que c’était la troisième fois que mes …

Pour la dernière et pour la première fois, Sophie Calle au Musée d’art contemporain de Montréal

L’incontournable artiste Sophie Calle expose présentement au Musée d’art contemporain de Montréal. L’artiste française, dont la réputation n’est plus à faire, nous présente dans l’exposition Pour la dernière et pour la première fois, deux récentes séries; La dernière image, 2010 et Voir la mer, 2011. L’artiste propose une réflexion sur l’absence, sur la privation et la compensation d’un sens, sur la notion de visible et d’invisible. Sophie Calle est inclassable, elle utilise les codes de l’art conceptuel tout en dégageant une narration et une poésie unique. Je n’hésiterais donc pas à faire découvrir cette exposition à mes amis qui ne sont pas « art contemporain friendly« , car son oeuvre ne nécessite pas de grands discours, de grandes connaissances en histoire de l’art et on n’est pas tenté de la comparer à d’autres ou de dire « tout le monde pourrait le faire ». Car non, tout le monde n’est pas Sophie Calle et tout le monde n’ose pas briser les barrières de l’intime comme elle sait si bien le faire. En 2002, allongée dans son lit au quatrième …