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Salvador : l’écrivain de la montagne

J’ai un amour inconditionnel pour tout ce qui touche de près ou de loin au théâtre. Rien ne bat le plaisir d’aller voir une nouvelle pièce et d’en absorber les moindres détails, de se laisser submerger par les personnages, les dialogues et la mise en scène. Lire une pièce de théâtre, bien que très différent, est tout autant gratifiant. On en apprend beaucoup sur les personnages en découvrant tout ce qui ne se voit pas lors du spectacle : les didascalies, les titres des scènes, les précisions de l’auteur. Tout cela change l’expérience du tout au tout. Salvador : La montagne, l’enfant et la mangue de Suzanne Lebeau ne fait pas exception. « Au cœur de l’Amérique du Sud, une montagne, aussi belle dans la clarté du matin que cruelle dans l’obscurité des mines qui la sillonnent de toute part. Salvador, un enfant de la montagne devenu écrivain, se rappelle… le départ sans retour de son père et de son frère, les crayons de couleur d’Ana et les rêveries de Teresa, ses sœurs, les cireurs de chaussures …

Mon premier coup de coeur pour un album jeunesse : Chien Bleu

Chien Bleu est le tout premier album jeunesse que j’ai acheté pendant mes études en enseignement au primaire. Mon exemplaire, à la tranche un peu écornée maintenant, en porte encore la trace dans le coin droit d’une de ses premières pages : 2011. Dans un de mes précédents articles, j’ai déjà parlé d’une professeure que j’ai eu la chance d’avoir à l’université et à qui je dois plusieurs coups de cœur en littérature jeunesse : Chien Bleu fait également partie de ses précieux legs ! Il y a maintenant sept ans, en sortant d’un cours où elle nous en avait fait la lecture, je me souviens m’être dit : «il me faut ce livre». Je considérais toujours les périodes où elle nous lisait les albums à voix haute comme de petits cadeaux dans mon horaire : quel bonheur que de se faire ainsi faire la lecture ! Je me souviens qu’elle le faisait très sobrement – rien de théâtral dans son approche – et allait droit à l’essentiel. Elle maîtrisait l’art des silences et savait nous transmettre la beauté …

Virginia Woolf et moi

Je ne me souviens pas la première fois où j’ai aperçu ce joli album, probablement lorsque je travaillais en librairie. Je me souviens de m’être installée longuement dans les allées à le toucher, l’admirer et me dire qu’un jour, j’aimerais bien l’avoir chez moi. Les années ont passé et je ne l’ai jamais acheté. Or, une fois, j’ai eu une carte cadeau et j’ai commandé des bouquins en ligne, dont celui-ci. J’ai reçu un courriel plus tard me disant qu’il était discontinué. Malheur. C’est donc avec bonheur et excitation que cette année au Salon du livre de Montréal, j’ai aperçu Virginia Wolf dans le kiosque des Éditions de La pastèque. Écrit par Kyo Maclear, illustré par Isabelle Arsenault et traduit par Fanny Britt (on se souviendra du marquant duo pour Jane, le renard et moi!), cet album de quelques pages est tellement beau que je ne pouvais faire autrement que de l’installer fièrement sur la cimaise de mon salon. Plongée dans le bouquin, je réalisais que c’était, en plus d’être beau (Isabelle Arsenault est tellement …

Chronique « Écrire l’indicible » : Tom est mort de Marie Darrieussecq: le «devoir de mémoire» transposé

Cette chronique vous présente des récits qui traitent de sujets difficiles, mais qui se doivent d’être partagés, que ça nous touche de près ou de loin. Parce que l’écriture permet de tout dire. Je n’ai pas d’enfants. Pas encore, en tout cas. Or, après avoir refermé le livre de Darrieussecq, je ne suis plus certaine d’en vouloir. J’ai été envahie d’une crainte. Comment avoir des enfants sans s’inquiéter de leur sort 24 heures sur 24, 7 jours sur 7? Comment vivre avec ces doutes, ces peurs, ces angoisses au quotidien? Comment aimer trop fort sans empoisonner ces petits êtres qui ont poussé en nous? Et s’il leur arrive quelque chose, comment peut-on survivre? Car il est bien question de survie, dans Tom est mort. Darrieussecq a mis en récit la perte d’un enfant, celle d’une mère qui perd son fils Tom, alors âgé de 4 ans et demi. Nous traversons avec la narratrice toutes les étapes du deuil, du choc au mutisme, de la colère à l’apaisement. On lit ce récit d’une femme démolie, qui, malgré …