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Emma Watson, le féminisme et la lecture

Our Shared Shelf, c’est le nom qu’a finalement choisi Emma Watson en créant son club de lecture féministe en ce début janvier. Âgée de 25 ans, l’ambassadrice de bonne volonté d’ONU Femmes souhaite interpeller activement une plus jeune génération en instaurant diverses initiatives du genre. C’est sur la Twittosphère que l’ancienne interprète d’Hermione Granger a lancé l’idée et invité ses abonné-e-s à trouver le nom de son club de lecture. Après de multiples tweets, elle a arrêté son choix sur la proposition d’une admiratrice : Our Shared Shelf. Pour premier titre, Emma Watson a opté pour le mémoire récemment paru de Gloria Steinem, leader du féminisme des années 60 et 70 aux États-Unis. À la suite de chaque lecture, une discussion sur le bouquin sera lancée et on invitera les auteur-e-s ou des intervenant-e-s pertinent-e-s à échanger avec les lecteurs et lectrices. L’engouement est tel, que la page dédiée au club sur Goodreads comptait déjà plus de 30 000 abonné-e-s après seulement quelques heures ! Cette initiative risque fort bien de prendre de l’ampleur et permettra des discussions et des …

Grandir avec les vieilles

Déjà en écrivant ces premiers mots, je me sens obligée de me justifier de l’utilisation des mots les vieilles dans mon titre. C’est comme si on avait une certaine pudeur à appeler les personnes âgées ainsi, que ce soit pour des questions de respect, de politesse et autres. Mais ce n’est pas le but de mon article, car le titre fait référence aux deux livres qui seront présentés dans cet article, soit Grandir de Sophie Fontanel et Les vieilles de Pascale Gautier. Loin de moi l’idée d’insulter ou de manquer de respect à ces personnes âgées, au contraire en choisissant ces deux livres, je me suis entièrement ouverte et laissée charmer par ces vieilles. J’ai ouvert mon coeur à un univers trop souvent non représenté en littérature (et comme partout ailleurs, on se souviendra qu’au cinéma, les femmes deviennent vieilles à 30 ans, contrairement aux hommes..) J’utiliserai donc le terme vieille, comme le font les auteures de ces deux romans, pour vous faire découvrir des femmes -avant d’être des vieilles-, leur quotidien, leur passé, leur futur, ainsi …

« We should all be feminists »

Lors de mon récent voyage à San Francisco, je me suis arrêtée dans la fameuse librairie City Light, maison de publication et librairie iconique de la beat generation. Mise à part l’expérience même qu’est le fait de mettre les pieds dans cet endroit, j’ai aussi mis la main sur un petit livre qui avait attiré mon regard de par son titre :  » We should all be feminists« . J’ai été intriguée, j’ai voulu savoir ce que l’auteure avait à dire, quels points elle allait apporter, ça ne pouvait qu’être enrichissant.   Chimananda Ngozi Adichie, l’auteure, est originaire du Nigeria. Dans cet essai, elle mélange expériences personnelles, opinions et faits pour mieux évoquer ce qu’implique le fait d’être féministe dans l’afrique moderne. Avant tout, il faut savoir que ce court essai est une adaptation d’une conférence TEDtalk qu’elle a réalisé en 2013 et dans laquelle vous retrouvez presque l’entièreté du texte contenu dans la version écrite. La majeure partie de mes références en matière de féminisme sont très occidentales. Je sais bien que la réalité du féminisme diffère parfois …

Chloé Delaume et le retournement du sablier

Je regarde ma bibliothèque. J’y vois un nombre imposant d’oeuvres écrites par des femmes écrivaines. Je lève le drap sur leur corps, je dévoile leur transparence, leur présence spectrale. Ces femmes écrivent et se positionnent contre le discours dominant, jouent avec ses codes jusqu’à les dissoudre. Elles ne sont pas passives; elles entrent dans l’action, elles se retournent contre les monstres institutionnels. Elles refont les structures. Elles effondrent les frontières de leur corps tombeau, elles se libèrent à travers une langue réinventée. Car elles savent que la langue est une construction patriarcale, reflet des idéologies dominantes androcentriques. En tant que femme, la langue nous fait violence. Elle est teintée d’euphémismes, des mots gentils qui viennent servir, encore une fois, les intérêts masculins. Mots-évitements, mots-opaques, mots-complices à la violence subite. Parce que le livre de Delaume, Le cri du sablier, est un renversement, une démolition, une reconstruction. Un coup de marteau à l’origine de la structure. Elle gratte, creuse. Elle extrait. Elle pointe, nomme. Elle cesse de faire disparaître les bourreaux derrière leur crime. Elle fait naître une …