Littérature étrangère
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Wild , à mi-chemin entre Into the wild et mange,prie,aime.

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Avant même de lire Wild, j’avais le sentiment que j’allais me retrouver quelque part à mi-chemin entre l’histoire de Into the wild et celle de Mange, prie, aime. J’avais raison. Est-ce une bonne chose ? Oui, non, ça dépend.

Wild, c’est d’abord et avant tout l’histoire d’un deuil. Le deuil d’une mère partie trop tôt et trop rapidement. C’est un récit de rédemption et de force. C’est une quête, une recherche, et ce, même si Cheryl Strayed (qui raconte sa propre histoire) ne semble pas trop savoir ce qu’elle cherche. On pourrait dire que c’est plutôt l’histoire d’une fuite, mais la fuite a pris place dans les quatre années avant  la randonnée qu’elle entreprend. La fuite, c’était toutes ces nuits avec des hommes qu’elle ne verrait plus  jamais, c’était l’infidélité et le divorce à un homme qu’elle aimait profondément, c’était les mois embrouillés par l’héroïne.  La randonnée qu’elle entreprend peut être vue comme la fuite ultime, le changement drastique qui change tout et qui, au bout du chemin, lui permet de se retrouver.

Les pèlerinages, peu importe comment on les appelle, peu importe la forme qu’ils prennent, existent depuis bien longtemps et Cheryl Strayed n’en réinvente pas l’histoire en écrivant Wild, elle ne fait que raconter sa propre expérience, partager son histoire et toutes les erreurs qui s’y sont immiscées.

Wild n’est pas, à mon avis, un grand roman. L’écriture est sobre, les descriptions sont soignées, la structure est plutôt classique, mais, dans ce cas, ce n’est pas important, car ce n’est pas pour cela qu’on choisi de lire Wild. On choisi de lire Wild pour le récit d’une expérience humaine, par curiosité, pour avoir l’impression d’être avec Cheryl Strayed durant ce périple (ou parce que le film vient de sortir). Bref, c’est vraiment le récit de ce qu’a vécu l’auteure qui rend le roman intéressant. Ce qui m’a vraiment marquée dans tout le récit, c’est toute la naïveté avec laquelle elle s’embarque dans cette randonnée. Non seulement la naïveté, mais le manque de préparation et de connaissances envers ce qu’elle s’apprête à faire. C’est un peu ridicule de se lancer dans ce genre d’aventure sans en connaître ni l’ampleur, ni les risques. C’est ce genre d’état d’esprit qui a couté la vie à Christopher Mcandless (l’homme sur qui Into the wild est basé ) et en même temps, c’est presque beau de se dire que le besoin était si fort, si urgent, que rien ne pouvait l’arrêter.

À cours de 500 pages, on suit Cheryl à travers 1100 kilomètres dans les montagnes, avec son sac à dos trop gros, ses bottes trop petites et le récit de son passé. Le deuil de sa mère, qu’elle appela en entrevue la femme de sa vie, est omniprésent tout au long de son parcours. Elle doit réapprendre à vivre sans sa mère, sans sa présence et sans son amour . En ce sens, Wild est aussi un roman sur la souffrance, non seulement physique, mais psychologique. La souffrance d’un lourd deuil qui  chamboule tout, un deuil par-dessus lequel on ne passe jamais vraiment .

À travers son périple, Cheryl cherche, un peu comme comme Elizabeth Gilbert dans Mange, prie, aime, à retrouver la femme qu’elle était autrefois, à trouver un nouveau sens à sa vie. Les récits de ce genre sont multiples et la forme est toujours semblable, Wild n’y fait pas exception. L’histoire est centrée sur ce qui a apporté Cheryl à faire son périple dans les montagnes, sur la randonnée en tant que telle. Elle s’attarde longuement sur la première partie de sa randonnée (en Californie), mais plus le roman avance, plus tout est en accéléré, elle passe très rapidement sur l’Oregon, négligeant ainsi le récit de la seconde partie de son périple et n’effleurant que très brièvement la fin, en laissant le lecteur sur une vague image de ce qu’elle est devenue et de ce que son « pèlerinage » changea pour elle .

En gros, Wild est une bonne lecture « passe-temps », le roman se lit bien, l’histoire est intéressante, sans plus. Je n’y ai pas trouvé ni la profondeur, ni les émotions auxquelles je m’attendais. Somme toute, c’est une lecture plaisante qui se lit rapidement et de laquelle on ne se tanne pas avant la fin, mais sans plus.

Je vais sans aucun doute aller voir l’adaptation cinématographique, avec Jean-Marc Vallée à la réalisation et Reese Witherspoon à la barre, je suis sûre que ce sera réussi!

 

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Curieuse depuis toujours, Marjorie s’intéresse à un peu tout, avec un penchant marqué pour les mots, le féminisme, les phénomènes de culture populaire et les mystères de la vie. Elle est bachelière en littérature et cofondatrice du Fil rouge, à travers duquel elle tente de faire son petit bout de chemin, lire le plus possible et surtout, apprendre et connecter avec les autres. Naviguant tant bien que mal à travers la vingtaine, elle trouve ses assises dans la lecture et l’écriture, cherchant toujours à comprendre un peu mieux les contradictions qui rendent la vie intéressante. Elle croit que la littérature fait partie de ces choses qui peuvent changer une vie, la rendre un peu plus douce et mettre un baume là où il faut.

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