Art et créativité
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La fabuleuse métamorphose de Josh Tillman

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Lors de la première écoute… je me suis imaginée arborant une longue jupe de gitane, le sourire aux lèvres et les doigts levés en signe de peace (je passerai la couronne de fleurs, trop cliché) courant dans un champ sous un soleil brûlant.

Lors de la deuxième écoute… les ombres de mon copain et moi qui valsons sur la piste de danse lors du grand jour prennent vie dans mon esprit . Particulièrement, lors de When You’re Smiling And Astride Me. Sachez qu’il en faut beaucoup pour déloger Tom Waits de ma tête lorsque je pense mariage.

Lors de la troisième écoute… le fantôme de mes pensées a finalement vu le jour puisque nous avons uni nos corps pour accompagner les délicieuses mélodies de cet homme si chaleureux. Il tombait juste à point en cette soirée de St-Valentin.

Lors de la quatrième écoute…du nouvel album de Father John Misty, I Love You, Honeybear, j’assistais à la performance en direct de celui-ci. C’est beau quand les rêves se réalisent.

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Il faut avouer que c’était la troisième fois que mes désirs fantasmagoriques prenaient forme. Mais bon, il paraît qu’on ne se lasse pas des bonnes choses. Nous avons donc bravé les -30 degrés celsius qu’affichait le thermomètre pour aller se réchauffer le coeur et le corps auprès du talentueux et sensuel artiste. En prime, nous avons même eu droit à l’enregistrement d’un son de pluie d’été en première partie. À propos, mes félicitations particulières à Guy Blakeslee, qui, même en solitaire, a réussi à projeter une voix puissante qui nous a percuté dès le début du concert.

Sans plus attendre, celui tant désiré est monté sur la scène, bien attriqué d’un complet noir et de sa démarche désinvolte. Il a empoigné le pied de son micro et a lancé les premières notes de I Love You, Honeybear. Il n’a pas perdu une seconde en se jetant corps et âme dans la foule. La scène lui appartenait après seulement quelques minutes de familiarisation. Nous avons assisté à la transformation de Josh Tillman en son alter-ego, ce fameux Father John Misty. Il ne fait aucun doute que cet énergumène est un personnage haut en couleurs, un brin imbu de lui-même et ô combien prêt à dialoguer avec son public.

On ne pourrait négliger que l’homme est très séduisant et que l’attention qui lui est portée l’importe grandement. Il joue donc le jeu à la perfection en se déhanchant de façon démesurée pour le plaisir des spectateurs, mais surtout des spectatrices. Je soupçonne que True affection ait été écrite simplement pour satisfaire ce besoin qu’il a de se trémousser. Au moment où ils ont entamé ce morceau, il s’est élevé vers le ciel un peu comme Notre Père (analogie à faire?) sur la batterie et nous a offert une performance dansée digne des Dieux.

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La foule a répondu avec enthousiasme à l’appel à la fête de l’artiste. C’est alors qu’il s’est adressé à elle:

Montréal, vous êtes ce que j’espérais de New-York.

Il n’en fallu pas plus pour enflammer le Théâtre Corona. Il est revenu à ses sources, par la suite, en interprétant une pièce de son premier album, Fear Fun, au grand plaisir du public.

L’apogée de mon extase est arrivée alors qu’il demandait le silence dans la salle. Il allait entamer LA chanson de son dernier opus, When You’re Smiling And Astride Me. Dès la première écoute, cette chanson m’a heurtée par la sincérité de l’homme qui se met à nu en assumant qu’il croit avoir trouvé le grand amour et qu’il est effrayé par cela

D’ailleurs, il a souligné que nous tombions bien vite dans l’intimité. Il nous a demandé alors de ralentir la cadence dans notre relation amour-musique. Pour ce faire, il a enfourné sa guitare et présenté son fil d’amplificateur comme le St-Graal. Il a fait s’unir l’instrument et son acolyte avec puissance avant d’improviser un solo enivrant, mais silencieux. Comme quoi la force de la musique est parfois dans la présence sur scène de l’artiste. C’est donc dans une ambiance beaucoup plus festive que Father John Misty a interprété plusieurs titres plus mouvementés tels que This Is a Sally Hachet, I’m Writing a Novel et The Ideal Husband. 

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Après s’être déchaîné sur les dernières pièces, il ne s’est pas arrêté là en faisant à nouveau honneur à son premier album grâce à deux de ses classiques, Hollywood Forever Cemetery sings et Funtimes in Babylon. Il était déjà l’heure qu’il nous prévienne de son faux départ:

You know what I mean?, nous a-t-il lancé, appuyé d’un clin d’oeil complice.

Avant de revenir avec Bored In the U.S.A pour un rappel. Et quel rappel ce fût! Celui qui s’ennuie parfois un peu aux États-Unis a avoué avoir toujours rêvé d’un état où vivraient de belles femmes francophones. C’est probablement à celles-ci qu’il a offert, par la suite, sa propre interprétation de I’m Your Man, d’un artiste bien de chez-nous, Leonard Cohen. Il n’y avait pas le moindre soupçon à se faire, il était bien l’homme de la place. Comme à son habitude, il a finalement achevé son ascension fulgurante avec sa pièce Everyman Needs a Companion. 

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Je n’ai qu’un regret au cours de cette soirée et c’est de n’avoir pas conservé ma place en première rangée du parterre. En montant au balcon, je n’ai pas pu faire partie du câlin collectif orchestré par Father John Misty. J’en suis venue à me dire que mon copain devait être arrangé avec le gars des vues. En faisant ce choix de monter, il savait qu’il m’aurait toute pour lui. Après tout, bien des hommes avaient quelque chose à envier à la bête de scène de ce soir du 16 février (pas le mien bien entendu). Si ce fameux Father John Misty s’ennuie tant chez nos voisins les Américains, je suis certaine que bien des Montréalais seraient prêts à l’accueillir à bras ouverts.

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Mais qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance?» (Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris) Les vers de Baudelaire auront été la source de son épanouissement en tant que bizarroïde de ce monde. La poésie, Marika la vit au quotidien à travers tous les petits plaisirs qui s’offrent à elle. Une grimace partagée avec une fillette dans le métro, la fabrication d’un cerf-volant dans un atelier strictement réservé aux enfants, un musicien de rue interprétant une chanson qui l’avait particulièrement émue par le passé, lui suffisent pour barbouiller le papier des ses pensées les plus intimes. Chaque jour est une nouvelle épopée pour la jeune padawan qu’elle est. Entre deux lectures au parc du coin, un concert au Métropolis et une soirée au Cinéma du Parc pour voir le dernier Wes Anderson, elle est une petite chose pleines d’idées et de tatouages, qui se déplace rapidement en longboard à travers les ruelles de Montréal. Malgré ses airs de gamine, elle se passionne pour la laideur humaine. Elle est à la recherche de la beauté dans tout ce qu’il y a de plus hideux. Elle se joint au Fil Rouge afin de vous plonger dans son univers qui passe des leçons de Star Wars aux crayons de Miron en faisant un détour par la voix rauque de Tom Waits et le petit dernier des Coen. Derrière son écran, elle vous prépare son prochain jet, accompagnée de son grand félin roux, d’une dizaine de romans sur les genoux et d’un trop plein de culture à répandre

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