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«Flexitarisme» ou le besoin de tout étiqueter

Un peu à la manière de Fanie, la fille végétale, et de Marie-Ève, la végane autrement, j’avais envie de partager les détails de mon mode de vie alimentaire. Pourquoi? Je ne sais pas trop… Parce que les gens ne comprennent souvent pas trop où je me situe dans la chaine omnivore de la vie, je pense. Je me demandais comment introduire mon article, lorsque je suis tombée sur un article du Nutritionniste urbain, qui a plus ou moins rapport à mon sujet, mais dont le passage suivant m’a fait réagir :

Derrière cette phrase [Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es.] reprise ad nauseam, se cache un fait qui m’a toujours fasciné. L’alimentation est liée à l’identité. Ce qu’on décide de mettre en bouche nous définit, et ce, d’une façon aussi importante que la musique qu’on écoute, les vêtements que l’on porte, la langue que l’on parle ou notre origine culturelle.

Et voilà, c’est ça! J’ai besoin de parler de mes habitudes alimentaires parce que les gens veulent comprendre qui je suis. Mon identité et la perception des autres dépendent de ce que je mets dans mon assiette. Alors voici : selon les terminologies de la nourriture, je serais flexitariste. Ce mot peu agréable à écrire et à prononcer veut dire que la personne, aussi appelée semi-végétarienne, se conforme à un régime végétarien, sauf lorsque c’est impossible. C’est pour ça que je mange de la viande quand je vais chez maman, au lieu de lui imposer mon végétarisme. Genre. Je serais donc une végétarienne qui tient plus ou moins à ses convictions…

Ma relation amour-haine avec la viande

Je me souviens, quand j’étais petite, j’ai eu un moment où je refusais de manger de la viande « parce qu’il y a du gras ». La vue des lanières graisseuses me coupait l’appétit, apparemment. Ma mère enlevait alors les petits bouts de gras, les retirait de mon assiette et me redonnait ladite assiette afin que je termine mon repas. N’ayant plus de barrière visuelle, je mangeais mon morceau de viande. Mais il me semble que c’était tout de même à contre coeur… À moins que ma mémoire ne soit trafiquée.

Beaucoup plus tard, à 17 ans, je suis allée en appartement. Loin de maman, je devais me faire à manger toute seule, mais aussi faire l’épicerie toute seule. Chaque fois, j’achetais de la viande, souvent une poitrine de poulet ou du boeuf haché. Par habitude. Parce que j’en avais vu dans le réfrigérateur depuis toujours. À la longue, je me suis tannée. J’ai réalisé que je ne connaissais pas tant de recettes que ça et que refaire toujours les mêmes m’ennuyait. J’en suis même venue à en jeter, inévitablement, presque à chaque fois. J’ai donc décidé d’arrêter d’en acheter. Non, je ne connaissais pas grand chose en alimentation, en nutrition ni, pour ainsi dire, en santé. Mais je ne pense pas avoir manqué de protéines ou de vitamines, parce que j’ai continué de manger de la viande au resto, chez des amis et chez mes parents et j’ai aussi continué de me payer du poisson ou des fruits de mer lorsque mon budget me le permettait. C’était normal d’avoir de la viande dans mon assiette et j’imaginais mal 3 repas par jour sans elle.

Puis, à la fin de 2012, mon amie Arianne a décidé de perdre du poids. N’étant pas quelqu’un qui fait les choses à moitié, elle s’est intéressée à toutes sortes de régimes/modes de vie différents, en se questionnant également sur les répercussions sur sa santé physique et mentale. Je l’ai accompagnée dans son cheminement, par curiosité et surtout parce que je suis such une bonne amie! Au travers de ses expérimentations, l’une des approches qu’Arianne a préférée (et moi aussi, je dois l’avouer) a été la nourriture crue et végane. Le point de départ, pour elle, a surtout été un atelier donné par Audrey Sckoropad. Pour moi, ça a été les brownies raw. 😉

Guidée par Arianne la Gourou (j’en mets un peu trop), je me suis intéressée aux smoothies verts, au lait d’amande (même si je buvais du lait de soya depuis déjà longtemps) et aux options végétaliennes. Comme j’étais dans une situation financière plutôt précaire, le tofu était définitivement un achat plus sensé que n’importe quel bout de viande. Mais ce ne sont pas que mes habitudes de consommation qui ont changé. J’ai commencé à m’interroger sur l’impact des choix que je faisais au quotidien sur l’environnement, l’économie locale et sur mon propre corps.

Aujourd’hui, j’habite avec mon copain. Zach a été élevé par des parents végétariens. Il n’avait aucune idée de ce que la viande goûte avant ses 16 ans. Inutile de vous dire que pour lui, le comfort food est toujours végé. Et c’est pas mal tout le temps lui qui fait à manger! Mais cela me rend heureuse. Je n’échangerais aucun de ses plats délicieux pour un pâté chinois. Il n’y a jamais de viande dans notre panier d’épicerie, mais on se laisse parfois tenter par quelques tranches de jambon au resto de déjeuners. Et c’est parfait comme ça. Oui, c’est vrai, on doit parfois passer un peu plus de temps à élaborer notre souper afin de trouver comment y intégrer des protéines. Mais ce moment de réflexion nous amène toujours à être encore plus enthousiastes à l’idée de manger ce délicieux repas (on est un peu trop fans de bouffe).

Je vais vous dire ce que je mange, vous déciderez qui je suis

Je l’avoue, lorsque je fais l’épicerie et que je vois quelqu’un avec un panier rempli de viande et contenant seulement un poivron et un paquet de pommes de terre, je le juge. Non, si vous m’invitez à souper chez vous je ne cracherai pas sur votre nourriture parce qu’elle contient de la viande (qui refuse de la bouffe gratuite, vraiment?). Oui, il m’arrive de commander une poutine au porc effiloché au restaurant. Non, je ne demanderai pas à ma mère de changer ses bonnes recettes qu’elle fait depuis des dizaines d’années pour en retirer les produits d’origine animale. Oui, lorsque je lis un menu, je spot les repas végétariens en premier. Si vous ouvrez mon réfrigérateur, il y a du lait d’amande et jamais de lait de vache, mais il y a du yogourt et du fromage. J’avoue préférer le gout des végé-burgers à celui des boulettes régulières et me demander pourquoi le bacon est aussi populaire. Mais je donnerais n’importe quoi pour une énorme assiette de sushis! Et oui, lors d’un événement spécial où le repas est fourni, je choisirai toujours l’option végé. Si l’on se demande où aller souper ce soir, il y a de bonnes chances que dans le lot de propositions, j’y glisse des restos vegan. Les quelques fois où je mange de la viande, j’aime bien celle qui ne goûte pas un animal en particulier. La saucisse, par exemple, ou encore la viande qui baigne dans une sauce délicieuse qui cache le goût initial.

Appelez-moi flexitariste si ça vous chante, semi-végétarienne, omnivore incertaine ou encore hippie qui se pense au-dessus du reste de la société. Le fait est que je mange what ever I want, whenever I want it. C’est juste que what ever I want, c’est plus souvent une salade qu’un steak saignant. Ou des biscuits, c’est bon les biscuits.

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