Littérature québécoise
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Poutine pour emporter : Un premier roman hautement réussi

Tout m’attirait de ce roman aperçu en librairie, mis à part son emplacement sur la dernière étagère à la hauteur de mes pieds, à peine visible, mais personnellement j’aime bien feuilleter un livre assise sur le plancher. Alors je m’installe et prends ce livre d’un vert fluo de Marie Eve Gosemick, avec une première de couverture invitante par son originalité. La quatrième l’est tout autant : «J’ai servi des poutines pendant quatre ans de ma vie, quatre années à sentir la cantine.», avec un résumé qui éveille les intérêts et sème la curiosité. Direction la caisse.

On plonge donc dans l’histoire de Fred Proulx, Rimouskois habitant Montréal, né un 1er novembre, qui trouve sa vie monotone, où tout ce qui l’ambitionnait semble s’évanouir devant lui et qui vit le quaterlife crisis. Après un échec en amour, un échec au travail, un échec aux études, Fred a un goût de renouveau. Ses amis, qui peinent à l’aider, lui  proposent donc de partir pour un temps fixé d’une année en Colombie pour aller vivre, se découvrir.

Ce roman est donc le récit d’un périple en Amérique du Sud par un jeune homme cherchant un but à sa vie. Lors de ce voyage, Fred va apprendre à se connaître, et vivra plusieurs aventures passant d’un trip d’Opium, le Carnaval de Barranquilla, des excursions en nature, des filles, et plus encore. On suit un personnage qui veut se découvrir autant au plan physique que moral, mais un accident vient brimer cette accalmie et un dur retour à la réalité s’impose à Fred.

Teresa m’avait invité chez elle pour une noche espiritual. Comme l’idée que je me faisais d’une soirée spirituelle ressemblait à nous deux tout nus avec des chandelles, c’est assez rapidement que je m’étais rendu chez elle. (Page 150)

Un roman à la road-trip qui donne envie de tout laisser derrière pour vivre de nouvelles expériences un peu comme Sur la route de Jack Kerouac ou Voyage au bout de la solitude de Jon Krakauer. Un roman qui fait voyager par la finesse des détails de Marie Eve Gosemick et qui permet de s’évader le temps de sept longs chapitres.

Une caractéristique du livre que j’ai rapidement remarquée, est le vocabulaire que l’auteure choisi d’utiliser dans la globalité du roman. Elle emploie un vocabulaire purement québécois qui ajoute une authenticité éclatante au livre. On lit les dialogues exactement de la même manière que les personnages les aurait dit. Il y a également beaucoup d’anglicismes, encore une fois, personnellement, je trouve que ça ajoute au naturel des conversations des personnages, car l’ajout d’anglicismes est énormément répandu dans notre langue québécoise.

 – Tu réalises que ça fait presque dix ans qu’on est majeurs, Olive ? On dirait que j’ai rien fait.                                                                                    

– Ben là, charrie pas.                                                                                        

– En tout cas, j’imaginais pas ça comme ça.                                                  

– Non, toi, à c’t’âge-là, tu voulais être joueur de soccer professionnel        

-Pis chu pas mal loin de ça, j’ai même pas rencontré Ronaldinho. J’ai pas d’grosse job non plus, ça valait la peine de m’taper des stages non rémunérés. (Page 37)  

J’ai également apprécié à quel point l’auteure fait un portrait efficace de Montréal et de la société comme elle est aujourd’hui. C’est un livre très moderne et ça permet au lecteur de la génération Z, plus particulièrement, de s’identifier et de se reconnaitre à travers les lignes emplies de justesse de l’auteure.

J’aimerais donc recommander ce livre à toute âme qui se sent perdue au cours de sa vie, qui a l’impression d’être constamment dépassée par celle-ci. Ce livre ne vous apportera pas nécessairement une solution, mais vous permettra de vous apaiser, de vous sentir plus léger l’instant de quelques heures et de plonger à travers 236 pages magnifiquement bien écrites.

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« Je crois que s’il y a autant d’opinions que de têtes, il y a aussi autant de façons d’aimer qu’il y a de cœurs. » (Anna Karénine, Tolstoï) Je suis une optimiste de la vie, je crois que tout arrive pour une raison et que le meilleur est toujours à venir. Étudiante en écriture de scenario et création littéraire à l’Université de Montréal, les livres ont toujours fait partie de ma vie. Je suis une amoureuse de la nature, lire au sommet d’une montagne est un idéal pour moi, autant que relaxer dans mon bain un bouquin à la main. Mon programme d’étude m’encourage à me surpasser et me fixer des objectifs, comme celui d’écrire un roman avant mes 25 ans. Le cinéma est également une passion pour moi, me réjouissant sans cesse de films de la nouvelle vague française. Mes deux passions sont donc en parfaite symbiose pour une amoureuse de l’art comme moi.

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