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Une mort annoncée, mais pas évitée

Chronique d’une mort annoncée, de Gabriel García Márquez, est une œuvre beaucoup moins imposante et chargée que L’amour au temps du choléra, que j’ai lu sensiblement à la même période, l’année dernière. Cependant, j’ai retrouvé à l’intérieur de ce court roman de 133 pages tout ce qui caractérise l’auteur colombien. Pas de suspense La première phrase du livre l’énonce d’emblée: Santiago Nasar va mourir. Même le titre évoque directement sa mort. L’histoire n’est donc pas une montée du suspense jusqu’au moment où on découvre si le principal intéressé survivra, mais plutôt une reconstitution des moments ayant précédé sa mort, qui était effectivement annoncée. L’histoire prend place lorsque le narrateur désire comprendre comment Santiago Nasar a pu être assassiné alors que tous savaient que sa mort approchait. Le jour précédant sa mort, le village entier célébrait le mariage du riche Bayardo San Roman et d’Angela Vicario. L’ambiance était à la fête jusqu’à ce que le nouveau marié ramène son épouse chez ses parents en leur reprochant de lui avoir remis une fille ayant perdu sa virginité avant leur …

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Six années de captivité racontées

Lorsqu’Ingrid Betancourt a été capturée en 2002, j’étais beaucoup trop jeune pour même me rendre compte que quelque chose de grave venait de se dérouler. Même quand elle a été libérée, en 2008, je ne comprenais pas vraiment les événements. Par contre, du haut de mes neuf ans, je réalisais tout de même que cette femme avait vécu beaucoup de choses et qu’elle avait toute une histoire. Ce n’est que dix ans plus tard que je me suis décidée à comprendre les événements, donc j’ai lu Même le silence a une fin. Le monde des FARC D’abord, cette autobiographie relatant les six ans de captivité de la politicienne franco-colombienne dans la forêt amazonienne explique le climat politique du début des années 2000. À l’époque, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) sont en conflit avec les autorités en place et kidnappent plusieurs personnalités politiques pour faire pression sur le gouvernement colombien, afin d’obtenir la libération de soldats de leur organisation. La narratrice – donc Ingrid Betancourt – raconte les jours et même les heures qui …

Raconter comme Manu Militari

D’abord connu comme rappeur depuis plusieurs années déjà, Manu Militari sait manier la plume. En 2010 à l’ADISQ, il s’est vu récompensé en gagnant le Félix pour l’album hip-hop de l’année. C’est qu’il sait raconter et ne se contente pas de rimer sur des sujets futiles. Ses sujets abordés sont souvent dénonciateurs d’inégalités, lourds et empreints de lucidité. Pour ma part, je ne l’ai découvert que récemment et ses chansons me font, depuis, tendre l’oreille chaque fois. Comme une histoire qu’on me récite. Voir ceci pour vous convaincre. Quand j’ai su qu’il sortait son premier livre en octobre dernier, sous les Éditions Stanké, j’étais évidemment enthousiaste à l’idée de mettre la main dessus. Je savais que j’allais apprécier me replonger dans son univers, cette fois version écrite. Le sourire de Leticia est un récit de voyage de l’auteur. Il s’est fait plaisir en s’évadant pour atterrir ailleurs et heureusement qu’il a écrit ses expériences, puisqu’elles se sont soldées par une première publication écrite. Et voici ce que Manu Militari y a écrit à propos du …

Gabriel García Márquez et les effluves caribéennes

Il y a des romans qui vous font voyager gratuitement dans des contrées éloignées et dans des univers singuliers, qui vous font rêver à un ailleurs fabuleux et qui vous déstabilisent en douceur de votre quotidien en vous amenant là où vous n’aviez jamais pensé aller sans bouger de votre salon. Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez vous transporte loin de la réalité québécoise, mais met en scène un monde si humain, intemporel et universel qu’il donne l’impression finalement que tout se passe juste la porte à côté. Le roman relate l’histoire de la famille Buendia sur six générations, dans un village isolé d’Amérique du Sud, Macondo. La famille Buendia, qu’un gitan a condamnée à cent ans de solitude, est emportée dans un tourbillon de révolutions, de guerre civile, de violence, de richesse, de naissances, de pertes et d’histoires d’amour tragiques. Tout au long du roman, tous les personnages sont prédestinés à souffrir de la même solitude; ils finissent pratiquement tous seuls, tristes, mais vidés par une existence trop intense. « Il mourut de …

Poutine pour emporter : Un premier roman hautement réussi

Tout m’attirait de ce roman aperçu en librairie, mis à part son emplacement sur la dernière étagère à la hauteur de mes pieds, à peine visible, mais personnellement j’aime bien feuilleter un livre assise sur le plancher. Alors je m’installe et prends ce livre d’un vert fluo de Marie Eve Gosemick, avec une première de couverture invitante par son originalité. La quatrième l’est tout autant : «J’ai servi des poutines pendant quatre ans de ma vie, quatre années à sentir la cantine.», avec un résumé qui éveille les intérêts et sème la curiosité. Direction la caisse. On plonge donc dans l’histoire de Fred Proulx, Rimouskois habitant Montréal, né un 1er novembre, qui trouve sa vie monotone, où tout ce qui l’ambitionnait semble s’évanouir devant lui et qui vit le quaterlife crisis. Après un échec en amour, un échec au travail, un échec aux études, Fred a un goût de renouveau. Ses amis, qui peinent à l’aider, lui  proposent donc de partir pour un temps fixé d’une année en Colombie pour aller vivre, se découvrir. Ce roman …