Littérature québécoise
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Les Aurores montréales : nouvelles, amours et langue

J’avais mis sur ma liste de lecture Les Aurores montréales à mon entrée au cégep, en 2009. On m’en avait parlé avec beaucoup d’enthousiasme à l’époque, mais au fil du temps, je l’ai oublié au bas de ma PAL. Mais ce n’est que dernièrement que j’ai trouvé un exemplaire usagé du recueil de nouvelles, à moitié prix, à la friperie à côté de chez moi. Il aura donc fallu sept ans avant que je m’attaque au livre de Monique Proulx.

Je n’ai pas peur de le dire : ce livre est un chef d’œuvre. À travers les 27 nouvelles (certaines très courtes, à peine trois pages, d’autres plus longues), on traverse Montréal d’un bout à l’autre : les itinérants, les immigrants, les riches d’Outremont, les prostituées rue Sainte-Catherine, les jeunes, les vieux, les amoureux, les célibataires, les hommes, les femmes, les Blancs, les Autochtones, l’anglais, le français. Il y a plusieurs pastiches dans le recueil : Proulx adresse des nouvelles à Dany Laferrière, à Mario Micone, à Patrick Cady, à Pierre Foglia, reprenant leur style, leur histoire, leurs aventures. C’est un patchwork éclectique à l’image de Montréal qui est une « ville qui additionne tellement de nouveaux visages que l’on perd toujours celui que l’on croyait enfin connaître ». (Les Aurores montréales, p. 164)

À travers la grande Histoire, on rencontre les drames intimes des gens ordinaires : un itinérant qui assiste à l’émeute de la Coupe Stanley de 1993, une Montréalaise et un Torontois qui se déchirent au rythme du référendum d’octobre 1995 (la première édition du recueil remonte à 1996), une adolescente haïtienne obsédée par Malcom X à la sortie en 1992 du film biographique à son sujet. Chaque nouvelle est bien ficelée, les personnages sont touchants, les lieux nous sont agréablement familiers (pour les Montréalais).

Le fil conducteur à travers chacune des histoires est la langue québécoise, le français de Montréal. C’est le français qui réunit chaque pièce du patchwork, comme un beau fil d’or. Les personnages sont des immigrants qui apprennent le français, ce sont des séparatistes qui ont perdu leur référendum, ce sont des écrivaines, des scénaristes, des professeurs de littérature, des journalistes. C’est peut-être là que le livre a le moins bien vieilli : Monique Proulx néglige (volontairement ou non) le Montréal anglophone qui ne cesse aujourd’hui de prendre de l’expansion. En même temps, ça donne au recueil un air rétro, un air « d’anciens temps » où l’Internet, le franglais, le Mile-End n’avaient pas encore une place d’importance dans un recueil de nouvelles sur Montréal.

Je souligne finalement la nouvelle « Léa et Paul, par exemple » qui m’a énormément touchée et à laquelle j’ai pensé longtemps après l’avoir lue. C’est triste et c’est vrai, comme le sont, au fond, toutes les nouvelles de Monique Proulx dans Les Aurores montréales.

Pour vous immerger encore plus dans l’univers de Monique Proulx, vous pouvez lire Ce qu’il reste de moi (bien que ça ait été une grande déception pour Karina…).

Cliquez ici pour voir ce livre directement sur

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2 Comments

  1. Michèle Morin says

    J’ai bien aimé « Ce qu’il reste de moi », et vous me donnez bien envie de lire celui-ci, et peut-être de l’offrir à une amie Suisse pour lui raconter ma ville. Merci pour la suggestion!

    J’aime

  2. Ping : Bonne fête Montréal! | Le fil rouge

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