Poésie et théâtre
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Découverte : La fin du monde est en osti (pis moi avec)

Poésie, poésie québécoise, colère, la fin du monde est en osti. stopstopstop,

      La colère est un sentiment que je trouve légitime. Les milieux militants que je fréquente m’ont appris rapidement à ne pas tomber dans le « tone policing » – soit la police du ton. Les gens ont le droit d’être en beau fusil, et de ne pas se taire. Publié récemment aux éditions stopstopstop, La fin du monde est en osti de Saint-Claude est un hymne à cette colère, à ce désir de la revendiquer et de l’utiliser à bon escient. La colère serait, en ce sens, politique. Ici, elle se veut également poétique.

« Le soleil est tombé

Ramassez-lé tabarnak! »

      On m’a offert ce recueil en cadeau – allô Ronan! – et je n’étais pas toute de suite prête à le lire. Je savais que ça allait me rentrer dedans. Je savais que ça allait rouvrir des plaies qui étaient encore sanguinolentes. Je l’ai gardé au fond de ma sacoche pendant près d’un mois sans l’ouvrir. Je le feuilletais parfois, mais sans jamais trop vouloir m’y plonger. Il faut savoir que ce petit livre traite d’un sujet qui me touche personnellement et qui a le potentiel de rejoindre énormément de gens malheureusement : la peur de ne jamais se relever, ou d’un jour devoir le faire, c’est selon.

            « On se dit :

            Il n’y a pas de porte de sortie.

            Il n’y a plus d’instant de bonheur.

            Il n’y a que la routine saupoudrée de tragédies.

            Il n’y a que la domination des choses à faire et des choses

            qui nous font.

            Puis on dit non. »

      L’existence humaine se transforme en lieu clos dans les textes de Saint-Claude. L’esprit humain est à la dérive, mais s’accroche encore un peu (mais juste un peu). La fin du monde est en osti est le parfait livre de poche (ou de sacoche, han) : il n’y a pas de récit linéaire, les fragments sont éparses et bien souvent inégaux. Je ne dirais pas que ce sont tous les poèmes qui sont bons puisque certains sont franchement peu originaux. Par contre, l’alternance entre la richesse de certains vers et la pauvreté d’autres renvoie le lecteur ou la lectrice à une réalité un peu plus juste, pas mal moins spectaculaire. La vraie de vraie vie, enfin.

            « La survie est un mot trompeur. On devrait dire la sous-vie. »

      Ça m’a fait du bien de souffrir pendant ma lecture. De me reconnaître dans des situations laides et peu gracieuses. Je me sentais respectée en lisant Saint-Claude, un peu comme si ce dernier ne souhaitait pas m’impressionner par sa poésie, mais plutôt me tendre un miroir à travers elle.

      La réalité est une routine bruyante et affolante. La vulnérabilité présentée dans le recueil de Saint-Claude est tranchante et inspire fortement les introspections. Je le recommande à celles et ceuux qui « trouve[nt] la vie courte, mais longue par p’tits boutes», comme le chantait notre bien-aimé Dédé.

Croyez-vous que la colère est un sentiment légitime, ou qu’elle est plutôt une nuisance?

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