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Queues, nom féminin pluriel, définition populaire : membre viril –

Je ne suis pas très poésie. J’essaie vraiment fort, mais j’ai toujours un peu de difficulté à accrocher. Pourtant, dès que j’ai vu Queues, le recueil de Nicholas Giguère publié chez Hamac (maison d’édition que j’adore!), j’ai tout de suite eu envie de le lire. Il y a de ces titres qui vous accrochent, qui vous promettent satisfaction. La poésie contemporaine a cet avantage de me raconter l’humain dans sa bestialité, dans sa sexualité et sa violence refoulée, sans romantisme ni métaphores indécidables. Il s’agit d’une accumulation de textes publiés ça et là par l’auteur, rassemblés en une petite planchette et recousus bout à bout. Il n’y a pas de chapitres, ni de titres, ni même de temps d’arrêt, pour tout dire. Le rythme de lecture varie de rapide à excessivement précipité, il ne tombe jamais dans le lent. Queues se lit d’un bout à l’autre en une seule fois, en un seul souffle qui reste coincé dans la gorge jusqu’à la fin. entre le souper et la vaisselle j’imagine que je devrais me poser …

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L’éloge de ma fragilité

tomber en amour marcher différemment l’odeur accentuée d’un carnet tout neuf y consigner une suite de pulsions inévitables regarder tout et tout le monde pour la première fois cette curiosité primitive du corps qui bat la chamade   Voilà ce qui se passe certaines fois, lorsqu’un livre se présente à nous. Voilà ce qui est arrivé, pour moi, quand j’ai ouvert Éloge de la fragilité, un essai de Pierre Bertrand. Et maintenant, je garde cap sur une vie qui s’ouvre avec une merveilleuse lucidité. Ma fragilité est géante ! Pierre Bertrand est né à Montréal en 1946. Titulaire d’un doctorat en philosophie des universités Paris-I et Paris-VIII, il enseigne depuis trente-cinq ans au collège Édouard-Montpetit, à Longueuil. […] Quelle place occupons-nous au sein du cosmos qui nous compose et que nous participons à composer? Dans cet essai qui est aussi une méditation sur l’écriture, le philosophe observe les failles et les défaillances de l’homme, ses limites, ses faiblesses, ses fragilités; autant de facteurs actifs et nécessaires à l’élan de toute création[…]. L’envie de répondre Dès …

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Le silence pour mieux (s)’entendre

J’en ai parlé brièvement dans l’introduction de mon article sur Une année à la campagne de Sue Hubbell, mais je ressens vraiment comme un besoin, parfois, de me retrouver dans le silence. Pas de bruits ambiants, que ce soit venant de mon cellulaire, de la télévision, des gens autour. Du gros silence qui emplit les oreilles comme aucun son n’arrive vraiment à le faire. Même si je suis consciente que le silence est presque impossible de nos jours et surtout à Montréal, il y a des moments où me retrouver dans le silence me réconforte et me revigore comme peu de choses le peuvent. C’est donc en lisant un article dans La Presse dans le métro en allant porter des coffrets littéraires à la Librairie de Verdun, entourée de gens et dans un environnement tout sauf silencieux, que je suis tombée sur un article qui parlait de ce livre, Un peu de silence dans cette ère si bruyante. Écrit par le Norvégien et aventurier, Erling Kagge, cet essai propose 33 chapitres pour répondre à une question …

À la recherche de la mer et du temps perdu

On rêve tous de tomber sur la parfaite lecture de vacances. Celle qui nous permettra vraiment de décompresser, de nous perdre dans un monde qui n’est pas le nôtre, mais surtout d’avoir le sentiment de s’arrêter et de prendre le temps pour s’émerveiller. On a beau arpenter les librairies, les sites Internet et les suggestions de nos amis, rien n’y fait; on ne trouve jamais la perle rare. Car rien n’est moins sûr qu’un excellent livre. C’est notre propre perception qui influence nos choix, nos intérêts. Et ce qui fait un bon livre à bien des égards n’en déçoit pas d’autres pour autant. C’est une entreprise difficile certes, jusqu’au moment où vous le trouvez. Caché dans le fond d’une bibliothèque, ce livre dont vous ignorez tout est sur le point de vous hypnotiser pendant des semaines, et vous ne savez même pas encore dans quoi vous vous engagez vraiment. C’est cette histoire d’amour que j’ai vécue le mois dernier alors que je suis partie découvrir l’Amérique centrale durant quelques semaines. Ayant angoissé pendant plusieurs semaines …

Un soir de juin, la poésie a pris toute sa place — Chapitre II

 Ce matin, je cherche l’écriture dans le vol des oiseaux.  Michel Pleau  Sublimer le jour et la nuit Ce soir de juin, j’étais assise dans la salle de spectacle, très intime, de la Vieille Usine, entourée de mes amis et nous étions tous attentifs à la poésie qui déferlait sur nous. À la suite du spectacle, nous étions tous fébriles, une forte impression d’être différents, nous ne pouvions nous quitter ainsi. Alors nous nous sommes rattaché les uns, les autres, cette nuit-là, mais aussi les jours suivants et même si la saison file comme l’éclair, la poésie reste imprégnée sur nos peaux de sensibles, de curieux et de vivants. Avec d’autres, nous avons commencé à poser des gestes poétiques. Des carnets d’écriture à deux. Des échanges de bouts de papier contenants des fragments, offerts, comme on offre des fleurs sauvages. Des désirs de se réunir pour se lire nos poèmes favoris. Des recueils en circulation. Ce ne sont que des petits gestes, mais ils nous font vibrer et ils permettent à la poésie de continuer …

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L’un l’autre les uns les autres, s’observer

Comme c’est souvent le cas pour les livres qui deviennent de beaux coups de cœur (ceux dont je ne veux plus me séparer), il s’agit de lectures que je laisse venir à moi par un amoncellement de synchronies. Ici, je vous parle de ma rencontre avec Moi aussi, un carnet écrit en dialogues de Sylvie Cotton et Nathalie de Blois. Je ne pouvais souhaiter plus grande source d’inspiration pour le moment où je me situe dans ma vie intime et créative. Aujourd’hui, je décide de mélanger mes deux passions : la littérature et les arts visuels. Elles se lient en moi pour me permettre de trouver un certain équilibre et pour définir mon langage intérieur et intime, celui que je partage ensuite avec d’autres âmes sensibles. La petite histoire qui suit en est une de rencontres entre plusieurs personnes pour qui le partage est forgé d’empathie, de désir de liberté, de curiosité et de passion. Nadia, Joëlle et Eric, c’est un genre d’hommage que je vous rends avec ce texte, votre passage dans ma vie …

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Le phénomène du « rush » de lecture

Lorsque j’étais jeune, je pouvais passer des heures à m’adonner au plaisir de la lecture. Et quand je dis des heures, j’entends six à huit heures, voire dix, dans une seule et même journée. J’appréciais particulièrement les vacances de Noël et d’été pour cette raison. Je dois avouer qu’à l’époque je n’avais pas les internets, un cellulaire et Netflix, responsable numéro un de ma procrastination depuis 2014, pour dérober mon temps précieux. Bref, les livres représentaient mon unique bien. Depuis, les choses ont bien changé. Déjà, impossible pour moi de rester devant un livre pendant plus de trois heures et là, je suis généreuse. Quand ce ne sont pas mes pensées qui quittent le livre pour aller voir ailleurs si j’y suis, c’est mon cellulaire qui me rappelle que j’ai une notification Facebook. Il demeure que j’aime encore lire. En fait, j’oserais affirmer que j’aime toujours autant lire, mais évidemment, le mode de vie adulte ne nous donne pas toujours autant d’opportunités, et ce, bien que mon emploi en enseignement et mes études en littérature …

L’Adversaire, le récit d’un homme insaisissable

L’œuvre postmoderne se caractérise par des personnages marginaux, un mélange de plusieurs genres accompagné d’une fragmentation du style d’écriture. Retrouver tout ça dans un même ouvrage, ça reste assez rare et en faire une très bonne histoire, encore plus. Or L’Adversaire d’Emmanuel Carrère y parvient. Le coeur du récit L’Adversaire, c’est l’histoire d’un homme : Jean-Claude Romand. Mélangeant fait divers, roman policier, autobiographie et biographie, Carrère y relate le meurtre sanglant de la femme et des deux enfants de Romand. Toutefois, ce crime terrible en cache d’autres. En effet, Jean-Claude Romand, réputé médecin de l’OMS à Genève en Suisse s’avère n’avoir jamais mis les pieds dans cette organisation. Plus le procès approche, plus des éléments déroutants sur sa vie sont découverts. Celui-ci n’a jamais terminé ses études en médecine, mais assistait tout de même aux cours faisant croire à ses camarades qu’il faisait partie des leurs. Jean-Claude Romand est même allé jusqu’à s’inventer un cancer.  Les mensonges s’empilent et se multiplient, mais en réalité, qui est donc cet homme ? Comment se fait-il que personne n’ait …

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Ville-Marie en deux temps

Montréal est une ruche, constamment bourdonnante et frénétique. Même si New York porte le titre de la ville qui ne dort jamais, Montréal ne ferme pas les deux yeux en même temps. J’ai aménagé dans le quartier Ville-Marie durant l’année de mes 21 ans et j’ai rapidement trouvé un emploi en plein cœur du centre-ville, au centre Eaton. Sans hésiter, j’ai quitté le nid familial, confortablement installé en banlieue, pour plonger tête première dans la vie citadine! L’énergie de Ville-Marie ressemble, selon moi, à ce qui se vit dans les grandes villes comme New York ou Paris. Ce n’est pas un secret pour personne : il y a du trafic en tout temps et la foule est dense. Une symphonie de bruits en tout genre résonne dans les rues : klaxons, rires, bruits de pas, pleurs de bambins, sonneries quelconque… Les gens y sont pressés, entassés comme des sardines sur les trottoirs sales, leurs yeux et leurs oreilles rivés sur l’écran de leur cellulaire. La plus grande particularité, selon moi, c’est qu’on y entend un mélange étrange …

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Le coup de coeur à retardement

À partir de quel moment considère-t-on un simple objet comme une toile ou une feuille de papier comme un livre ? Où se situe la ligne entre l’objet et l’art ? À mon avis, c’est à partir de l’instant où celui-ci engendre une réflexion, pousse l’observateur à des questionnements. À notre époque, une ère de consommation rapide et abusive, notre perception de l’art se transforme petit à petit et notre approche vis-à-vis celle-ci en fait de même : notre niveau de concentration a baissé, nos occupations se font de plus en plus nombreuses, le temps accordé à l’art se fait plus restreint. Or, les artistes et les amateurs sont encore très présents. #littérature Du côté de la littérature, plus spécialement, on voit partout sur les réseaux sociaux des #bookaddict et des #booklover qui possèdent l’équivalent d’une bibliothèque complète chez eux et qui lisent un roman tous les deux jours. En naviguant sur ces plateformes, je me suis demandée : est-ce que ces personnes prennent vraiment le temps de savourer tous ces livres et de les comprendre afin …