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Motherhood : être ou ne pas être mère

Dans ce livre difficile à catégoriser, l’autrice canadienne Sheila Heti se questionne sur la maternité et sur le désir -ou pas- d’avoir un enfant. Elle commence à écrire ce livre vers 36 ans et elle sent qu’il ne lui reste plus autant de temps qu’avant pour prendre sa décision. On sent rapidement le sentiment d’urgence qui perd en importance au fil des pages. Ce qui m’a attiré vers ce livre, ce sont les premières pages : l’autrice pose des questions en utilisant la méthode Yi Ching. Les réponses à ses questions sont donc aléatoires et elle tente d’avoir une conversation de cette manière, de trouver un sens à ses interrogations. À l’image d’une discussion qu’on pourrait avoir avec soi-même dans son esprit, les premières pages m’ont charmée par la vulnérabilité avec laquelle l’autrice aborde ses propres tourments et obsessions. Elle utilisera aussi le tarot, les rêves et les étapes du cycle menstruel pour l’aider à voir plus clair ce qu’elle désire sincèrement. Ce livre, c’est une méditation bruyante sur ce désir de prendre position sur la …

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La lecture de bandes dessinées est-elle moins valorisante que la lecture de romans?

Depuis quelque temps, j’entends un commentaire récurrent qui me titille les oreilles. Il prend la forme suivante : « Je ne lis que des bandes dessinées ces temps-ci, mais ça ne compte pas pour de la lecture. » Ce à quoi je rétorque : « Ah oui? Pourtant, la lecture c’est de la lecture, non? » Je ne comprends pas cette tendance à considérer la lecture de bandes dessinées comme moins valorisante, moins pertinente. Ce genre de propos me donne l’impression que les seules lectures qui valent la peine d’être mentionnées comme telles sont celles issues des grands classiques. Bref, j’entends : « Tu ne lis pas si tu ne lis pas du Proust, du Flaubert ou du Zola. » Évidemment, vous l’avez peut-être déjà compris, je suis totalement en désaccord avec cette façon de penser et je tiens à vous prouver en quoi la lecture de bandes dessinées compte à mes yeux comme de la lecture à part entière. Valoriser la diversité Je ne le dirai jamais assez, s’ouvrir à la diversité est le moyen le plus sûr pour devenir …

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Mon défis d’écriture : Un haïku par jour pendant un an

À la fin de l’année 2015, j’ai souhaité me fixer un objectif d’écriture pour l’année suivante. Je ne savais pas encore comment, mais je sentais en moi un besoin urgent de réaliser quelque chose, de créer. Avec trois enfants à la maison, je ne dispose que de brefs moments pour moi, souvent sollicitée, souvent interrompue. Je trouve du temps, mais il est souvent morcelé, comme des petits bouts de papiers que j’ai bien du mal à mettre bout à bout parfois. Je perds souvent le fil de mes pensées… De ce constat est apparue l’idée du haïku. Ces petits instants de vie pris sur le vif, tels des clichés photographiques de nos émotions. Et si je faisais de mes petits bouts de papier une page entière, voire un carnet tout entier? J’avais mon fil (rouge): un haïku par jour pendant 365 jours! De la rigueur et de la constance Le principe était simple. Tous les soirs, avant de me coucher, j’écrirai sur une page de mon carnet un haïku résumant ma journée, ou du moins …

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Rien du tout! Éloge de la lenteur à l’usage des enfants… et de leurs parents!

Avec sa couverture tout en douceur et ses illustrations aux couleurs pastel, Rien du tout! de Marie-Hélène Jarry et Amélie Dubois est un album jeunesse qui apporte un beau regard sur l’écoute de soi, la lenteur, la créativité et l’art de ne rien faire! Trop de livres éducatifs ? Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir des enfants, mais à chaque rentrée littéraire, j’observe une recrudescence de livres pour enfants. Cette année ne fait pas exception: le dernier Salon du Livre que nous avons fait était majoritairement consacré à la littérature jeunesse. Dans un certain sens, je trouve cela très bien, et d’un autre côté… je suis souvent déçue par le contenu des ouvrages. Je remarque que pour beaucoup d’entre eux l’aspect «éducatif» prime trop sur le contenu. Faut-il absolument que pour qu’un livre soit «bon», il ait une valeur éducative? Ce serait un sujet à débattre… L’enfant ne peut-il simplement lire pour son propre plaisir sans que nous cherchions, en tant qu’adulte, à nous rassurer sur nos choix? Beaucoup de livres abordent des …

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Quel personnage de roman êtes-vous? Les fileuses témoignent

Il y a des livres dont les personnages nous touchent plus particulièrement. Que ce soit par leur attitude, leur situation, leurs traits de caractère, leur histoire… Et si ce personnage, c’était nous? Selon notre état d’esprit du moment, notre propre histoire ou notre vécu, nous allons nous attacher à un personnage en particulier. N’avez-vous pas remarqué? De même que certains nous énervent, nous titillent, nous font sortir de nos gonds, je remarque  pour ma part que je suis souvent attirée par un trait de personnage, parce qu’il renvoie une certaine image de moi, quelqu’un qui me ressemble (ou à qui j’aimerais ressembler!). Cette façon de s’identifier me rassure, me conforte ou a contrario me confronte… Des rôles différents Quand je choisis un ouvrage, je me rends compte que j’ai, bien sûr, tendance à me tourner vers une histoire qui me ressemble, me touche ou me pousse à la réflexion. Il en va de même pour les personnages. Durant toutes mes années de lecture, je me suis vue sous les traits de toutes sortes de personnages, …

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Découverte : La fin du monde est en osti (pis moi avec)

      La colère est un sentiment que je trouve légitime. Les milieux militants que je fréquente m’ont appris rapidement à ne pas tomber dans le « tone policing » – soit la police du ton. Les gens ont le droit d’être en beau fusil, et de ne pas se taire. Publié récemment aux éditions stopstopstop, La fin du monde est en osti de Saint-Claude est un hymne à cette colère, à ce désir de la revendiquer et de l’utiliser à bon escient. La colère serait, en ce sens, politique. Ici, elle se veut également poétique. « Le soleil est tombé Ramassez-lé tabarnak! »       On m’a offert ce recueil en cadeau – allô Ronan! – et je n’étais pas toute de suite prête à le lire. Je savais que ça allait me rentrer dedans. Je savais que ça allait rouvrir des plaies qui étaient encore sanguinolentes. Je l’ai gardé au fond de ma sacoche pendant près d’un mois sans l’ouvrir. Je le feuilletais parfois, mais sans jamais trop vouloir m’y plonger. …

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Les albums œuvre-d’art de Thierry Dedieu

Pendant les quatre années de mon baccalauréat en enseignement primaire, un seul cours de littérature jeunesse figurait à mon cursus scolaire, et c’est le cours qui m’a le plus profondément marquée. J’étais en deuxième année seulement et pourtant, je me rappelle être sortie du premier cours avec une certitude : un jour, j’enseignerais avec la littérature jeunesse. Pendant cette session, j’ai acheté les premiers albums qui allaient faire partie de ma future bibliothèque de classe. Ma prof d’alors, responsable de plusieurs coups de cœur littéraires qui allaient devenir des incontournables pour moi, m’a entre autres fait découvrir l’auteur-illustrateur Thierry Dedieu. C’est d’un de ses albums de Noël, À la recherche du Père Noël, dont j’avais envie de vous parler pour mon tout premier article sur le blogue ! Un album œuvre-d’art. À la recherche du Père Noël est vraiment devenu un classique de la période des fêtes dans ma classe. Chaque année, lorsque je le sors de mon armoire, à peu près en même temps que la première neige, je retrouve le même plaisir. Il faut dire que …

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Queues, nom féminin pluriel, définition populaire : membre viril –

Je ne suis pas très poésie. J’essaie vraiment fort, mais j’ai toujours un peu de difficulté à accrocher. Pourtant, dès que j’ai vu Queues, le recueil de Nicholas Giguère publié chez Hamac (maison d’édition que j’adore!), j’ai tout de suite eu envie de le lire. Il y a de ces titres qui vous accrochent, qui vous promettent satisfaction. La poésie contemporaine a cet avantage de me raconter l’humain dans sa bestialité, dans sa sexualité et sa violence refoulée, sans romantisme ni métaphores indécidables. Il s’agit d’une accumulation de textes publiés ça et là par l’auteur, rassemblés en une petite planchette et recousus bout à bout. Il n’y a pas de chapitres, ni de titres, ni même de temps d’arrêt, pour tout dire. Le rythme de lecture varie de rapide à excessivement précipité, il ne tombe jamais dans le lent. Queues se lit d’un bout à l’autre en une seule fois, en un seul souffle qui reste coincé dans la gorge jusqu’à la fin. entre le souper et la vaisselle j’imagine que je devrais me poser …

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L’éloge de ma fragilité

tomber en amour marcher différemment l’odeur accentuée d’un carnet tout neuf y consigner une suite de pulsions inévitables regarder tout et tout le monde pour la première fois cette curiosité primitive du corps qui bat la chamade   Voilà ce qui se passe certaines fois, lorsqu’un livre se présente à nous. Voilà ce qui est arrivé, pour moi, quand j’ai ouvert Éloge de la fragilité, un essai de Pierre Bertrand. Et maintenant, je garde cap sur une vie qui s’ouvre avec une merveilleuse lucidité. Ma fragilité est géante ! Pierre Bertrand est né à Montréal en 1946. Titulaire d’un doctorat en philosophie des universités Paris-I et Paris-VIII, il enseigne depuis trente-cinq ans au collège Édouard-Montpetit, à Longueuil. […] Quelle place occupons-nous au sein du cosmos qui nous compose et que nous participons à composer? Dans cet essai qui est aussi une méditation sur l’écriture, le philosophe observe les failles et les défaillances de l’homme, ses limites, ses faiblesses, ses fragilités; autant de facteurs actifs et nécessaires à l’élan de toute création[…]. L’envie de répondre Dès …

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Le silence pour mieux (s)’entendre

J’en ai parlé brièvement dans l’introduction de mon article sur Une année à la campagne de Sue Hubbell, mais je ressens vraiment comme un besoin, parfois, de me retrouver dans le silence. Pas de bruits ambiants, que ce soit venant de mon cellulaire, de la télévision, des gens autour. Du gros silence qui emplit les oreilles comme aucun son n’arrive vraiment à le faire. Même si je suis consciente que le silence est presque impossible de nos jours et surtout à Montréal, il y a des moments où me retrouver dans le silence me réconforte et me revigore comme peu de choses le peuvent. C’est donc en lisant un article dans La Presse dans le métro en allant porter des coffrets littéraires à la Librairie de Verdun, entourée de gens et dans un environnement tout sauf silencieux, que je suis tombée sur un article qui parlait de ce livre, Un peu de silence dans cette ère si bruyante. Écrit par le Norvégien et aventurier, Erling Kagge, cet essai propose 33 chapitres pour répondre à une question …