Chroniques d'une anxieuse
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Chroniques d’une anxieuse : ils disent

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Ils disent que mon sens de survie est plus accru que la moyenne des gens.

J’suis toujours en panique. Prête à sacrer une volée. À casser des yeules. Prête à prendre la fuite. Comme si le danger se trouvait à chaque tournant.

En prenant ma pression artérielle, ma médecin de famille m’a dit : « ben voyons donc, calme toi, on dirait qu’un ours te court après! ». C’est peut-être son sarrau blanc qui m’inspirait pas confiance. Ou que j’avais la chienne qu’elle me trouve un cancer. Mais mon pouls disait que j’étais prête à courir le marathon, drette là. Et je savais pas comment faire pour le slow down un peu.

J’avais l’impression qu’à force de me démener comme une malade, mon cœur allait lâcher. Qu’il allait me laisser tomber dans le métro à force d’imaginer que tout était sur le point d’exploser. Que c’était pas bon pour ma santé d’être sur le qui-vive de même en attente d’une catastrophe-pas-belle-qui-fait-revoler-des-affaires-avec-des-explosions-pis-toutte. Une catastrophe qui me priverait de tout.

Pas de break, jamais.

Ils disent que l’anxiété c’est comme être sur les nerfs tout le temps.

Ils disent que c’est comme si on avait de l’adrénaline qui nous courait dans les veines même quand on est étendu bien peinard dans notre hamac sur notre balcon (mais qu’on pense qu’un avion va s’écraser sur notre appartement pendant qu’on est bien peinard dans notre hamac).

Ils disent qu’un trouble de l’anxiété généralisé, c’est être en état de peur presque 24 heures sur 24. Fun fact en criss leur affaire.

Après un mois de consultation, monsieur M. m’a dit que je ne pourrai jamais devenir une personne pas-anxieuse-pantoute. Ça m’a fait chier. Ça m’a scié le cœur en deux avec une hache pis des échardes. J’étais là pour quoi debord à l’écouter déblatérer ses théories cognitivo-comportementales?

Il s’est levé, a traversé son bureau vers un petit tableau blanc, a pris un crayon et a dessiné un graphique rudimentaire. Il y avait un petit point très haut dans le graphique qui me représentait et une ligne très basse qui désignait le reste du monde.

« Toi t’es là, en haut. Tu ne pourras jamais être là, en bas. Être une personne qui vit sans anxiété. Il te manque de quoi dans ton cerveau, c’est chimique. Tu seras toujours une femme anxieuse. Par contre, tu peux te rapprocher de la ligne le plus possible en travaillant sur toi et c’est pour ça que je suis là. On va travailler ensemble à te rapprocher de cette foutue ligne. »

Cette journée-là, il y a comme de quoi qui s’est débloqué. Un rouage qui s’est mis à tourner dans le bon sens. Un engrenage rouillé qui a compris son utilité. Un mécanicien m’a réparée. Je ne peux pas être autre que moi. Fallait que j’apprenne à vivre avec mon anxiété. Monsieur M. me l’a dit, c’était chimique, il me manquait de quoi, c’tait toutte. C’pas compliqué. Je ne pourrai jamais faire partie de la ligne. De la masse. Je me devais d’apprivoiser mon état. Je serai toujours anxieuse, peu importe. Mais je pouvais l’être moins.

Il y avait de l’espoir, maintenant.

Fallait apprivoiser la bébitte noire. Pis l’aimer beaucoup.

Ils disent que l’anxiété c’est comme être sur les nerfs tout le temps, mais ils ont oublié de dire qu’on peut s’en sortir, aussi.

En travaillant les engrenages rouillés. En les entraînant d’aller du bon côté.

Un jour à la fois.

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