Littérature québécoise
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Encabanée ou retrouver un sens à sa vie dans les bois

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Parfois, juste avec le titre et un paragraphe de résumé, je me fais de grandes idées sur un roman. Il me le faut tout de suite. Je me dis qu’il a été écrit juste pour moi. Qu’il va me révolutionner ! En quelques secondes, j’ai construit dans ma tête toute l’histoire d’amour que je vivrai avec ce livre et il me le faut tout de suite.

Quand les éditions XYZ ont annoncé la sortie du livre Encabanée de Gabrielle Filteau-Chiba sur leur page Facebook, j’ai tout de suite été interpellée. On aurait dit que j’attendais ce roman depuis des mois, alors que je n’avais pourtant aucune idée de qui était l’autrice (c’est sa première parution).

Gabrielle Filteau-Chiba y raconte l’histoire d’Anouk, qui a décidé de quitter sa vie montréalaise et professionnelle pour s’installer, seule, dans une minuscule cabane au Kamouraska. Le récit est inspiré de son propre fait vécu et est présenté comme un petit journal de bord. Elle y relate précisément quelques jours en janvier ou le mercure a chuté drastiquement, qu’il n’y avait plus moyen de faire fonctionner sa voiture et que les panneaux solaires ne fournissaient plus en électricité.  Pour survivre à la peur, elle décide de tout écrire ce qu’elle ressent jour après jour.

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Un roman rappelant ma démarche de partir vivre à la campagne

Comme je l’ai déjà mentionné dans une de mes chroniques du début de l’année, j’ai récemment déménagé à la campagne. C’est surtout pour cela qu’Encabanée m’a interpellée à sa sortie.

J’ai expliqué que je désirais me lancer dans un projet d’autosuffisance. Cependant, ce n’est pas la seule raison de mon départ de la ville. J’étais fatiguée de ne voir que des murs de brique et des voitures bruyantes. Pendant les derniers mois avant mon déménagement, j’allais tout le temps me réfugier au Jardin botanique. J’avais envie de m’installer là dans le calme et la simplicité, mais il fallait toujours revenir dans la circulation, les klaxons et les prises de tête inutiles.  J’avais envie de plus. J’avais soif de vrai. Et je me disais que le vrai, c’est-à-dire le concret, se trouvait dans la nature. Alors j’ai décidé de me lancer et de partir.

Pour commencer, j’ai choisi un entre-deux. Pour ne pas trop tout brusquer.

J’habite au milieu de champs et de boisés, mais je suis à 10 minutes de supermarchés et restaurants. Les voitures, je les vois encore passer à intervalle régulier devant mon terrain. Dans un deuxième temps, je m’isolerai sûrement plus.

Anouk, le personnage principal d’Encabanée, a décidé de passer tout de suite aux extrêmes. Elle s’est enfermée dans un refuge complètement isolé au bord de la rivière Kamouraska. C’est admirable, mais en même temps très intense. Elle cherche surtout la solitude. De mon côté, j’aime bien garder le contact avec les gens; je ne cherchais pas à m’isoler complètement. Par contre, je me retrouve parfaitement dans son appel de la nature et son désir de retourner à des valeurs plus concrètes. Des valeurs auxquelles on ne prête plus du tout attention en ville.

Être autonome. Réapprendre à se débrouiller sans Internet, sans téléphone ou diverses applications. Faire confiance à la nature.

Retrouver le vrai sens de la vie.

« Je ne veux pas de votre argent, ni vivre l’asservissement du neuf à cinq et ne jamais avoir le temps de danser. Rêver d’un bal comme d’une retraite anticipée ou d’un voyage tout inclus avec un prince de Walt Disney. Pas pour moi. Je veux marcher dans le bois sans jamais penser au temps. Je n’ai pas besoin de montre, d’assurances, d’hormones synthétiques, de colorant à cheveux, de piscine hors terre, de cellulaire plus intelligent que moi, d’un GPS pour guider mes pas, de sacoche griffée, de vêtements neufs, d’avortements cliniques, de cache-cernes, d’antisudorifiques bourrés d’aluminium, d’un faux diamant collé sur une de mes canines, ni d’amies qui me jalousent. De toutes ces choses qui forment le mirage d’une vie réussie. Consommer pour combler un vide tellement profond qu’il donne le vertige. »

Ces mots ont raisonné fort en moi.

Quelques déceptions au cours de ma lecture

Cependant, je dois avouer que je suis un peu déçue du roman. Il est très bien écrit et le style nous plonge parfaitement dans l’univers de froid et de solitude d’Anouk. Mais il est trop court. 90 pages bien tassées. Les dernières pages du livre défilent trop abruptement. Elles contrastent trop avec le reste du livre dans la lenteur. On sent un peu trop la volonté d’en finir vite. Il aurait gagné à être peaufiné.

Et j’en aurais voulu plus. J’aurais aimé me faire raconter les 4 saisons. Pas seulement les quelques pires jours de l’année.  Je suis restée sur ma faim, frustrée. J’avais probablement trop d’attentes!

Le fil rouge remercie les éditions XYZ pour le service de presse.

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