Littérature étrangère
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Plath selon Galignani

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Commençons avec une bien triste affirmation, une désolante confession : je n’avais jamais entendu le nom de Sylvia Plath avant de me mettre à lire Mourir est un art, comme tout le reste. J’ai donc découvert cette poétesse américaine en même temps que ce livre relatant ce à quoi aurait pu ressembler sa dernière année de vie. Il s’agit d’une œuvre de la journaliste française Oriane Jeancourt Galignani, composée à partir des vers de la poétesse et de son roman autobiographique, La cloche de détresse.

Ce que l’on sait du mythique personnage

Née en 1932 d’un père allemand et d’une mère autrichienne, Sylvia Plath a d’abord vécu aux États-Unis, puis au Royaume-Uni. Elle étudie à la prestigieuse université de Cambridge, où elle rencontre celui qu’elle mariera peu de temps après sa rencontre, le brillant poète Ted Hughes. Après six années de mariage et la naissance de deux enfants, ils se séparent. Cette femme, pourtant dévouée à la poésie depuis l’adolescence, propose un jour à son mari d’arrêter d’écrire, pour se consacrer entièrement à sa famille et, par le fait même, sauver son couple. Pourtant, ce n’est pas sa carrière qui l’éloigne de Ted, mais ses problèmes de santé mentale.

Nous sommes en 1962. Il s’agit d’un hiver particulièrement rude à Londres. Pour Sylvia Plath, ce sera son ultime hiver. Elle se suicidera dans sa cuisine, après avoir pris des précautions pour épargner ses deux jeunes enfants, qui habitent avec elle dans l’ancienne maison du poète irlandais William Butler Yeats. En mettant fin à ses jours, elle met également fin à la période la plus prolifique de sa carrière d’écrivaine. La majorité de ses œuvres seront publiées à titre posthume.

Une vie enfouie dans les textes

Ce livre est infiniment triste; on y lit toute la détresse de la jeune femme, toutes les choses qui l’ont façonnée et qui l’ont menée à cette fin tragique. Sylvia Plath souffrait de bipolarité. Elle avait fait une tentative de suicide à l’âge de 19 ans, tentative ratée qui l’avait menée à une période d’hospitalisation dans une institution psychiatrique où elle a notamment été traitée aux électrochocs. Cette période est relatée dans son roman autobiographique La cloche de détresse et perceptible dans bon nombre de ses vers. Ensuite, il y a, parmi les nombreuses choses qui ont marqué sa vie, l’emprise et la dureté de son père, puis de son mari. Ce père, adorateur des nazis, décédé alors qu’elle avait 8 ans, et ce mari qui l’a quittée pour une autre après la naissance de leurs deux enfants.

« Elle aurait pu affirmer l’existence des grenouilles, son père l’en aurait fait douter, « ne dis pas n’importe quoi Sylvia, ça te perdra ». Dix-sept ans plus tard, dans la chambre de l’université de Cambridge, elle faisait lire ses poèmes à Ted. « Ils te mentent tes poèmes, Syl, tu t’en rends compte j’espère? Pas un ne sonne juste. » »

À travers ses mots et ses réflexions, on comprend que Sylvia Plath, qui avait pourtant en apparences tout d’une vie rêvée, vivait en fait dans un constant sentiment d’insuffisance, de ne jamais être assez. Elle ne semble réussir dans aucun des rôles qu’elle occupe : fille décevante, femme qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était, écrivaine incompétente, mère indigne. La poétesse, durant sa courte vie, a vécu plus d’un drame. Chacun a pesé lourd sur elle, et chacun est perceptible à l’intérieur de ses écrits.

Mots entrelacés

L’histoire de Sylvia Plath est dramatique, mais l’écriture est aussi belle que les mots sont tristes. Moi qui aime lire dans le métro, j’ai préféré lire ce roman tranquillement à la maison. J’ai lu de longs passages à voix haute pour en apprécier les enchaînements de mots, les sons et les rythmes, ce qui n’est vraiment pas dans mon habitude. J’ai particulièrement apprécié le fait que les mots de la poétesse se mêlent à ceux de l’autrice. Après avoir lu une description déjà poétique des événements, on a droit à quelques vers de la poétesse, qui se lient bien à l’événement. Tout s’enchaîne très facilement, Plath est le prolongement de Galignani. Elle ajoute son grain de sel à la description déjà faite, sorte d’addition de mots tristes qui rend le récit très poignant.

«De tout ce qui a la vie et la pensée, nous sommes, nous autres femmes, les créatures les plus misérables.»

Une chose est sûre, ce livre, poétique en soi, parsemé des vers de Sylvia Plath, m’a donné envie de lire plus de poèmes. Si certains ont la chance d’être capables d’écrire d’aussi belles choses, s’ils sont en mesure d’imager avec des mots, ils méritent d’être lus.

Quel autre poète emblématique aurais-je pu négliger jusqu’à présent?

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Un commentaire

  1. Merci pour votre article, je ne connaissais pas ce livre, mais j’ai toujours aimé l’écriture de Sylvia Plath, qui, à mon sens était une grande poétesse et serait devenue une écrivaine majeure. Amitiés

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