Littérature étrangère
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L’histoire du vieil homme sur un banc

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Il y a quelques mois, ma mère m’a offert un livre en me faisant promettre de le lire au plus vite. Fidèle à moi-même, j’ai ignoré son précieux conseil et j’ai fait à ma tête. Je vous confirme aujourd’hui que c’était une erreur de ne pas l’avoir écoutée. La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel est une petite merveille de la littérature, une œuvre qui nous semble bien ordinaire à première vue et qui s’avère être une révélation.

Monsieur Linh a vécu la guerre. Il a survécu, avec sa petite fille, à ce qu’il y a de plus cruel et de plus laid en ce monde. Ils ont réussi à fuir et à se réfugier dans un pays inconnu, aux antipodes de tout ce qu’ils connaissaient. Monsieur Linh essaie alors tant bien que mal de prendre soin de la seule famille qui lui reste en s’isolant de tout ce qui l’entoure. Cette carapace sera brisée lorsque, durant sa promenade, un homme jovial au visage triste décide d’entamer la conversation. Naît alors une douce amitié que rien ne semble arrêter, pas même la barrière de la langue.

«Monsieur Linh attend que la voix reprenne. Sans qu’il sache le sens des mots de cet homme qui est à côté de lui depuis quelques minutes, il se rend compte qu’il aime entendre sa voix, la profondeur de cette voix, sa force grave. Peut-être d’ailleurs aime-t-il entendre cette voix parce que précisément il ne peut comprendre les mots qu’elle prononce, et qu’ainsi il est sûr qu’ils ne le blesseront pas, qu’ils ne lui diront pas ce qu’il ne veut pas entendre, qu’ils ne poseront pas de questions douloureuses, qu’ils ne viendront pas dans le passé pour l’exhumer avec violence et le jeter à ses pieds comme une dépouille sanglante. Il regarde son voisin, tout en serrant l’enfant sur ses genoux.»

D’une simplicité désarmante, cette histoire prend sa force dans le vrai, qui est souvent aussi laid. Dans les apparences trompeuses qui font qu’on détourne le regard. Dans le jugement si facile que nous avons tous, malgré ce qu’on aime se faire croire. Donnons-nous le défi de parler aux inconnus – pas dans une allée sombre passé minuit, bien sûr – et d’aider ceux à qui l’on ne doit rien. Donnons-nous l’occasion d’être surpris des liens que nous sommes capables de créer avec ceux qui nous entourent, peu importe nos différences.

Je vous conseille vivement de ne pas faire comme moi: n’attendez pas une seule seconde avant de commencer ce roman! Vous ne le regretterez pas, c’est promis.

Et vous? Y a-t-il des livres qui vous donnent envie d’être plus ouverts sur le monde?

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