Month: avril 2015

Les Barbouillés

Lorsque le printemps se pointe le bout du nez, les femmes s’empressent de ressortir leur bas collants et leurs jupes affriolantes qui hibernaient depuis quelques mois au fond des tiroirs froids. Et malgré que mon père m’ait répété un milliard de fois qu’en avril il ne faut pas se découvrir d’un fil, je fais partie intégrante de celles qui s’impatientent. Dès lors, faire tenue légère implique d’afficher ma deuxième peau, soit mes tatouages. J’affronte donc au quotidien le regard de la majorité sur la différence de l’autre. Moues dégoûtées de la part de vieilles dames et regards en coin des hommes d’un certain âge font partie de mon quotidien dès que la température permet que mes jambes et mes bras vivent pleinement leur liberté. Avec le temps, on se forge une sorte de carapace face à ces comportements totalement humains qui cachent tout de même une poignée de préjugés. Est-ce véritablement cette fille qui enseignera à mes enfants? Sort-elle vraiment de l’université celle-là? L’altérité devrait être davantage abordée dans les centres pour personnes âgées. Pendant que ces …

Deux auteures, deux visages de la Gaspésie – Partie I

La fille de Coin-du-banc À travers deux entrevues réalisées via la magie de l’Internet, je vous propose deux portraits d’écrivaines d’origine gaspésienne, Marie-Ève Trudel Vibert, auteure du roman La fille de Coin-du-banc et Joanie Lemieux, qui se cache derrière le recueil de nouvelles Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? (retrouvez la critique du livre dans un article paru précédemment). J’ai donc posé une série de dix questions aux deux jeunes femmes dans le but de mieux les connaître, mais aussi d’en apprendre d’avantage sur le métier d’écrivain et sur leur vision du métier. «Voici mes réponses, peut-être nébuleuses, à tes questions qui m’ont profondément fait réfléchir sur le coup. J’ai choisi, comme d’habitude, de traiter cela par de l’écriture automatique. Alors c’est ce que ça donne! » 1- D’abord, qui êtes-vous? Et quel est votre cheminement en quelques mots? Je m’appelle Marie-Ève Trudel Vibert et je suis née à Gaspé le 10 septembre 1983. Petite auteure, j’ai grandi à Coin-du-Banc, Corner of the Beach, un village aux portes de Percé bordé par une …

Les effets des Fables sur le stress

La relation que j’entretiens avec les Fables de Jean de La Fontaine m’est très chère. Nous sommes de vieux amis qui ne se sont jamais vraiment quittés. Voyez-vous, depuis que je suis haute comme quatre prunes, mon minuscule papounet de près de deux mètres me lisait et relisait quelques fables avant d’aller me coucher. Il me les lisait dans une édition de 1930, toute déchirée et réparée sommairement grâce à des bouts de papier collant transparent abusivement lustré. J’avais même un CD avec une vingtaine de fables racontées par Albert Millaire pour quand mon papa n’était pas là ! (Ma maman me lisait plein d’autres livres aussi, évidemment !) Vous imaginez bien que lorsque je suis arrivée en cinquième année et que mon enseignante, Caroline, avait demandé à la classe d’apprendre à chaque semaine une fable différente, j’ai pouffé de rire en morvant probablement un peu: bébé fafa! Je n’avais qu’à ressortir mon album et demander à mon papounet de me les faire réciter lorsque nous irions faire l’épicerie avec Grand-maman! J’ai donc passé de belles fins de semaine à …

Être dans leur univers

Je crois qu’il est important d’aimer son travail, et j’aime le mien. Parce qu’il me fait sentir bien et qu’il m’apporte plusieurs petites anecdotes. Je travaille aux côtés d’enfants géniaux. Des enfants qui m’apportent bonheur, qui me font rire et parfois perdre patience. À leur côté, je suis la meilleure humoriste qui soit. Ensemble, nous apprenons à côtoyer ces autres êtres humains. Ces autres gens si étranges et qui ne semblent pas nous comprendre. Il est rare qu’ils fassent preuve de démonstrations d’amour, parce que ce n’est pas naturel chez eux, mais ils réussissent d’une certaine manière à me démontrer qu’ils m’aiment. Le fait de prononcer mon nom est pour moi la preuve qu’il existe un lien entre eux et moi. J’ai parfois la chance d’avoir quelques câlins. J’en ai même la preuve, je finis souvent mes journées en ayant des restants de nourriture, de morve ou de peinture sur mes vêtements. J’ai avec eux de drôles de discussions, que ce soit sur les vidéos de Mater (l’acolyte de Flash McQueen) ou encore de la …

La tempête, de Gabriel Anctil vu par l’équipe du fil rouge

Cette lecture du mois de mars du défi En 2015, je lis un livre québécois par mois a été, en mon sens, la moins satisfaisante. Après avoir gouté à des univers féminins colorés et farfelus avec Catherine de La déesse des mouches à feu et Javotte, j’ai vite été déçue en tournant les pages de La tempête. D’emblée, l’idée d’un huis clos familial causé par le verglas m’avait charmée. Je ne sais pas si c’est parce que j’étais petite quand c’est arrivé, mais j’en garde un souvenir romancé. Plusieurs membres de ma famille étaient venus habiter chez moi, car ma maison était branchée sur la même ligne que les pompiers, alors on avait encore de l’électricité. Je me souviens d’avoir dormi dans le salon avec mes cousines et mon frère et qu’il y avait des matantes-mononcles partout chez moi. Contrairement à Jean, le personnage principal du roman, j’étais fort heureuse de tout ce brouhaha dans ma maison. Or, quand j’ai appris que l’histoire se passerait lors du verglas, j’étais heureuse d’avoir un point de vue plus …