Littérature jeunesse
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Des papillons pis de la gravité, tout en humour et en légèreté

Sans titreJe vais commencer par une confession; je n’ai jamais lu la série Au-delà de l’univers de Alexandra Larochelle. En fait, la confession est plus que je n’ai jamais voulu la lire parce que j’étais une enfant jalouse. Jalouse de quelqu’un que je ne connais ni d’Adam, ni d’Ève, simplement parce que tout le monde parlait de sa série de livres qu’elle avait écrite à un si jeune âge et que j’aurais dont voulu être à sa place. Une fois la crise de jalousie juvénile terminé, j’ai sporadiquement continué à me  demander si elle avait écrit autre chose et c’est comme ça que je suis tombée sur son blogue, par presque hasard, il y a un an ou deux. J’y ai découvert une jeune femme avec une plume humoristique, accrocheuse et de son temps.

C’est donc un peu pour toutes ces raisons que j’avais plutôt hâte d’avoir Des papillons pis de la gravité  entre les mains.

Premièrement, il faut savoir que c’est un roman clairement axé vers un public adolescent, ce que j’essaie de plus en plus d’éviter, faute d’en avoir trop lu durant des années. Le problème que j’ai avec les romans d’ados, ce n’est pas tant qu’ils tournent souvent autour des mêmes sujets, mais plutôt que ces mêmes sujets sont abordés de la même façon, un peu clichée, pas trop recherchée. J’ai donc été agréablement surprise de ne pas me retrouver dans ce même engrenage en lisant Des papillons pis de la gravité.

J’ai vraiment apprécié l’écriture de Larochelle, du début à la fin. Son style est actuel mais n’embarque jamais trop dans le  » yolo-joual-message texte« . Tout est équilibré par  beaucoup de vrai, de vulnérabilité et d’humour.

Y en aura pas de facile. J’ai appris ça en même temps que le fait que je m’appelle Frédégonde Hautcœur, pis je t’avertis, ma vie amoureuse est autant de la marde que mon nom. T’as peut-être envie de te faire raconter une histoire pleine de ralentis cinématographiques et de frenchs sous les feux d’artifice, mais c’est pas du tout ce que j’ai à offrir. N’empêche, si t’es game de déboucher une bouteille de vino ou trois et de m’écouter chialer pour les prochaines heures, ça se peut qu’on s’entende ben. Fait que amène-toi, ma chum, parce que, à défaut de savoir c’est quoi de l’eau de rose, j’ai un roman à l’eau de cactus pour toi.

Justement, l’humour dans la plume de Larochelle est ce qui, pour moi, fait toute la différence. Je me suis surprise moi-même à y retrouver un humour aussi drôle, aussi vrai et aussi bien construit. Tout se joue dans les métaphores, dans les jeux de mots, dans les dialogues tout en restant simples, accessibles et d’actualité.

On se retrouve face à une protagoniste aux ressentis et aux émotions très vrais, à fleur de peau, et dans lesquels on se reconnaît, plongés dans des histoires presque rocambolesques de par la façon dont elles sont racontées. C’est une formule qui fonctionne très bien.

Bref, Des papillons pis de la gravité a le potentiel de plaire à un plus grand public que je ne l’aurais imaginé. J’ai été charmée par la plume d’Alexandra Larochelle, j’ai passé un bon moment à suivre les aventures de Frédégonde et j’ai bien l’impression que ce n’est pas la dernière fois qu’on entend parler de ce personnage et de Larochelle, compte tenu de la fin assez ouverte du roman qui, j’ose espérer, laisse place à une future suite.

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Curieuse depuis toujours, Marjorie s’intéresse à un peu tout, avec un penchant marqué pour les mots, le féminisme, les phénomènes de culture populaire et les mystères de la vie. Elle est bachelière en littérature et cofondatrice du Fil rouge, à travers duquel elle tente de faire son petit bout de chemin, lire le plus possible et surtout, apprendre et connecter avec les autres. Naviguant tant bien que mal à travers la vingtaine, elle trouve ses assises dans la lecture et l’écriture, cherchant toujours à comprendre un peu mieux les contradictions qui rendent la vie intéressante. Elle croit que la littérature fait partie de ces choses qui peuvent changer une vie, la rendre un peu plus douce et mettre un baume là où il faut.

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