Littérature jeunesse
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Quelques suggestions de romans destinés aux adolescent.e.s

Mon intérêt pour la littérature destinée aux adolescent.e.s s’est développé au mois de janvier alors que j’avais décidé de lire Coeur de slush pour le défi littéraire. Carte-cadeau Renaud Bray en poche, j’étais partie acheter le premier roman de Sarah-Maude Beauchesne. En errant dans le rayon de la littérature jeunesse, j’ai eu l’envie soudaine d’en lire davantage. C’est donc curieuse de savoir ce que les ados d’aujourd’hui lisent que je suis repartie chez moi les bras pleins de romans jeunesse. Tout le mois de janvier, j’avais 14 ans.

Les chiens, Allan Stratton

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Un thriller, une histoire de fantômes et de violence conjugale. Un roman pour les jeunes qui mènent une vie instable ou pour ceux qui aiment avoir une petite frousse.

Résumé

La valise de Cameron est toujours faite. Au moindre doute de sa mère, il fuit avec elle vers une autre ville. C’est que sa mère est persuadée que, s’il les retrouve, son ancien mari les tuera tous les deux. Avec habitude, mais à contrecœur, Cameron déménage encore, loin de tout, ayant comme seul contact ses grands-parents avec qui il communique parfois par Skype. Dès leur arrivée sur la ferme où ils habiteront, Cameron a un mauvais sentiment. Des événements terribles se sont passés à cet endroit. Il apprend qu’un ancien propriétaire a été dévoré par ses chiens. Mais ceci est loin d’être le seul drame qui hante les lieux. Cameron se met à entendre une voix et il croit voir le fantôme de Jacky, un petit garçon qui a vécu sur cette même ferme, il y a une cinquantaine d’années. Les confidences du petit Jacky et les rumeurs qui circulent dans le village poussent Cameron à mener sa propre enquête.

Mon avis

Ce lugubre suspense fut pour moi une lecture totalement addictive. J’ai aimé que le drame de Cameron et sa mère soit superposé à une ancienne intrigue tout aussi inquiétante. J’ai aimé douter : le père de Cameron lui veut-il autant de mal que semble le croire sa mère? Les traque-t-il vraiment? Cameron voit-il réellement un fantôme ou est-ce le fruit de son imagination, de séquelles psychologiques dues à des événements de vie difficiles? A-t-il un problème de santé mentale comme semble le croire sa mère? Qu’est-ce que le voisin peut bien cacher? À quel point doit-on croire aux rumeurs? Avec ses courts chapitres, sans longueurs, ce roman est un véritable page-turner.

Si j’ai inventé Jacky, qu’est-ce que j’ai inventé d’autre? Voilà à quoi je réfléchis quand je pense à papa. Je me dis : et si le papa dans ma tête – celui contre lequel maman me met en garde – n’avait rien à voir du tout avec mon papa réel? Et si les peurs de maman à son sujet étaient des choses qu’elle a amplifiées, comme j’ai amplifié les choses que j’ai entendues sur M. McTavish?

Par exemple, la fois où il m’a abandonné au milieu de nulle part. Et si j’avais juste eu l’impression que c’était le milieu de nulle part parce que j’étais petit, mais qu’en réalité c’était un parc et que pour lui on ne faisait que jouer à cache-cache?

Les maux d’Ambroise Bukowski, Susin Nielson

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Un roman intéressant pour les jeunes souffrant d’allergies alimentaires sévères, pour les amateurs de Scrabble ou simplement pour ceux qui se sentent différents des autres.

Résumé

Ambroise est, comme il le dit lui-même, un rejet. À l’école, il est victime d’intimidation. Un jour, trois voyous décident de mettre une arachide dans son sandwich alors qu’il y est gravement allergique. Après cet événement qu’il lui a fait voir la mort de près, sa mère décide de le retirer de l’école et de lui enseigner elle-même à la maison, pour sa sécurité. Il se retrouve donc à passer toutes ses journées avec sa mère surprotectrice. Laissé à lui-même en soirée puisque sa mère doit aller travailler, il se lie d’amitié avec son voisin de duplex, un homme au passé criminel qui vient tout juste de sortir de prison. Cosmo partage une passion avec Ambroise; le Scrabble. Ils s’inscrivent dans un club et ils commencent ainsi à passer de plus en plus de temps ensemble, tout cela en cachette de la mère d’Ambroise.

Mon avis

Livre garanti sans arachides.

C’est cette mention sur le livre qui a convaincu la fille allergique que je suis d’acheter ce roman jeunesse; avant même d’avoir fait la lecture du résumé, de la même façon dont j’achète une boîte de biscuits avec la mention certifiés sans arachides sans me soucier des autres ingrédients. Contrairement à certaines marques de pâtisseries, je n’ai pas été déçue. Les joueurs de Scrabble trouveront amusante la manie d’Ambroise de décomposer les mots. Le rythme est soutenu : les chapitres sont courts et la narration est dynamique. J’ai adoré cette histoire et ses personnages attachants. Le personnage principal, un antihéros avec une belle capacité d’autodérision, m’a charmée par sa singularité.

Le jour où j’ai failli mourir, le ciel était magnifiquement bleu. Quelques nuages s’accrochaient encore aux nuages de North Shore, mais ils étaient loin… J’ai eu le temps de lire mon avis de décès avant que tout devienne noir :

Nerd tué par une demi-arachide.

Psy malgré moi,  Marie-Sissi Labrèche

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Un roman pour celles et ceux qui se sentent seul.e.s face aux petits et grands drames de l’adolescence.

Résumé

Après la mort subite de sa sœur, Ariane, 13 ans, part de la campagne pour venir s’installer à Montréal avec son père, sa mère dépressive et son petit frère un peu trop accaparant. La première journée à sa nouvelle polyvalente s’avère éprouvante; la brute de l’école et le stéréotype de la fille superficielle (qui sort évidemment avec le beau gars qui émoustille Ariane) lui font la vie dure. De retour à la maison, elle lit les conseils d’une psychologue pour tenter de régler ses problèmes. La brute – qui deviendra sa meilleure amie – la voit réconforter la secrétaire. C’est à partir de ce moment que sa nouvelle amie l’amène à devenir la psy de l’école. Si c’est souvent elle qui amène des cas à Ariane, le bouche-à-oreille se fait rapidement et de plus en plus d’élèves viennent se confier en quête de conseils. À chaque chapitre, un nouveau problème : la grossesse précoce, les difficultés de l’amour, le taxage, l’intimidation, la peur de déclarer son homosexualité, la violence, la dépression, la jalousie, l’estime de soi, la première rencontre chez le gynécologue, les menaces de mort, le deuil…

Mon avis

Je devais avoir l’âge d’Ariane lorsque j’ai découvert Marie-Sissi Labrèche dans ses écrits pour la revue Filles D’aujourd’hui. C’est une auteure qui m’a fait beaucoup de bien à l’adolescence. J’avais donc beaucoup d’attentes quant à la lecture du seul roman que je n’avais pas lu dans sa bibliographie. Non, la lecture de Psy malgré moi ne m’a pas remuée comme ses autres ouvrages, mais j’ai tout de même fait une lecture amusante et pleine d’humour malgré la délicatesse des sujets abordés. J’ai été émue par l’épanouissement de la jeune Ariane, qui puise la force de chasser ses propres démons en aidant les autres. Par son intelligence, sa sensibilité et sa capacité à voir les blessures profondes sous les carapaces des gens, elle réussit à rendre attachants les personnages qui s’avéraient être les plus stéréotypés.

Tout le monde cherche l’âme sœur, et moi, qu’est-ce que je fais? Je m’enferme dans un cagibi qui sent l’eau de javel et je donne des conseils aux autres pour que leur vie amoureuse pète le feu. Pas pire pour une fille qui n’a pas d’expérience. Bah! Il existe bien une nonne sexologue. Elle est passée à tout le monde en parle, l’année dernière. Chose certaine, pour aider mon prochain, je ne lésine pas sur la recherche de solutions.

Un cri d’amour au centre du monde, Kyoichi Katayama

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Un roman pour l’ado sensible ou curieux des autres cultures.

Résumé

Sakutaro nous raconte son histoire avec Aki, la perte douloureuse de son premier amour et le deuil qu’il doit faire. Son récit débute alors qu’il voyage en Australie avec les parents de sa défunte petite amie afin d’aller y disperser les cendres. Il nous décrit les jours qu’ils ont passés ensemble avant que la maladie vienne s’immiscer brutalement dans leur vie tranquille.

Mon avis

Ce bestseller japonais n’a certainement pas la prétention d’amener une idée nouvelle avec son thème — un jeune voyant celle qu’il aime être emportée par la leucémie —, mais sa lecture, ne tombant ni dans le mélodrame ni dans les clichés, a su me plaire. Certains lieux de l’histoire comme la maison de Sakutaro qui est située dans l’enceinte de la bibliothèque municipale et l’île abandonnée où les amoureux passent une nuit dans un hôtel délabré ont su stimuler mon imaginaire. J’ai apprécié les dialogues des conversations philosophiques du couple. Quant au grand-père de Sakutaro — qui ne lui demande rien de moins que de piller une tombe — m’a étonnée autant qu’il m’a émue. J’ai aimé l’écriture tendre et poétique, empreinte de pudeur. Bref, une belle histoire abordant les thèmes de l’amour et de la mort, et ce, avec une petite touche d’étrangeté.

Aki se tenait nue, de dos, près du bassin. C’était un spectacle étrange. Le soleil disparaissait derrière la montagne. Le corps d’Aki, d’un blanc immaculé, se détachait comme une image flottante parmi la verdure assombrie. Je l’ai longuement contemplée; j’avais l’impression de la voir en rêve.

Je devais me rendre à l’évidence : Aki avait disparu. J’avais perdu Aki. Tout ce qu’il y avait à voir n’existait plus pour moi. L’Australie pas plus que l’Alaska, la Méditerranée pas plus que l’océan Antarctique. Où que j’aille dans le monde, cela aurait été pareil. Quelle que soit la beauté du paysage, si splendide soit le panorama, je n’aurais pas pu être ému, j’aurais été incapable de les apprécier. La personne qui me donnait le désir de voir, cette personne avait disparu. Elle ne reviendrait pas vivre avec moi.

Coeur de slush, Sarah-Maude Beauchesne

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Pour les jeunes qui vivent l’intensité du premier amour ou pour celles et ceux qui y rêvent encore.

Résumé

Billie, 17 ans, passe l’été à rêver de vivre l’histoire d’amour qui la fera passer de fille à femme. Elle fait du ballet, travaille dans un parc aquatique, écrit des poèmes et boit de la slush bleue, mais à la fin de l’été, toujours pas de garçon à l’horizon. C’est lors du dernier party avant le début des classes qu’elle rencontre Pierre, un blond trop blond aux yeux trop bleus. À la rentrée du cégep, il l’aperçoit et utilise une amie afin de l’inviter à une soirée. Cette amie la met bien en garde contre Pierre coeur de pierre, mais l’avertissement ne réussit pas à l’empêcher de devenir sa Billie-Lou et de vivre son premier amour d’été en septembre.

Mon avis 

Coeur de slush, c’est le récit du premier amour qui fait mal et qui rend si vivant en même temps. C’est une histoire qui m’a bercée dans une douce nostalgie adolescente et qui m’a fait sourire plus d’une fois. J’ai adoré l’intensité de Billie. C’est un beau roman drôle et touchant, qui se lit en une seule soirée tant il est captivant. J’aurais voulu le lire à l’été de mes 14 ans.

À mon grand plaisir, la suite, Lèche-vitrines, est sorti en librairie le 25 février.

Ça fait sept longs jours que je n’ai pas vu Pierre. Sept longs jours depuis l’humiliation. Et sept longs jours à me trouver conne, à le trouver con, à continuer de l’aimer, à le trouver beau, à changer d’idée, à ne plus l’aimer finalement. Ça fait sept jours que mes yeux se mouillent quand je pense à cette soirée-là, que mon cœur squeeze quand je repasse la scène dans ma tête d’adolescente. Mon karma est bon, je ne l’ai même pas croisé au cégep. Peut-être qu’il se cache, ou peut-être que je me sauve de lui sans le savoir.

Max, Sarah Cohen-Scali

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Pour les amoureux de l’Histoire ou pour celles et ceux qui ont envie d’être ébranlés.es.

Résumé

19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer.

Heil Hitler!

C’est l’histoire de Max, premier-né et prototype parfait du programme Lebensborn visant à produire des êtres parfaitement formatés pour la jeunesse hitlérienne. Max fait partie de ces enfants formés, éduqués afin de devenir des Allemands nazis parfaits, des machines à tuer. Il portera beaucoup d’affection pour Lukas, un Polonais qui a physiquement tout pour être Allemand et sera ébranlé d’apprendre que celui qu’il considère comme un frère est, à son grand étonnement, un… juif!

Mon avis

Au début de ma lecture, j’avoue avoir été agacée par la narration; un bébé qui a les réflexions d’un adulte. Mais le souvenir des étoiles dans les yeux de la libraire passionnée qui me l’a recommandé m’a convaincue de poursuivre encore quelques pages. ET QUELLES PAGES! J’ai été choquée par ma lecture et, complètement déroutée (et bien souvent attristée), j’ai lu avidement la suite des mots du jeune narrateur déjà totalement endoctriné par le fascisme. Max est un roman différent qui nous accroche autrement que par l’identification au personnage. C’est une histoire provocante et d’une intense tristesse. Le besoin d’attachement et l’affection que Max porte à Lukas malgré tout m’ont, je l’avoue, fait verser quelques larmes. Coup de cœur!

La Grande Quête de Jacob Jobin (Tome 1 – L’Élu), Dominique Demers

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Un roman pour les jeunes adeptes de littérature fantastique ou pour celles et ceux qui doivent faire le deuil d’un être cher.

Résumé 

Jacob, 12 ans, s’isole dans les jeux vidéo afin d’échapper à la douleur causée par le suicide de son frère aîné. Durant deux semaines de l’été, il doit quitter son monde virtuel pour aller dans un camp de vacances pendant que ses parents sont en voyage. Un incendie oblige l’annulation du camp à la dernière minute. Ne voulant pas être pris à aller habiter chez une amie de sa sœur, il dit aux parents de celle-ci que son oncle est prêt à l’accueillir. En fait, son parrain – qui ne l’a jamais vu – n’a pas été mis au courant de la visite de son neveu. Jacob trouve son adresse sur l’enveloppe d’une carte qu’il lui a envoyée pour son anniversaire. C’est ainsi qu’il débarque dans le grand manoir de Théodore où on semble curieusement l’attendre depuis longtemps. Il découvre alors un monde fantastique qu’il n’a jamais soupçonné; c’est le début d’une grande mission dans le monde merveilleux d’un royaume caché.

Mon avis

Je voue un culte (rien de moins) à l’écrivaine Dominique Demers. Je la lis depuis l’enfance — j’ai tant rêvé avoir la force de Maïna ou de Marie-Lune — et je suis la plus heureuse des femmes lorsqu’elle écrit un nouveau roman. Jamais elle ne m’a déçue. Jamais. Cela faisait quelques années que je songeais à me lancer dans la lecture des aventures de Jacob Jobin. Je repoussais toujours l’expérience en me disant que j’étais loin d’être une lectrice cible. Les fées ou autres créatures fantastiques ne m’ont jamais interpellée. Vous comprendrez donc que seul mon amour pour l’auteure m’a incitée à me plonger dans ce monde fantastique. J’en viens donc à la conclusion que les mots de Mme Demers ont un effet magique sur moi, car le premier tome de la saga est loin de m’avoir déplu. J’ai aimé que le début de l’histoire soit bien ancré dans le réel; on nous présente Jacob comme garçon ordinaire et attachant, qui au début, ne croit absolument pas à l’existence des mondes imaginaires. J’ai aimé les éléments mystérieux; la maladie étrange de l’oncle Théodore, la pièce interdite (les pièces interdites me fascinent, pas vous?), etc. Ce premier tome est davantage une mise en place de l’histoire, il faudra lire les prochains afin de mieux connaitre le monde caché. J’ai tout de même eu le temps de tomber sous le charme d’un personnage fantastique : l’adorable Petit Poilu. Bien que n’étant pas une adepte du genre, la magnifique plume de l’auteure m’a conquise une fois de plus.

En passant devant la fameuse porte interdite, Jacob ne put s’empêcher d’y coller une oreille en tournant délicatement la poignée afin de vérifier si la porte était verrouillée. Elle l’était. Théodore Jobin ne s’était pas amusé à laisser la voie libre pour exciter la curiosité de son filleul. Il craignait suffisamment que quelqu’un accède à ces lieux pour utiliser une clé afin d’en défendre l’entrée. Le parallèle avec le conte de Barbe-bleue n’était que plus saisissant.

Jacob n’avait jamais éprouvé un tel déchirement. Il avait pourtant l’habitude de s’évader dans des mondes imaginaires et d’en revenir. Mais cette fois, plus que jamais, il y avait vraiment cru. Il aurait juré que cette jeune fille au regard de forêt et à la chevelure de feu n’était pas une simple construction de l’esprit. Il aurait juré qu’elle existait pour vrai…

 

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