Féminisme
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L’intersectionnalité, qu’est-ce que ça mange en hiver?

Un débat a récemment secoué le petit milieu féministe au Québec : le mot « féministe » est-il trop connoté? Est-il dépassé? Vaudrait-il mieux se dire « égalitaire » ou encore « humaniste »?

Pourquoi ne pas aborder le féminisme selon le concept de l’intersectionnalité? Ce mot n’étant pas encore accepté dans les dictionnaires, je vous offre la définition qu’en fait Wikipédia :

« L’intersectionnalité étudie les formes de domination et de discrimination non pas séparément, mais dans les liens qui se nouent entre elles, en partant du principe que le racisme, le sexisme, l’homophobie ou encore les rapports de domination entre catégories sociales ne peuvent pas être entièrement expliqués s’ils sont étudiés séparément les uns des autres. L’intersectionnalité entreprend donc d’étudier les intersections entre ces différents phénomènes. »

Pourquoi séparer le féminisme du racisme, de l’homophobie, de la xénophobie, des luttes de classe? Pourquoi ne pas voir dans le féminisme un outil au changement social global? Heureusement, la littérature a encore la bonne réponse.

Les auteures canado-asiatiques Kim Thúy et Ying Chen mélangent savamment, subtilement, intelligemment, les thèmes de la condition des femmes, de l’immigration, de la quête identitaire, de la culture asiatique, de l’amour, du déracinement et j’en passe. Leurs mots sont un appel franc à l’intersectionnalité : les femmes n’entrent pas et n’entreront jamais dans une seule catégorie.

les lettres chinoises

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Les deux auteures font vibrer une culture asiatique (chinoise et vietnamienne) au cœur de Montréal. Mãn et Da Li, respectivement des romans Mãn (Thúy) et Les Lettres chinoises (Chen), sont des forces tranquilles qui se frottent à Montréal, à ses trottoirs raboteux, à ses quartiers inconnus, à ses amours occidentales, à ses préjugés. Elles s’immergent dans une culture québécoise nouvelle tout en respectant ou en adaptant leurs valeurs ancestrales. Ce sont des femmes qui aiment, qui rêvent, qui écrivent, qui se souviennent.

Le féminisme « blanc » est peut-être dépassé, mais le féminisme englobant, intersectionnel, lui, a encore tout à nous apprendre.

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  1. Ping : Nos suggestions de romans tirés de la littérature migrante pour le mois d’avril du défi #jelisunlivrequébécoisparmois | Le fil rouge

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