Défis littéraires
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Ce qu’on a lu comme roman écrit par une femme pendant le mois de mars #Jelisunlivrequébécoisparmois

J’étais impatiente de commencer ma lecture du mois de mars : un roman écrit par une femme. Je trouvais important de renouveler le défi et j’étais curieuse de découvrir vos choix de lectures pour ce mois.

Ma lecture fut Partir de rien de Maude Nepveu-Villeneuve. Ce livre m’a été offert dans l’un des coffrets littéraires du Fil rouge. Je dois remercier Martine et Marjorie pour leur choix parce que ce fut un vrai coup de cœur. Me retrouver dans l’univers coloré de Chloé et d’Almée fut réconfortant et envoûtant. L’amitié qui existe entre les deux personnages m’a ramenée en enfance et a créé un vrai sentiment de nostalgie. Et il existe entre les deux jeunes filles/femmes (le mystère de leur âge restera tout le long du roman et c’est ce qui fait que c’est magique) une amitié très malsaine. Elle l’est, parce qu’elles n’arrivent pas à survivre l’une sans l’autre et plus elles quittent l’enfance, plus il est difficile pour elles de faire leurs propres choix. Chloé est un personnage que j’ai aimé détester, parce qu’elle me rappelle mon insécurité face à la nouveauté ou aux nouvelles amitiés de mes ami-e-s (la peur d’être oubliée).

J’ai adoré ce roman que je vous conseille fortement! Il a, disons, un petit côté féerique!

Les lectures de Martine

Pour ce défi, j’ai lu deux romans écrits par des femmes. Le premier était La mort d’une princesse d’India Desjardins. J’ai passé un agréable moment de lecture, mais j’ai quand même refermé le livre en ressentant une déception. J’étais une admiratrice de la série Aurélie Laflamme, il y a déjà un bon nombre d’années, et je ne pense plus autant apprécier l’écriture d’India Desjardins et ce, malgré que je reconnaisse son talent. Bref, j’avais envie d’un moment de lecture léger et facile et je n’ai pas été déçue à ce niveau. Néanmoins, l’histoire un peu classique ne m’a pas plu et charmée tant que ça.

Par la suite, j’ai décidé de lire le recueil de nouvelles de Marie-Hélène Poitras réédité chez Alto, La mort de mignonne et autres histoires. C’est en lisant Les superbes que j’ai davantage connu l’auteure et c’est cela qui m’avait donné envie de découvrir son œuvre littéraire. D’emblée, je l’avoue, je suis moins une fan des nouvelles, et comme le dit en préface Samuel Archibald :

« Les recueils de nouvelles ont rarement le même pouvoir d’attraction que les romans, de nos jours, mais ils ont ce charme qui parle beaucoup aux mélomanes comme Marie-Hélène et moi : celui de fonctionner comme des albums. Un grand recueil de nouvelles est comme une bonne playlist, dont on ne peut isoler les morceaux et les jouer dans le désordre, mais aussi en admirer la séquence et la laisser agir sur nous au fil du temps. »

 

Certaines nouvelles m’ont énormément plu, telles que C’était salement romantique et Protéger Lou, tandis que d’autres ne m’ont fait ni froid ni chaud. J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce recueil publié en 2005 et je comprends tout à fait le choix de la réédition 12 ans plus tard. C’est un recueil de nouvelles vraiment bien écrit et cela m’a donné envie de lire son roman Griffintown, et ce malgré le fait qu’à la base il ne m’attirait pas tellement!

                

La lecture de Marjorie R.

En mars, j’ai voulu lire Prague, de Maude Veilleux. Tout le monde semble l’avoir lu et je voulais comprendre le buzz. C’est une petite plaquette que j’ai lue en quelques heures, un matin de la fin mars. Je ne dirais pas que j’ai été déçue, puisque je n’avais pas d’attentes particulières, mais je pensais certainement plus apprécier. Je comprends pourquoi plusieurs ont adoré et j’ai beaucoup apprécié l’aspect écriture de soi, écriture d’un roman. Par contre, j’ai eu du mal à comprendre les actions de la narratrice, je n’ai pas embarqué dans son parcours autodestructeur. C’est vers la fin du roman, lorsqu’elle décide qu’elle veut être seule, même si tout reste un peu flou, que j’ai apprécié un peu plus ma lecture, l’expérience; l’idée est bonne, ça n’a juste pas eu l’effet escompté sur moi et c’est bien correct aussi. Je suis tout de même bien contente d’avoir pris le temps de le lire.

La lecture de Louba

On a recouvert de rouge, de vert, de brun les murs de l’appartement et même la neige, comme les pages du roman se sont décomposées sous mes yeux acidulés par les mots tranchants de Rosalie Lavoie.

Mon premier réflexe lorsque j’achète un livre, c’est d’écrire, sur la première page, souvent blanche, mon nom, l’année de l’achat et la ville où je me trouve lors de l’achat. Quand j’ouvre ma copie du roman Le sang du cerf, sur la première page blanche, c’est écrit : Louba-Christina Michel, Montréal, 2012. Le livre a été écrit en 2012 et je l’ai probablement acheté cette année-là. Donc, ce roman de quelques 118 pages me suit depuis un certain temps, sans que je prenne le temps de m’y plonger. J’ai vu le défi du mois de mars comme une belle opportunité.

Avertissement : âmes sensibles s’abstenir ou y aller tout doucement…

Je trouvais le titre poétique et attirant, Le sang du cerf, mais outre l’histoire en tant que telle, je ne croyais pas être si inconfortable face aux images violentes et dégoûtantes sans cesse proposées.

Le narrateur écrit une lettre à Hannah, cette violoniste qu’il vient d’assassiner et dont le corps se décompose à côté de lui. Cette lettre fait le récit de leur histoire et met en scène le malaise éprouvé par quiconque croise ces êtres qui dérangent, ces parias, ces « non-personnes » qui ne s’inscrivent pas dans l’ordre social. Hannah ne peut devenir que le personnage du roman en train de s’écrire alors que la putréfaction achève de faire disparaître son corps. http://www.lemeac.com

Lu sur quelques jours, le court roman de Rosalie Lavoie m’a traînée avec lui dans une atmosphère dérangeante et dégueulasse. J’ai voulu me rendre au bout de ma lecture et je ne sais pas s’il existe réellement un meilleur moment pour se plonger dans ce type de récit glauque. Plusieurs images décrites dans l’histoire rejoignent déjà mon imaginaire littéraire personnel, je n’ai pas peur d’écrire certaines choses, mais de les lire, de les vivre par les mots d’une autre, d’y être invitée comme témoin, de voir se dérouler ces scènes dans ma tête… malaise. J’ai beaucoup dormi durant la période entourant la lecture, comme pour me plonger davantage dans l’univers des personnages de Rosalie Lavoie. J’ai peut-être voulu fuir cet univers en m’enivrant de sommeil. Je restais chaque fois longtemps empreinte du malaise de ce côté très sombre, le décor vert et noirci par la mort, la putréfaction et le désir brutal. Dès l’ouverture du livre, les pages blanches, l’appartement blanc et le décor enneigé perdaient toute leur luminosité et je me retrouvais alors coincée et spectatrice, le cœur en étau, le corps asphyxié, comme le personnage d’Hannah aux prises avec le narrateur, cet écrivain cinglant.

Rosalie Lavoie c’est une voix puissante que je suis heureuse d’avoir découverte. Une voix qui ose nous ramener vers l’état sauvage et animal de l’humain, qui ne détourne pas le regard sur la laideur et la violence.

Rosalie Lavoie est née en 1977. Après des études en littérature, elle publiait en 2012 un premier roman, Le sang du cerf. Ses lecteurs y ont découvert une voix authentique, une écriture juste et sans compromis. http://www.lemeac.com

J’ai hâte de lire Choir (publié chez Leméac, en 2015), qu’on m’a fortement conseillé.

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