Littérature étrangère
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Poupée volée ; entre obsession et maternité

Elena Ferrante, poupée volée, l'am

Je me fais un point d’honneur de lire tout ce qui est traduit en français de l’auteure italienne Elena Ferrante, auteure de la série à énorme succès L’amie prodigieuse, série soit dit en passant EXCELLENTE que je vous recommande sans plus tarder, j’en ai d’ailleurs parlé ici et ici. L’an dernier, j’ai aussi lu Les jours de mon abandon de cette auteure. Comme ce dernier, Poupée volée est un roman individuel, qui ne concerne pas la saga, même si en le lisant, je ne pouvais m’empêcher de penser aux personnages de la série. J’ai d’ailleurs trouvé beaucoup de points communs entre le personnage principal et Leda; elles ont un peu un destin semblable. Alors si vous aviez besoin d’un livre pour l’attente du dernier roman, je vous recommande Poupée volée.

Obsession 

Poupée volée est un roman psychologique qui raconte l’histoire de Leda, une universitaire de 48 ans qui décide d’aller passer l’été près de la mer, proche de Naples, histoire de préparer ses cours tout en profitant du beau temps et en s’offrant des instants de calme. Mère de deux adolescentes qui vivent au Canada avec leur père, Leda se sent libérée de leur départ, au commencement du roman. Elle nous assure se sentir bien, libre, comme elle n’a jamais été. Au fil du roman, on comprend toute la complexité de son rapport à ses filles. Elle les aime, mais leur relation est beaucoup plus complexe qu’elle le laisse présager dès les premières pages.

Leda se retrouve donc à la plage quand elle remarque une jeune mère jouant avec sa petite fille dans le sable, elle les regarde sans arrêt, elle ne peut dégager son regard de cette scène. La mère donnant l’impression de ne jamais vouloir être autre chose que ça ; une mère jouant avec sa petite fille. Cette dernière joue avec une poupée. Leda se verra devenir obsédée par cette famille qui la confrontera à ses propres failles dans son rôle de mère.

« Un corps de femme fait mille choses différentes, il peine, court, rêve, invente, s’échine, et en même temps les seins grossissent, les lèvres du sexe se gonflent, la chair pulse d’une vie ronde qui est la nôtre, c’est notre vie, et pourtant elle nous pousse ailleurs, elle se détache de nous tout en habitant notre ventre, joyeuse et lourde, aimée comme une impulsion vorace, et pourtant repoussante comme la piqûre d’un insecte venimeux dans une veine. »

D’emblée, on sait (par le titre et le quatrième de couverture) que Leda volera la poupée de la petite fille, alors ce n’est pas vraiment un élément important. Or, c’est de lire et saisir toute l’obsession que Leda a envers cette poupée qui fascine. Roman dérangeant par la grande vulnérabilité de Leda qui nous fait part de ses plus grandes zones d’ombre, que ce soit en lien avec son propre corps, son rôle de mère, la jalousie qu’elle ressent envers ses filles ou encore sur une période extrêmement difficile pour elle. Effectivement, elle est partie de la maison familiale lorsque ses enfants étaient jeunes, car elle se sentait prise dans ce rôle de mère.

Complexe maternité

Étant une femme de lettres, une universitaire, Leda était incapable de concilier sa passion avec son rôle de mère. Ce geste d’être partie, pendant trois ans, la hante et c’est plusieurs années plus tard, en voyant cette femme semblant être totale et entière avec sa petite fille, qu’elle est confrontée à ses faiblesses de mère. Cet été est le moment pour elle de faire un bilan de sa vie, et ce n’est pas très facile.

Voilà ce qui explique la folie qui l’emporte lorsqu’elle décide de voler la poupée de la jeune fille. Elle devient totalement obsédée par celle-ci, ne pensant qu’à elle. C’est un roman que je nommerai comme dérangeant par la teneur des propos qui ne sont pas communs. La plume de Ferrante est toujours aussi concise, précise et belle. Elle nomme avec délicatesse et franchise les émotions de façon pure et incroyablement profonde. Elle arrive avec énormément de talent à nous faire entrer rapidement dans l’intériorité des personnages. Dans ce cas-ci, on a réellement l’impression d’être dans la tête de Leda.

Au final, je suis très heureuse d’avoir foncé sur ce bouquin au Salon du livre de Montréal, c’est une lecture qui dérange, qui m’a sortie de ma zone de confort, mais que j’ai adoré déguster. Maintenant, je ne peux qu’attendre la sortie du quatrième tome de la saga en français ou lire L’amour harcelant, autre roman de Ferrante que je n’ai pas eu la chance de découvrir.

Et vous, attendez-vous avec impatience la sortie du tome quatre de la saga ?

 

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