Auteur : Christine Comeau

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Comment survivre à la fin du monde avec un bidon d’essence et des graines de citrouille

J’adore les romans d’anticipation dystopiques et autres visions catastrophiques du futur, génératrices d’angoisses nocturnes! Cependant, après la déferlante des Hunger Games, Divergente et pléthore de séries du même acabit d’il y a quelques années, je croyais avoir eu ma dose de récits post-apocalyptiques «young adults» pour un moment… Jusqu’à ce que je me retrouve Dans la forêt de Jean Hegland. Je ne sais pas pourquoi, mais les éditeurs francophones ont cru bon de nous faire patienter plus de dix ans avant de traduire ce petit bijou de la littérature américaine, qui avait pourtant connu un succès respectable à sa sortie, en 1996. Loin d’être passés date, les thèmes abordés sont, au contraire, tout à fait d’actualité. Dans la forêt raconte l’histoire touchante et douloureusement réaliste de deux sœurs adolescentes qui se retrouvent seules face à la fin de la civilisation telle que nous la connaissons. Très différent des autres livres du genre, c’est un roman sur la résilience… qui a un subtil arrière-goût de propagande new age! Girl power et patchouli On ne se le cachera pas: ce …

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Carnet de voyage: Pérégrinations et retrouvailles au pays des patates

Quand je voyage, j’aime bien profiter des longues heures de route pour lire. Tourner les pages en me laissant bercer par les vibrations de la voiture, en jetant un œil de temps en temps aux paysages qui défilent: pour moi – et pour d’autres aussi – c’est le moyen parfait pour s’évader! Cet été, je suis allée passer mes vacances à l’Île-du-Prince-Édouard et, bien entendu, aucune lecture n’aurait pu mieux meubler les 924 kilomètres qui séparent les pignons bleus de ma maison des proverbiaux Pignons verts, que les aventures d’Anne – avec un «e»! Ma vieille amie Anne Je n’en étais pas à ma première rencontre avec l’héroïne du plus grand classique jeunesse canadien de tous les temps.  Anne et moi, ça remonte à loin… Mon enfance a donc été bercée par les souvenirs de ce mémorable périple familial dans les Maritimes – marqué par une Anne cauchemardesque, une varicelle fulgurante et une rencontre importune avec un jellyfish! – mais aussi, heureusement, par le dessin animé japonais d’Anne aux pignons verts et plus tard, par …

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La fin du monde est à minuit

« Enfant il a volé une poupée à sa sœur par un tout petit trou dans le pied l’a vidée de sa mousse on l’a retrouvé dans la garde-robe inconsolable la bouche ouverte pleine de bourrure il essayait de se remplir. » (p. 45) J’ai découvert Mireille Gagné en octobre dernier, lors de la dernière édition de la Nuit de la poésie organisée par Québec en toutes lettres. C’était la première fois que j’assistais à l’événement et j’ai été étonnée par le nombre de spectateurs venus assister aux lectures – nombre qui dépassait sûrement la capacité sécuritaire de la salle, d’ailleurs! La poète gruoise (on n’a pas assez souvent l’occasion d’utiliser le gentilé de L’Isle-aux-Grues!) y a lu des extraits de son dernier recueil. Sa lecture a été mon coup de cœur de la soirée et, dès le lendemain, j’ai couru à la librairie me procurer son livre : Minuit moins deux avant la fin du monde. Tic, tac… Tic, tac… Le titre du recueil fait référence à l’horloge de la fin du monde, créée en …

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La Société des grands fonds: Une mise en abyme littéraire et littérale!

«Quel lecteur qui se respecte n’a jamais cru atteindre, entre les pages d’un livre, le cœur caché des choses, battant la chamade au revers des apparences?» (p. 34) C’est par une double mise en abyme que Daniel Canty exprime, dans cet essai très personnel, son rapport aux livres et l’importance de la littérature dans sa vie. Comme si un livre qui parle de livres n’était pas déjà assez meta, l’auteur fait littéralement plonger son lecteur dans les profondeurs de sa psyché, dans sa «mer intérieure», par l’entremise de références constantes aux fonds marins – des références aux «abîmes» océaniques. Si son allégorie sous-marine manque parfois de clarté, il ne s’en soucie guère, car pour lui, la métaphore est le fondement même de notre interprétation du monde. L’apprentissage de la vie est un jeu d’associations, de rapprochements entre les idées à partir desquels nous développons des images et créons notre propre représentation du monde qui nous entoure. L’eau et le rapport métaphorique au réel constituent ensemble le fil conducteur du livre, le courant qui porte le …

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À la conquête de l’Ouest!

Je n’ai jamais eu d’intérêt particulier pour les cow-boys – en dehors de l’idée fantasmatique d’avoir un cheval! – et la connaissance que j’ai du genre western se limite aux films de Lucky Luke et les Dalton écoutés à Ciné-Cadeau lorsque j’étais petite. Mais malgré mon lamentable manque de savoir en la matière, je dois dire que j’ai lu Les frères Sisters, de Patrick deWitt, plus vite que mon ombre! Dans les règles de l’art Ce roman satisfait à toutes les attentes que l’on peut avoir envers un western. On y trouve tous les clichés du genre: des duels de saloon aux grandes chevauchées vers le couchant, en passant par la ruée vers l’or et les Indiens. Le long périple d’Eli et de Charlie Sisters, tueurs à gage de renom, à travers les plaines et les montagnes de l’Ouest américain est agrémenté d’effusions de sang bien dosées et de rebondissements aux limites de l’absurdité, mais leur aventure est avant tout une forme de thérapie familiale peu orthodoxe! Ce qui fait le charme de ce roman, …

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Confessions d’une japanophile

Longtemps, j’ai essayé de nier les faits, de cacher la vérité. Mais aujourd’hui, le temps est venu pour moi de faire face à la réalité et de l’admettre : je suis une incorrigible otaku! Il faut dire que je suis tombée dedans quand j’étais petite, en écoutant des tonnes de séries japanime comme Le Petit Castor, Les trois mousquetaires ou Les mystérieuses cités d’or. Aujourd’hui, j’en porte encore les séquelles, arborant en public des t-shirts à imprimés kawaii et visionnant en boucle les vidéos perturbantes de Kyary Pamyu Pamyu — déconseillées aux personnes souffrant d’épilepsie! J’aime le dépaysement et la surprise perpétuelle engendrés par les explosions multicolores et les débordements absurdes de ces artéfacts excessifs et surchargés. J’ai malencontreusement transmis mon addiction à mes enfants, qui ont grandi entourés de Pokémon, d’Hello Kitty et de Mario Bros. Gamer invétéré, leur père a également contribué à leur perdition en les initiant à des jeux comme Kirby’s Adventure, Megaman et La légende de Zelda. Résultat : il n’est pas rare de les trouver en train de faire de l’origami au son frénétique …

Mary-Lee Picknell théâtre

Vivre la littérature — Entrevue avec Mary-Lee Picknell

Dernièrement, j’ai lu Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare, qui a toujours été l’une de mes pièces préférées. J’adore sa féérie onirique, qui donne inévitablement lieu à des costumes et des décors magiques, et bien sûr le personnage de Puck, archétype même du trickster jungien. Que serait le théâtre sans un peu de comique de situation? J’ai été agréablement surprise par mon expérience de lecture, car si j’aime beaucoup assister à une pièce, je dois avouer que, pour moi, lire le théâtre s’est souvent révélé une expérience insatisfaisante. L’absence de chair autour de l’os m’empêche généralement de savourer pleinement les dialogues, même les plus juteux! Après tout, le théâtre n’est pas conçu pour être lu, mais pour être mis en scène, interprété, regardé et écouté. Ce n’est pas une littérature qui se lit, mais qui se vit! Dernièrement, j’ai eu la chance de discuter avec quelqu’un dont le travail consiste justement à donner vie aux mots — et même à vivre les mots! Mary-Lee Picknell a généreusement accepté de me rencontrer dans un sympathique café du quartier …

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Annihilation : l’hybridation symbiotique du roman et de l’écran

Comme bien d’autres avant moi, je suis entrée dans le merveilleux monde de la littérature par la grande porte du roman à suspense. Adolescente, je passais mes nuits agrippée comme si ma vie en dépendait aux pages d’un Frissons, incapable de m’arrêter de lire et encore moins de trouver le sommeil, tant et aussi longtemps que je ne connaissais pas le fin mot de l’histoire. J’adore être prise en otage par une bonne intrigue! S’il arrive parfois que les récits de ce type manquent d’originalité, heureusement, des romans comme Annihilation de Jeff VanderMeer existent pour sauver la réputation du genre. Avant d’avoir lu le livre, le film, tu ne visionneras point Attirée par sa couverture aux couleurs contrastantes et sa quatrième de couverture intrigante, j’avais acheté Annihilation sans trop savoir à quoi m’attendre. Il dormait dans ma pile à lire depuis un bon moment déjà quand j’ai vu qu’une adaptation avait été produite. L’envie de voir le film m’a donné envie de lire le livre : hors de question de commettre l’odieux sacrilège de procéder …