Auteur : Martine Latendresse Charron

Nos suggestions de lecture Poésie pour le mois de juin du défi littéraire

En ce mois de juin, nous vous proposons de lire de la poésie! D’emblée, je l’avoue, c’est très rare que j’en lis et ce n’est pas parce que je n’aime pas, au contraire, je n’y pense que très rarement. Mais je suis vraiment heureuse que ce défi me pousse à en lire davantage. L’école nous a appris à penser la poésie, mais je pense qu’on doit laisser la poésie être sans chercher à la compter, la définir et voire la saisir entièrement. Mon choix s’arrête donc sur Déjà la horde de chair se tait d’Ariane Audet publié chez Hexagone. Ce recueil de poésie traite des violences féminines et est écrit (pour l’avoir déjà feuilleté un peu) de façon remarquablement touchante et ancrée dans une génération que je reconnais très bien. Très hâte de la lire à nouveau. La suggestion de Marjorie B J’ai choisi de lire le recueil de haïkus de Julie Tremblay «Le bruit du frigo». Je trouve intéressant de voir cette forme de poésie appliquée à notre culture et de lire des auteurs d’ici …

Ce qu’on a pensé de nos lectures Bande dessinée/Roman graphique du défi Je lis un livre québécois par mois

Comme je vous le disais dans l’article des suggestions de lecture du mois, j’aime beaucoup Zviane. Sa bande dessinée Les deuxièmes avait été un réel coup de coeur pour moi. J’avais aussi entendu beaucoup de bien (par Marie-Hélène!) de Ping Pong et je n’ai pas du tout été déçue, même si je trouve très difficile d’en parler par la suite. Comme le dit le quatrième de couverture, Ping pong, ça parle des arts. Bon, mais de beaucoup plus de choses, mais difficilement explicables. Ce sont des réflexions de Zviane, ensuite appuyées par le talent de nombreux bédéistes et ça forme un tout incroyablement unique, singulier et, par le fait même, difficile à définir. Je vous conseille fortement cette bd si vous vous intéressez à la démarche artistique et à tout ce que cela sous-entend. Cette édition complète de Ping pong est aussi vraiment géniale parce que Zviane commente ses propres dessins. PS: Zviane a répondu à notre questionnaire Autour des livres juste ici! Ma deuxième lecture du mois a été Je vois des antennes partout …

Le charme insoupçonné de l’intestin

Je me souviens encore de la première fois que j’ai entendu parler de ce best-seller. J’étais en Grèce et prise avec mon allergie au soleil. Je me cachais du soleil en lisant des magazines, disons-le, pourris. Un titre sur la couverture m’avait intéressée, c’était un truc du genre Le livre qui changea la vie de millions de lectrices. Bon, d’emblée je pensai à la bibliothérapie et au blogue, bien évidemment. Je me souviens aussi de ma grande déception quand j’ai réalisé que ce livre merveilleux (je m’attendais à un deuxième Eat, pray, love) en était un sur la digestion, sur l’intestin. Je trouvais les Allemandes étranges de lire des livres sur les intestins, et ce, surtout pour que ça en fasse un best-seller traduit dans plus de 30 langues. Me voilà donc 10 mois plus tard à me procurer ce bouquin dont j’entends sans cesse parler. Il faut savoir que c’est loin de mes intérêts personnels de lire des essais qui se rapportent à la médecine ou du moins au corps humain. Toutefois, il faut croire que je me suis …

L’adoration des beaux habits (et d’Instagram)

Dans son dernier roman, Sophie Fontanel nous entraîne dans un monde des plus facilement jugé ; celui de la mode. La vocation joint deux histoires, soient celle de Sophie, rédactrice au magazine Elle, et celle de son arrière-grand-mère Méliné, Arménienne arrivée à Paris avec sa mère Knar. Cette jonction entre le présent et le passé s’incline aussi entre la fiction et le réel. Sophie Fontanel ayant réellement été à la tête du Elle magazine, s’est inspirée de son expérience pour écrire l’histoire au présent. Pour la partie au passé où elle traite du parcours de son arrière-grand-mère, elle a puisé dans la fiction, malgré la réelle existence de cette femme amoureuse des beaux vêtements. Allez fouiller le mot-clé #LavocationSophieFontanel  sur Instagram, l’auteure a eu la généreuse idée de partager des archives familiales qui viennent sceller l’entreprise littéraire de cet ouvrage. Sous un fond de crise migratoire, la famille de Sophie est fascinante par son rapport à la vocation, à ces passions qui rendent la vie plus belle, plus endurable. Méliné est fascinée par les magazines de mode, par …

Autour de ton cou ; la réalité nigérienne dévoilée

Une des découvertes les plus frappantes de 2016, et ce même si l’année ne fait que commencer, est l’oeuvre de Chimamanda Ngozi Adichie. L’année dernière, Marjorie a parlé de son essai We should all be feminists et plus tôt cette année, Marion a écrit une critique d’Americanah, son plus récent roman. Je les remercie donc de cette découverte parce que c’est le coeur plein de gratitude que j’ai refermé Autour de ton cou, un recueil de nouvelles. Ça faisait un bon moment que je n’avais pas découvert une plume des plus singulières, mais aussi une perspective des plus négligée. À priori, je ne lis jamais de nouvelles. Simplement parce que j’aime les longs récits où on prend le temps de se plonger dans le quotidien d’un personnage et cette lecture m’a rappelé ce sentiment. Dans Autour de ton cou, j’aurais pris un roman entier pour chacune des nouvelles écrites. Voyons le positif ; cela m’a justement donné envie de lire les romans de l’auteure. Néanmoins, il y a dans les nouvelles de Ngozi Adichie un …

Nos suggestions de lecture « Bande dessinée » du défi Je lis un livre québécois par mois

Le premier roman graphique qui m’a fait tomber amoureuse est Fun Home d’Alison Bechdel. Quelle œuvre remarquable d’intelligence et de sensibilité! C’est ainsi que je me suis mise à davantage lire des romans graphiques et des bandes dessinées. Ma lecture de Les deuxièmes de Zviane est une des plus marquantes pour moi. Tout dans cette BD me plait : le dessin, l’amour, la musique. TOUT. Elle est parfaite et en fait une superbe suggestion de lecture pour ce mois-ci. J’ai décidé d’y aller avec une source presque sûre et de passer le mois de mai avec Zviane. Je lirai Ping-pong. Merci Marie-Hélène, ton article m’a convaincue. Ping-pong, « ça parle euh… des arts? C’est comme une espèce d’essai, y a vraiment vraiment beaucoup de texte ». C’est aussi un projet que Zviane a d’abord publié en ligne avant d’en faire un fanzine autoédité dont les 500 exemplaires se sont écoulés vraiment vraiment vite. Ce que vous tenez entre vos mains fébriles, c’est la version augmentée et, surtout, commentée de Ping-pong. Ça veut dire que c’est plus qu’un livre. C’est un espace commun …

Ce qu’on a pensé de nos lectures d’avril, « Première parution »

Le mois dernier, je vous disais avoir envie de lire un roman plein de lumière, un feel good book, comme on les appelle. Et bien, Les anecdotiers a répondu à mes attentes à plusieurs niveaux. Brièvement, l’histoire raconte la vie de François, un des créateurs du mouvement des Anecdotiers et aussi, sa passion avec la belle Corinne. La philosophie derrière le mouvement, l’envie d’ajouter une touche d’humour, d’innocence, de bonheur au quotidien me charme entièrement. Dans ce mouvement devenu planétaire, on fait face à des gens qui veulent tout simplement magnifier la vie et l’embellir, quoi de plus noble. On y fait la découverte de personnages qui veulent redonner du sens à leur existence et c’est par de petites anecdotes ou parfois des immenses que la vie devient plus belle. C’est d’ailleurs cette aura de positivisme et de volonté de contrôler sa vie dans le bonheur qui m’avait attirée vers ce roman, mais j’avoue que certains passages m’ont fait rouler des yeux. Non seulement on a l’impression que le roman va dans tous les sens parfois, mais on ne comprend pas toujours …

L’éloge des casanières

Avant toute chose, je dois avouer que je suis une pure et vraie casanière. Rien ne m’enchante plus que de cuisiner un plat réconfortant un après-midi, de lire en soirée et de me lover dans une couverture le soir. C’est simple, oui, mais j’adore pourtant ça. Casanière parce que j’aime rester à la maison, j’aime prendre le temps de ne rien faire et de fixer le plafond. Je n’ai pas besoin continuellement de distraction et même si cela provoque parfois de la culpabilité chez moi, ce sentiment de ne rien faire de concret, j’ai rapidement compris dans les dernières années que cela faisait partie de ma personnalité et même plus profondément d’un besoin. Comme de la fondation ultime de mon bien-être ; me retrouver devant du temps, chez soi, tout simplement. Cette idée du chez soi est complexe et toute simple à la fois. C’est pourtant un sujet qui me préoccupe et me touche. Lorsque j’ai vu que Mona Chollet, une auteure que j’ai découverte grâce à son excellent essai Beauté fatale, qui aborde les …

« C’est l’histoire d’une petite fille en équilibre sur une branche, qui ne mange plus rien d’autre que des livres. »

J’ai une admiration sans bornes pour quelques auteures et je dois dire que Delphine de Vigan en fait partie. Son écriture sans flioriture coule d’elle-même et chacun de ses livres m’ont plu. Heureusement, je n’ai pas tout lu. C’est quelque chose que j’aime bien faire quand j’aime beaucoup un auteur, me laisser des livres à lire. Je comprend que l’idée de s’enfermer un week-end avec l’oeuvre entière est fantastique, mais après on se sent vidé. Vidé parce qu’il y a un deuil à faire de ne pas pouvoir relire une oeuvre avec des yeux nouveaux. Je suis certaine que cela vous est déjà arrivé, de lire le plus doucement possible, pour en garder, pour ne pas se précipiter, tellement les mots étaient bons. J’ai donc le plaisir de m’offrir de temps en temps un Delphine de Vigan. Cette fois-ci, j’ai lu Jours sans faim, son premier roman publié en 2001 sous le pseudonyme Lou Delvig. Dans ce premier roman, elle raconte l’histoire d’une jeune fille  de 19 ans, Laure, atteinte d’anorexie. Fanie a déjà écrit …

Une petite parcelle de Salinger

Il y a quelque temps, j’écrivais un article sur Holden Caulfield, le personnage éngimatique de J.D Salinger, dans lequel je disais que ce personnage représente tellement pour moi et j’ai reçu un agréable message. On me proposait de lire la dernière parution de Pocket, Mon année Salinger de Joanna Smith Rakoff. C’est avec plaisir que je me suis laissée plonger dans ce roman basé sur une expérience réelle de l’auteure. Joanna a travaillé pendant une année dans le début des années ’90 à l’Agence qui représente plusieurs auteurs américains, dont le célèbre Salinger. L’agence pour laquelle est engagée Joanna est menée par une directrice froide, quoi que finalement passionnée et sensible. Sur le quatrième de couverture, Fréderic Beigbeder dit que le roman lui faisait penser à Le diable s’habille en Prada et je dois avouer qu’à un certain niveau on se retrouve dans l’ambiance de bureau froid et cela m’a bien plu. L’agence est ancrée dans des rituels classiques et immuables : Joanna se doit d’utiliser une vieille machine à écrire. Bien qu’engagée comme assistante …