Auteur : Martine Latendresse Charron

Je veux une maison faite de sorties de secours

En 2009, lorsque Nelly Arcan s’est suicidée, comme tout le monde, j’en ai entendu parler à la télé et la radio et j’ai décidé, moi aussi curieuse, d’acheter ses bouquins. J’aurais aimé que sa mort ne soit pas le moment de notre rencontre, mais bon, on ne choisit pas l’ordre dans lequel les choses arrivent. Je me souviens de soirs d’hiver frisquets, voire glaciaux, où je m’installais à lire Putain et ensuite Folle. C’était durant les vacances de Noël. Je m’en souviens parce qu’au Nouvel An, j’ai reçu Paradis clef en main. Ce fut quelques jours très brefs où je suis restée cloîtrée chez moi, à y tourner les pages. L’écriture de Nelly Arcan m’avait secouée, m’a emmenée dans des zones jamais exploitées. Elle a éveillé la féministe en moi, sans même que je puisse mettre ce mots-là, à cet instant. Nelly Arcan m’a fascinée dès les premières pages de Putain. Ses phrases sans fin, sa violence mélangée à sa tendresse, sa franchise face à ma surprise d’un monde dont j’avais longtemps été spectatrice. C’est …

DÉFI BOUQUINERIE JOUR 6 : Aujourd’hui, honore la langue française

Comme la plupart d’entre vous (je l’espère!) aime les mots, les auteurs et les livres, je pense sincèrement que vous avez à coeur le respect de la langue française. Toutefois, au quotidien, il est de moins en moins valorisé, avec les réseaux sociaux, de prendre le temps de soigner son écriture et par le fait même, la langue française. Souvent, je plisse les yeux en essayant de comprendre et de déchiffrer le sens des mots en lisant un commentaire sur le web et parfois je cris au scandale quand je vois quelqu’un qui ne prend même pas la peine de se relire. Et pourtant, je ne me considère pas du tout comme parfaite en français, mais du moins j’aime assez cette langue que j’utilise tous les jours pour y porter attention, bref pour l’honorer. On vous invite donc aujourd’hui à l’honorer. Prenez le temps de bien écrire vos courriels, vos textos, vos notes de cours, etc. On espère sincèrement que cela vous permettra de tomber amoureux de cette langue française et québécoise qui nous offre …

Libre, mais ensemble

Il y a quelques semaines, j’ai lu deux très positives critiques de La femme qui fuit. La première était de Geneviève Petterson, auteure du magnifique bouquin La déesse des mouches à feu, et la deuxième de Patrick Lagacé, journaliste à La presse. Sans le savoir, ils m’ont motivée à aller me procurer La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Depuis sa parution, il me tentait beaucoup et lire leurs deux papiers si élogieux envers ce roman n’a pas pu faire autrement que de m’envoyer à la librairie la plus proche me le procurer. Anaïs Barbeau-Lavalette était déjà une femme que je respectais et admirais. Son premier roman, Je voudrais qu’on m’efface, m’avait virée à l’envers lors de sa lecture. Elle y racontait l’histoire de trois enfants défavorisés, tout cela dans une langue juste et criante de dureté et de beauté. Et je dois dire qu’à la lecture de La femme qui fuit, je suis encore plus charmée et inspirée par cette artiste et femme incroyable. La femme qui fuit, c’est basé sur l’existence de Suzanne Meloche, sa …

DÉFI BOUQUINERIE JOUR 5 : Écris une lettre à la main

En ce 5 décembre, on vous invite à prendre le temps d’écrire une lettre à la main à un proche.  Une de mes amies vit depuis quelques années à Vancouver et nous avons pris l’habitude (très difficile à garder en ces temps numériques) de nous envoyer des lettres manuscrites. Chaque fois que je rentre chez moi et qu’une de ses lettres m’attend, je suis automatiquement heureuse. Ça fait changement des factures ou des pamphlets publicitaires. Et ça me touche de constater qu’elle a pris du temps pour moi, pour notre amitié. Voilà pourquoi j’ai envie de vous lancer un défi. Prenez une heure et écrivez une lettre à quelqu’un, n’importe qui, amie, parent, frère, amoureux/amoureuse, peu importe! Le simple geste d’écrire à la main peut sembler lointain. À l’ère des textos et des courriels, on soigne de moins en moins sa calligraphie. Or, pas besoin d’avoir une calligraphie exceptionnelle, mais le simple fait de prendre le temps et le soin d’écrire à quelqu’un qu’on aime aura des effets bénéfiques. Personnellement, il m’arrive de passer des semaines …

DÉFI BOUQUINERIE JOUR 3 : Prendre le temps de lire de la poésie

En ce 3 décembre, on vous invite à prendre le temps de lire de la poésie.  Osez, prenez le temps de vous asseoir confortablement et de savourer la beauté des mots. On le sait, la poésie est souvent mal aimée et trop souvent, encore, marginalisée. N’ayez pas peur d’elle, savourez les mots, tout simplement. Aujourd’hui, découvrez un poète, clamez à voix haute des vers et admirez toute la beauté de la langue française. Vous manquez d’inspiration ou vous ne connaissez pas assez de poètes ? Voici quelques suggestions : Redécouvrez le talent de Gaston Miron Lisez la poésie de Marie Uguay Hélène Monette Aimée Levesque Carole David Simon Philipe Turcot Suivez sur Instagram @despoemes, un compte exclusivement sur la poésie québécoise  

Le fil rouge propose le défi bouquinerie thérapie

Pour décembre, nous avons eu l’idée de créer un petit défi en lien avec la lecture, l’écriture et la création tout au long du mois. Ce défi au nom de DÉFI BOUQUINERIE proposera tous les jours une réflexion ou une action à poser, toujours en lien avec les livres et le bien-être. Ainsi, chaque matin, on publiera sur le blogue un article expliquant le petit défi qu’on vous lance quotidiennement et sur Instagram une photo dudit défi. Libre à vous de ne pas participer à tous les jours au défi, mais aussi seulement à ceux qui vous intéresse et qui vous tente.  J’ai préparé un petit graphique pour vous présenter les défis quotidiens! N’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux pour que le plus de gens participent 🙂 Rejoignez nous sur Instagram sous le mot-clé #DefiBouquinerie pour partager vos expériences!

Le regard porté vers la fenêtre

Dans ce premier roman, Fanny Britt nous offre le portrait d’une femme entière, toute en délicatesse et en dureté et parsemée d’une pensée récurrente, et si ? Et si la vie que vous avez depuis 15 ans ne vous tente plus parfois? C’est le cas du personnage principal Tessa, agente d’immeuble, mère de trois garçons et en couple depuis 15 ans avec le père de ses enfants. Cette Tessa, toujours au bord d’un précipice, au sommet de la tristesse. Elle se demande toujours un peu ce que serait sa vie, si elle était autrement. Et c’est l’apparition de son premier vrai amour qui la ramène à se questionner de plus belle. Cet amoureux qui a toujours été présent au fond d’elle-même réapparait dans son quotidien de mère qui transporte des ponts. Elle sera alors complètement chamboulée. Accepter ou refuser de revoir celui qui est à la base même de cette envie de tout lâcher ? « Dans les chansons, les films, et les milliers de pas parcourus sur les trottoirs de ma ville ». Encore …

Table rase, une pièce de théâtre féministe, crue et drôlement émouvante

Mercredi dernier, j’ai eu la chance d’assister à la première de Table rase, une création de Transthéâtre en co production avec Collectif Chiennes à l’Espace libre. Cette pièce de théâtre est féministe, drôle et profondément ancrée dans ma génération. On rit, on pleure, on réfléchit surtout, et on a envie d’être amie avec les filles de la pièce. Table rase, c’est une histoire d’amitié tumultueuse, franche, belle, et ô combien éternelle. Écrit par Catherine Chabot avec la collaboration de Brigitte Poupart et du collectif Chienne, le texte est cru, beau, poétique et va droit au coeur. Les six actrices, toutes meilleures les unes que les autres, Vicky Bertrand, Marie-Anick Blais, Catherine Chabot, Rose-Anne Déry, Sarah Laurendeau et Marie-Noëlle Voisin, livrent des performances plus vraies que vraies. C’est à se demander parfois, improvisent-elles? Le naturel leur colle à la peau. J’étais subjuguée par l’authenticité qui sortait de leur bouche, elles déclaraient des mots qui résonnent en nous, en toutes ces filles d’aujourd’hui. Les six amies depuis toujours se retrouvent dans un chalet pour vivre un souper de filles. La mise en scène de …

Femmes au temps des carnassiers

Femmes au temps des carnassiers raconte l’histoire de plusieurs femmes qui, toutes à leur manière, vivent avec les conséquences quotidiennes du règne de François Duvalier à Haïti des années 1957 à 1971.  Le roman débute dans la cuisine de Mika, une grande journaliste qui est affaiblie d’une peur incontrôlable et sauvage de ce qui se passe dans son pays. Toutefois, elle n’arrête pas d’écrire des articles dénonciateurs. Cette première voix du récit nous entrainera dans les déboires d’une société habitée par la peur. Au fil des pages, on y découvrira des femmes résistantes, fortes et incommensurablement inspirantes.  « Cet ouvrage, simplement pour dire qu’une histoire tue est une histoire tuée » L’écriture de Marie-Celie Agnant est extrêmement noble : elle nomme et raconte les plus terribles émotions et le chaos, toujours de façon sensible et poétique. Le destin des femmes qu’elle présente ne reste scellé dans les tourments de leur quotidien, mais bien dans l’humanité de chacune d’elle. Agnant nous montre par ces portraits de femmes, des courageuses, des femmes remplies d’espoir, et ce, en ne sous-estimant jamais …

Paul dans le Nord : moto, hormones et jeux olympiques

Il y a déjà quelques semaines, je vous parlais de mon amour pour la série Paul. Je ne vous explique pas le bonheur quand j’ai tenu le colis contenant la nouvelle BD Paul dans le nord et ce, avant sa sortie en librairie, j’étais folle de joie! Paul dans le Nord nous amène dans l’adolescence de ce dernier, à l’aube des jeux olympiques de Montréal. Pour les habitués de Paul, vous serez surpris! Mais agréablement, bien entendu. Le personnage de Paul est tellement aimé, considéré comme le bon gars, que c’est étonnant et rassurant de reconnaître que Paul, il n’est pas parfait. Le récit est basé sur les premières expériences de Paul : le première fois qu’il fera du stop, qu’il fumera, qu’il tombera amoureux, qu’il vivra une peine d’amour et j’en passe. Les hormones de Paul sont dans le tapis, il parle des filles constamment avec ses amis et ça nous laisse percevoir que Paul était comme tous les adolescents au fond, plein de maladresses. Il change d’école secondaire et est complexé par ses boutons, ses cheveux, son …