Auteur : Martine Latendresse Charron

Critique commune de « Toutes celles que j’étais » d’Alba Farhoud, lecture d’août du défi littéraire

Ce que j’en ai pensé J’avais entendu une de mes amies nommer Abla Farhoud quelques fois et je me souviens d’avoir mis Le sourire de la petite juive sur ma liste mentale de livres à lire. Alors quand j’ai vu que Toutes celles que j’étais gagnait le sondage pour la lecture du mois d’août, j’étais bien contente d’avoir enfin la chance de me plonger dans l’oeuvre de cette auteure. Je n’irai pas par quatre chemins : J’AI ADORÉ MA LECTURE. Honnêtement, en ce neuvième mois de l’année, je déclare que Toutes celles que j’étais est ma plus belle découverte du défi littéraire En 2015, je lis un livre québécois par mois. Le roman inspiré de faits réels de la vie de l’auteure n’est toutefois pas une autobiographie au sens propre du mot. On remarque beaucoup de similitudes dans la vie de la narratrice comme dans celle de l’auteure, mais on se doit d’en faire abstraction pour se plonger dans la vie d’Aablè. Elle raconte son arrivée au Québec lorsqu’elle n’avait que 6 ans. Elle raconte le …

Des diamants et des femmes

Dans mon tout premier article chez Le fil rouge, je vous parlais du roman Les débutantes de J. Courtney Sullivan. J’avais vraiment été portée par l’histoire et surtout charmée par le ton féministe de l’auteure. En lisant son deuxième roman Maine, j’avais aussi retrouvé autant dans son écriture que chez les personnages féminins une réelle connivence et je m’étais promise de me tenir au courant du parcours de l’auteure! En juin dernier, j’ai appris que son oeuvre Les liens du mariage était enfin disponible en format poche, mais impossible de le trouver à Montréal avant mon départ, c’est donc à St-Malo en France que j’ai eu la chance de mettre la main sur cette petite brique de 600 pages.  Après avoir analysé l’amitié dans Les débutantes et la famille dans Maine, elle nous raconte cette fois-ci les liens du mariage. Bon, d’emblée ça m’attirait pas comme thématique, sauf que Sullivan nous montre plusieurs facettes du mariage et ce, en ne tombant jamais dans les clichés. Le roman suit cinq couples dans différentes époques et selon …

Grandir avec les vieilles

Déjà en écrivant ces premiers mots, je me sens obligée de me justifier de l’utilisation des mots les vieilles dans mon titre. C’est comme si on avait une certaine pudeur à appeler les personnes âgées ainsi, que ce soit pour des questions de respect, de politesse et autres. Mais ce n’est pas le but de mon article, car le titre fait référence aux deux livres qui seront présentés dans cet article, soit Grandir de Sophie Fontanel et Les vieilles de Pascale Gautier. Loin de moi l’idée d’insulter ou de manquer de respect à ces personnes âgées, au contraire en choisissant ces deux livres, je me suis entièrement ouverte et laissée charmer par ces vieilles. J’ai ouvert mon coeur à un univers trop souvent non représenté en littérature (et comme partout ailleurs, on se souviendra qu’au cinéma, les femmes deviennent vieilles à 30 ans, contrairement aux hommes..) J’utiliserai donc le terme vieille, comme le font les auteures de ces deux romans, pour vous faire découvrir des femmes -avant d’être des vieilles-, leur quotidien, leur passé, leur futur, ainsi …

Quand les livres prennent soin de nous : l’importance d’une bibliothérapie créative

Ah ce petit livre, comme je l’ai désiré ! Je voulais tellement me le procurer, mais il semblait indisponible dans toutes les librairies que j’ai visitées. J’ai donc dû le commander et j’ai attendu près d’un mois pour enfin le tenir dans mes mains, mais je n’ai pas été déçue! Depuis plusieurs années, je crois aux bienfaits de la bibliothérapie. J’aspire dans ma vie de tous les jours à conseiller mes amis et ma famille à faire des lectures qui sont bénéfiques pour le coeur. Je fais partie de ces gens qui croient fermement à l’étendue des vertus de la lecture. J’ai donc commencé ma lecture, déjà conquise par le sujet. Je connaissais Régine Detambel depuis quelques temps et je savais qu’elle offrait des conférences et des formations privées en bibliothérapie. Le rêve! En aprennant sur son site web qu’elle publiait un essai sur la bibliothérapie, j’étais déjà charmée! Avec Le fil rouge, je veux de plus en plus apporter cette approche qu’est la bibliothérapie. Les livres prennent soin de nous est le livre parfait pour comprendre de quelle manière …

Le plaisir d’être à table & gourmandises

Quand Marjorie et moi, on a vu le livre de Chefs de famille en librairie, on a tout de suite voulu l’avoir et le découvrir. C’est qu’il s’agit réellement d’un des plus beaux livres de cuisine québécois, oui oui, rien de moins. Le stylisme culinaire, la beauté des photographies et le graphisme font de ce livre de recettes un incontournable à laisser traîner pour enjoliver la cuisine ou même la table à café (pour l’inspiration!) Publié chez les Éditions Cardinal, la même maison d’édition que le magnifique Trois fois par jour, je pense qu’il n’est pas faux de dire que cette maison sait nous offrir des livres incroyables comme objets, mais aussi créativement parlant, ultra alléchants. C’est évident qu’à partir de maintenant je vais porter une attention particulière à leurs prochaines publications gourmandes! Chef de famille a été publié il y a quand même quelques mois, en avril, alors désolée pour l’article tardif, mais je ne devais pas passer à côté parce que, comme dit précédemment, c’est un de mes nouveaux chouchous québécois. Écrit par …

Un matin je suis partie

Un matin je suis partie est l’histoire d’Alice Steinbach, une femme d’une quarantaine d’années qui se décide à simplement partir. Aller à la rencontre d’elle-même. Pas la mère, ni la fille, ni la journaliste, ni l’ex-femme, simplement Elle-même avec Elle-même. Écrit sous forme de confidence, Alice Steinbach nous entraîne avec elle dans ses voyages, ses rencontres, ses pensées, ses prises de conscience et personnellement, j’ai été obnubilée par l’écriture. Elle est d’une simplicité, d’une franchise et d’une lucidité qui m’a réellement donné envie d’aller à la rencontre de moi-même.  « Sous bien des aspects, j’étais une femme indépendante, écrit Alice Steinbach. Récemment, toutefois, j’avais commencé à comprendre que, même si je disposais de mon argent et de mon temps, je demeurais en quelque sorte dépendante. Avec les années, j’avais pris l’habitude de me conformer à l’idée que les autres se faisaient de moi comme mère, fille, épouse, ex-épouse, journaliste, amie. J’avais à présent envie d’abandonner ces rôles, au moins pour quelque temps, et de découvrir quelle personne apparaîtrait. » C’est ainsi qu’Alice se retrouve à …

L’autofiction au féminin en quatre titres

La nécessité de dire, d’écrire sur soi, sur l’expérience, le ressenti, la douleur, le bien-être, pour comprendre, essayer du moins. L’autofiction. Un genre qu’on associe au contemporain, car on y mélange réel et fiction. On parle de soi pour parler de l’autre. Et on s’inspire de l’autre pour parler de soi. Différent de la biographie et même de l’autobiographie, l’autofiction se crée une niche bien personnelle et féminine en littérature. Quoi que pas exclusive aux auteures, on remarque une attirance pour cette littérature qui s’inspire de soi, de l’intériorité pour raconter des histoires. J’avoue que je suis une grande lectrice de ces oeuvres autobiographiques. Je trouve qu’elles ont à leur façon une véritable essence et un réalisme envoûtant. J’ai l’impression en lisant une oeuvre d’autofiction d’entrer quelques instants dans la vie réelle, rêvée ou inconsciente d’un auteur et d’avoir accès à des parcelles de véracité. Voici donc mon top 4 de mes autofictions préférées. Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan Ce roman raconte l’histoire d’une femme qui vient de perdre sa mère d’un suicide. Elle tente donc …

Manger beau, bon et pas cher !

Un des livres que j’ai le plus consulté quand je suis partie en appartement est le livre de cuisine La croûte cassée. Les recettes sont faciles, pas dispendieuses, le livre est beau et drôle, quoi demander de plus pour une jeune cuistot pas tant à l’aise derrière les fourneaux ? Je ne suis pas la seule à avoir eu un véritablement coup de coeur, car le livre a été vendu à 25 000 exemplaires, ce qui est vraiment énorme! Et Gabrielle est d’accord avec moi puisque le livre fait partie de son Top 5 des meilleurs livres de cuisine. Voilà pourquoi les deux auteures, Marie -Michelle Garon (que vous avez peut-être vues dans l’émission Solutions gourmandes à Canal vie, émission que j’adore soit dit en passant!) et Mariève Desjardins, ont remis la partie avec leur deuxième tome Beau, bon, pas cher! Il y a plusieurs classiques dans ce livres tels l’osso bucco, le poulet au beurre, des sauces traditionnelles. C’est le genre de livre parfait pour les débutants qui ont l’impression que cuisiner est difficile. Les bases proposées …

Second début : le renouveau féminisme

La dernière petite plaquette de la collection Document publiée par Ateliers 10 s’adresse à quiconque voulant mieux comprendre d’où part le féminisme au Québec et où il s’en va. Dans Second début de Francine Pelletier, on découvre ce que c’est d’être une femme dans le Québec actuel et aussi, passé. À travers son parcours de féministe, avec la revue La vie en rose, Francine Pelletier offre une réflexion nécessaire sur la place du féminisme dans notre société. Elle nous explique les combats vécus lors de l’émergence du mouvement féministe et nous entraîne au fil des vagues, des revendications et des époques qu’a connu le Québec. Elle place d’emblée un portrait de notre société en abordant la fusillade de la Polytechnique, elle ne peut faire autrement. Cet événement, synonyme d’une haine envers les féministes, englobe et enveloppe une aura de pensées et d’événements qui viennent définir le féminisme québécois. Heureusement, Francine Pelletier prend conscience que la relève féministe des femmes de 25 à 35 ans reprend du flambeau et ose se dire féministe, un mot qui a souvent fait peur dans les dernières décennies. …

Étudier en littérature : top 10 de mes lectures les plus marquantes

Tout au long de mes études en littérature, j’ai eu la chance de faire la connaissance d’auteur-es exceptionnel-les qui ont su m’amener dans leur univer respectif et me faire vivre d’incroyables émotions lors de mes lectures. Ce n’a pas toujours été des lectures heureuses ou significatives, mais j’ai toujours aimé découvrir par le biais de mes enseignant-es. Les littéraires comprendront cette passion qui nous habite lors du premier cours d’une session quand on apprend enfin les oeuvres qui seront à l’étude. J’ai eu la chance de lire, d’analyser et de comprendre de nombreux textes classiques et incontournables de la littérature étrangère, française et québécoise. Je pense que je serai toujours un peu nostalgique de ces trois années où j’ai consacré toute mon attention et mon temps à lire et à découvrir. Durant ces trois années, j’ai eu des coups de coeur pour des livres qui ont su me captiver et forger mes intérêts littéraires. J’ai aussi cogné des clous en me forçant à lire des textes obligatoires qui ne m’attiraient aucunement. Toutefois, chaque découverte, chaque …