All posts tagged: Art

Ma vie par Isadora Duncan

«Le caractère d’un enfant est tracé dès le début, dès le sein de sa mère. Avant ma naissance, ma mère était dans une grande détresse morale, et dans une situation matérielle tragique. Elle ne pouvait prendre pour toute nourriture que des huîtres glacées et du champagne. Quand on me demande quand j’ai commencé à danser, je réponds : «Dans le sein de ma mère, sans doute par suite des huîtres et du champagne, la nourriture d’Aphrodite.»» Ludwig van Beethoven entame pour moi sa Sonata Op. 31 No 2 : III Allegretto, sous les doigts du pianiste Javier Perianes. En fixant la mer étendue devant mes yeux, je sens la musique entrer chez moi et me transpercer en des mouvements purs et nouveaux. Je parviens presque à imaginer Isadora Duncan incarner cette musique avec ses gestes inspirés, entre autres, du mouvement des vagues. «Je suis née au bord de la mer, et j’ai remarqué que tous les grands événements de ma vie se sont produits au bord de la mer. Ma première idée du mouvement de …

L’esthétique de la laideur et les feuilles d’automne

Je fais dans le dégoûtant. L’être humain se meurt dans son besoin absolu de décrire le beau. Et c’est dans notre obsession de vouloir le définir que nous en perdons les repères. C’est qu’ils sont personnels ces repères. Je me plais dans le laid. Parce que la laideur est relative. Tout comme la beauté. Qu’est-ce que la vie sans pourriture? Qu’est-ce que le magnifique sans l’horrible? Le culte de l’esthétique du beau est archi-faux. L’espèce humaine apprend autant dans la décrépitude de son prochain que dans l’épanouissement de celui-ci. On naît avec cet amour de l’affreux, de l’étrange et du mystérieux. C’est une envie bien ancrée qui se développe en l’être qui veut bien l’abriter. Comme la fleur, nous l’aidons à croître en l’arrossant de curiosité, d’ouverture et de réalisme. La différence est que nous ne craignons pas de voir la tige se courber l’échine sous le poids de la vie. Nous observons avec autant d’excitation ce rite, par lequel nous passerons tous tôt ou tard, qui s’avère être aussi splendide que la naissance. Lorsque …

Musique d’ici: Safia Nolin

Si vous avez manqué ma découverte musicale du mois d’Août, c’est par ici. En Septembre, on écoute Safia Nolin. J’ai découvert Safia l’année dernière avec sa chanson « Valse à l’envers » publiée sur la chaîne de BRBR. J’ai tout de suite adoré son style folk et me suis empressée d’aller en découvrir davantage dans les entrailles du merveilleux monde de YouTube. Avec sa voix douce et ses textes inspirés de sa propre réalité, elle nous fait entrer dans son univers parfois sombre, mais toujours apaisant. À l’âge de dix-sept ans, Safia Nolin décide d’apprendre à jouer de la guitare par elle-même. Sage décision puisque, un peu plus tard, elle remporte le prix SOCAN de la chanson primée à la 44e édition du Festival International de la Chanson de Granby avec sa composition « Igloo », que l’on pourra entendre sur son premier album. D’ailleurs, celui-ci sort… aujourd’hui! Inutile de dire que j’ai très hâte de me le procurer pour faire profiter mes oreilles de son talent. Safia a déjà un beau parcours musical. En mars dernier, l’excellent artiste Pierre Lapointe …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie III –

Je suis en plein cœur d’un dilemme majeur. Comme la plupart des Québécois, ou des gens de passage, j’ai attendu la venue du soleil des semaines durant. Il fallait garder le moral et surtout apprivoiser la brume, la grisaille, la pluie et les gens maussades. Mais plus souvent qu’autrement, on avait le droit à un temps joueur de tour, soleil et averses, avec au bout (parfois) un ou plusieurs arcs-en-ciel. Et août s’est amené, avec lui notre bonne étoile, sa chaleur, les sourires en fusée et enfin on a pu sortir les vêtements de saison. Ce matin, alors que je suis déjà en retard pour l’écriture de ce présent article, je traverse le parking entre la Vieille-Usine et la plage et je descends près des vagues, abandonnant mes chaussures à l’ombre d’une bûche polie (garder ses chaussures sur la plage, pourquoi ?). «Écrire sur le bord de la mer, quelle bonne idée !» Avec la mer, arrivent les dilemmes ! Par exemple, ici à L’Anse-à-Beaufils (Percé), la petite plage semi-rocailleuse est reconnue pour sa forte …

Musique d’ici: Peter Henry Phillips

Si vous avez manqué ma découverte musicale québécoise du mois de Juillet, c’est par ici. En Août, on écoute Peter Henry Phillips. Originaire de Saint-Adrien, Pierre-Philippe Côté (de son vrai nom) s’est lancé récemment dans un projet anglophone et a sorti son premier EP cet hiver sous le nom de Peter Henry Phillips. Je suis tombée en amour avec sa chanson « Secret » la première fois qu’je l’ai entendue. Depuis, elle joue sans arrêt dans mes oreilles. Elle agit comme un plaster sur le cœur quand il va moins bien. On a juste besoin de fermer ses yeux et de l’écouter pour aller un peu mieux. Sa musique a un son planant, un peu comme celui de William Fitzsimmons ou celui des ballades de City and Colour. Je vous donne un p’tit avant-goût de son travail (attention, vous risquez de devenir accro comme moi). Le mois dernier, il a fait la première partie de Coco Méliès (ça vous dit quelque chose?). C’était sûrement un excellent spectacle! J’aurai la chance de me reprendre. Il revient le 4 octobre prochain, à …

Raconter l’insularité: les conteurs des Îles-de-la-Madeleine

J’ai la chance d’avoir un pied à terre aux Îles-de-la-Madeleine; il s’agit de la maison familiale ancestrale que mes parents s’attèlent à rénover depuis le rachat de la demeure en 2005. Il va sans dire que j’y suis allée bon nombre de fois et que je commence à plutôt bien connaître ce petit archipel du Golfe du Saint-Laurent. Toutefois, je suis toujours aussi charmée et inspirée par cet univers insulaire. En étonnante ébullition culturelle pour la modestie de leur superficie, les Îles-de-la-Madeleine renferment plusieurs trésors littéraires imprégnés d’impressions maritimes et de vent salin. C’est pourquoi, suite à mon retour de deux semaines d’exil en ces eaux lointaines, je vous rapporte deux chroniques sous la forme d’un diptyque s’articulant autour de la narration de l’insularité. La chronique de la semaine prochaine sera une plongée dans l’univers de la nouvelle et de la poésie avec le recueil Le sel et le goémon, de Christine Arseneault-Boucher, paru cet été aux Éditions de la Morue Verte. Je vous propose aujourd’hui une incursion chez les conteurs des Îles, à la …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie II

Un mois se sera bientôt écoulé depuis que j’ai mis les pieds à Percé pour y habiter (pour l’été). Comme tout est éphémère, j’essaie d’en profiter un maximum au grand dam de mon estomac. Il faut dire que la bière d’ici est délicieuse et que je dis rarement non à une Pit Caribou blanche. Je vis à Percé, mais pour être totalement franche, je dors à Percé et je passe mes journées à L’Anse-à-Beaufils, à l’endroit le plus fabuleux du coin, La Vieille-Usine. Je travaille à la galerie d’art qui occupe presque l’entièreté de l’espace au deuxième étage. J’y offre des ateliers de création et de théâtre pour enfants et je réponds aux clients. * Je baigne dans un univers artistique et culturel. Mais avant d’y pénétrer, cet univers n’était pas palpable pour moi. Et ce même si je m’intéresse à la carrière d’un grand nombre d’artistes du coin depuis des années déjà et que je suis inspirée par eux dans mon propre travail. Je me souviens, il y a quelque temps, d’avoir émis le commentaire …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie I

Après un hiver plutôt tranquille et un printemps un tantinet plus dynamique, me voilà projetée dans une toute nouvelle vie (nouveau job & nouveau lieu de vie). Ça roule. Ça file. C’est fou. Mais je me sens vivante. Comme tout renard qui se respecte, j’ai besoin d’apprivoiser et d’être apprivoisée. Me voilà donc perchée sur le Mont Sainte-Anne à Percé, avec vue sur une carte postale sans cadre, illustrant le Rocher-Percé et l’Île-Bonaventure. D’ici la fin de la belle saison (qui tarde à s’installer) je connaîtrai les moindres états d’âme de ces deux imposantes sculptures naturelles. Sous ses allures de ville touristique, de ville boutique, de ville porte-clés du rocher fabriqué en chine, de ville-crustacé, de ville-croisière aux baleines, de ville-fou de Bassan, Percé est une ville artistique. Reste imprégnée à l’asphalte, à l’air, au brouillard, à l’eau, aux sons, l’âme créative de quelques fantômes, dont celui de Suzanne Guité. La grande. Depuis toujours, je visite Percé plusieurs fois par été, avec mon regard de touriste. Photos du rocher à partir du quai, promenade sur …

Musique d’ici: Saratoga

Si vous avez manqué ma découverte musicale québécoise du mois de juin, c’est par ici. En Juillet, on écoute Saratoga. Je connaissais déjà la musique de Chantal Archambault. Par contre, je n’étais pas au courant qu’elle et Michel-Olivier Gasse s’étaient récemment créés un groupe du nom de « Saratoga ». C’est mon amie qui m’a parlé d’eux après les avoir entendu à Tadoussac, le mois dernier. Gros coup d’coeur pour elle et moi. Les deux mots qui me viennent en tête en écoutant leur mini-album sont «douceur» et «simplicité», autant par rapport à leurs voix qu’à leurs mélodies et leurs paroles. Ils ne font pas que chanter; ils nous racontent des histoires. « Tu sais ç’qui est beau avec le soir? J’m’en vais m’coucher comme pour te voir. En attendant toi dans mes bras, même pas couché je rêve déjà. » – Les bourgeons pis le gazon Avec son style folk, Saratoga est parfait pour l’été. Leur musique est un bon remède contre la grisaille que nous apporte la pluie! J’vous laisse avec un p’tit teaser. Ils se produiront prochainement sur scène dans le coin …

Musique d’ici : Emilie & Ogden

Si vous avez manqué l’article du mois de Mai de ma série « Musique d’ici », c’est par ici. En Juin, on écoute Emilie & Ogden. J’ai découvert la chanson What Happened en creusant dans YouTube, comme j’fais tout l’temps (c’est sûrement une de mes activités préférées). Quatre minutes plus tard, j’étais tombée sous l’charme de la musique d’Emilie Kahn. Quand j’ai commencé à l’écouter, j’cherchais qui était Ogden. J’ai fini par comprendre qu’Emilie formait un duo hors du commun avec sa harpe, qu’elle avait baptisée ainsi. En fait, « duo » serait presque un mot mal choisi puisque je trouve qu’elle ne fait qu’un avec son instrument. Son style étant plutôt folk, Emilie a une voix angélique et délicate qui s’harmonise parfaitement avec son jeu à la harpe. Elle me fait penser à un mélange entre Anna McLuckie et Joanna Newsom, mais version québécoise. Les harpistes ne courent pas les rues, malgré la beauté du son de cet instrument. Elle est un vent de fraîcheur dans la culture de notre belle province. Emilie & Ogden joue parfois en formule trio avec Jesse Mac Cormack, à la guitare, …