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Mary-Lee Picknell théâtre

Vivre la littérature — Entrevue avec Mary-Lee Picknell

Dernièrement, j’ai lu Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare, qui a toujours été l’une de mes pièces préférées. J’adore sa féérie onirique, qui donne inévitablement lieu à des costumes et des décors magiques, et bien sûr le personnage de Puck, archétype même du trickster jungien. Que serait le théâtre sans un peu de comique de situation? J’ai été agréablement surprise par mon expérience de lecture, car si j’aime beaucoup assister à une pièce, je dois avouer que, pour moi, lire le théâtre s’est souvent révélé une expérience insatisfaisante. L’absence de chair autour de l’os m’empêche généralement de savourer pleinement les dialogues, même les plus juteux! Après tout, le théâtre n’est pas conçu pour être lu, mais pour être mis en scène, interprété, regardé et écouté. Ce n’est pas une littérature qui se lit, mais qui se vit! Dernièrement, j’ai eu la chance de discuter avec quelqu’un dont le travail consiste justement à donner vie aux mots — et même à vivre les mots! Mary-Lee Picknell a généreusement accepté de me rencontrer dans un sympathique café du quartier …

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La nuit du 4 au 5, pas qu’une pièce de théâtre

Depuis mon cours de dramaturgie l’année passée, je garde un œil sur les programmations théâtrales des théâtres les plus populaires de Montréal. Je m’intéresse au gagnant du prix Gratien-Gélinas du CEAD (Centre des auteurs dramatiques) chaque année, et je me dis chaque fois, un peu comme je me le dis avec les livres, « si ça gagne un prix, c’est que ça doit être bon », alors je m’oblige, à mon plus grand plaisir, à aller voir cette pièce. Je n’ai pas pu voir la pièce La nuit du 4 au 5, de Rachel Graton, par manque de temps, et depuis j’ai tenté de traquer cette pièce pour au moins la lire, sans réussir. Jusqu’au Salon du livre de Montréal de cette année où je l’ai aperçue au loin, quasiment entourée d’un halo, chez Dramaturges Éditeurs. En plus, à mon plus grand bonheur, c’est une illustration de Mathilde Corbeil qui habillait la première de couverture. Que du bonbon pour les yeux. Une construction particulière Lors de mes premiers moments de lecture, j’ai trouvé la pièce décousue, …

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« J’suis jamais malade en été d’habitude » : Rencontre avec l’auteure et comédienne Patricia Rivas

Il y a déjà quelques semaines, j’ai assisté avec Marjorie à la représentation de la pièce de théâtre J’suis jamais malade en été d’habitude. Nous avons été incroyablement et positivement surprises de cette pièce racontant l’histoire d’une jeune femme qui apprend qu’elle est atteinte de la sclérose en plaques. Avec beaucoup de sensibilité et d’humour, on suit cette jeune fille dans ses questionnements personnels lors de l’annonce de sa maladie à ses proches, puis dans son acceptation de cette maladie. La comédienne principale, Patricia Rivas, est tout à fait remarquable; elle a un regard très communicateur qui nous entraîne rapidement dans le récit. Elle est aussi l’auteure de cette pièce et est elle-même atteinte de la sclérose en plaques. J’ai été vraiment touchée et inspirée par son courage et son talent et j’ai donc eu envie de m’entretenir avec elle pour en savoir plus sur son processus créatif. Je vous invite fortement à suivre la page Facebook de la pièce pour être informé des prochaines représentations; ça vaut vraiment la peine de se déplacer!   …

Manifeste pour la lecture du texte dramatique

Les amateurs et les amatrices de lecture n’auront pas toujours le réflexe de lire des pièces de théâtre. C’est assez compréhensible; sans avoir sous nos yeux les acteurs et les actrices, les décors, la mise en scène, on peut avoir l’impression de manquer une partie du spectacle quand on se retrouve devant un texte dramatique. Pourtant, je vous invite à lire du théâtre en tant qu’objet littéraire en soi. Bien sûr, il nous manque la gestuelle, que les didascalies ne font que suggérer, bien sûr on ne peut qu’imaginer les costumes que nous décrit le ou la dramaturge. Par contre, le texte dramatique est une écriture hautement travaillée qui mérite qu’on s’y attarde pleinement. Par exemple, j’ai lu la pièce de théâtre J’accuse d’Annick Lefebvre avant d’aller voir la représentation au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. La pièce, composée de cinq longs monologues, est truffée de jeux de mots intéressants, de figures de style, de renvois et de références truculentes qui m’auraient sans doute échappé si je n’avais pas lu le texte avant de voir la …