Art et créativité
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L’un l’autre les uns les autres, s’observer

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Comme c’est souvent le cas pour les livres qui deviennent de beaux coups de cœur (ceux dont je ne veux plus me séparer), il s’agit de lectures que je laisse venir à moi par un amoncellement de synchronies. Ici, je vous parle de ma rencontre avec Moi aussi, un carnet écrit en dialogues de Sylvie Cotton et Nathalie de Blois. Je ne pouvais souhaiter plus grande source d’inspiration pour le moment où je me situe dans ma vie intime et créative.

Aujourd’hui, je décide de mélanger mes deux passions : la littérature et les arts visuels. Elles se lient en moi pour me permettre de trouver un certain équilibre et pour définir mon langage intérieur et intime, celui que je partage ensuite avec d’autres âmes sensibles. La petite histoire qui suit en est une de rencontres entre plusieurs personnes pour qui le partage est forgé d’empathie, de désir de liberté, de curiosité et de passion. Nadia, Joëlle et Eric, c’est un genre d’hommage que je vous rends avec ce texte, votre passage dans ma vie est lumineux et inspirant. À votre contact, je me reconnais. Tout cela suit le même chemin qu’un tout petit livre, tout à fait intrigant : Moi aussi, un carnet dialogue entre l’artiste visuelle Sylvie Cotton et la commissaire Nathalie de Blois.

L’été

L’été dernier, j’ai partagé quelques moments, à la galerie d’art, avec une jeune artiste dotée d’une sensibilité émouvante: Joëlle Henry. De ces instants où l’on était à la galerie naissaient des conversations effervescentes sur l’art, la vie, l’art-vie. Je me souviens vaguement qu’elle m’ait parlé d’une certaine artiste qui avait capté mon intérêt, sans que je pousse pour autant mes recherches par la suite. J’aime apprivoiser les sujets, les gens, les œuvres à mon rythme et je les laisse venir à moi, je les apprivoise tranquillement. Je laisse cette part de hasard agir avec naturel et sauvagerie (pour moi, le terme sauvage signifie le retrait, la nature, l’intériorité, le primitif, l’ancré, le vrai).

L’hiver

Quelques mois passent, et un certain jour d’hiver, très froid, je rends visite à une autre amie artiste, aussi humaine, captivante et passionnée, Nadia Aït-Saïd (je vous invite fortement à découvrir son travail). Pendant qu’elle me prépare un délicieux café oriental, je me dirige, comme je le fais chaque fois que j’en ai l’occasion, vers sa bibliothèque. Elle m’invite à fouiller. Je suis immédiatement attirée par un mignon petit livre blanc, à la bordure orangée et avec sur le dessus, le dessin d’une patte de chevreuil. Elle me propose de le prendre avec moi. J’accepte. Je n’ai aucune idée de ce dont il s’agit, un carnet où deux femmes ont écrit, voilà tout ce que ça me dit. Chez moi, je dépose le livre sur ma grande commode, avec les autres livres qu’on m’a déjà prêtés. Je le laisse là, l’oublie presque.

Le printemps

Il y a peu de temps, avec des amis artistes, écrivains et penseurs, nous nous sommes retrouvés au pub de Percé (Pit Caribou) pour échanger, nous nourrir d’idées les uns, les autres, pour nous aventurer hors des sentiers trop connus du quotidien. Un peu plus tôt, cette journée-là, j’avais pris la décision de me passionner d’un ami à moi et d’en faire le sujet de mes prochaines créations visuelles pour une future exposition dialogue que nous préparons ensemble : Eric Robinson. Joëlle est là, fraîchement atterrie de la vieille capitale. À travers les diverses conversations, elle parle à nouveau de cette artiste qui l’inspire, Sylvie Cotton. Dans mon petit carnet, où je poétise ces temps-ci, je note le nom de l’artiste, ainsi que cette phrase : « L’art consiste à montrer ce que l’on cache. » Puis la conversation prend de nouveaux chemins et nous nous quittons remplis du besoin de nous retrouver à nouveau pour échanger.

Corder le chaos

Depuis peu, ma vie affective, sociale et de travailleuse est vive, bruyante, lumineuse, douloureuse, elle est Vie. Je la sens me traverser comme jamais auparavant. Ma chambre à coucher est le reflet de ce chaos qui s’agite en moi. Je suis peu à la maison, j’y passe en tourbillonnant et pour dormir quelques heures. Je vis. Un soir, j’ai ce besoin vif de réparer le chaos, de l’organiser et de me poser pendant quelques heures. J’entreprends alors de ranger ma chambre-atelier-bureau.

Mon meuble à vêtements est si entièrement recouvert que c’est à peine si j’en vois la surface. Je le dégage et je retrouve des livres empruntés cordés en attente, silencieux. La petite bordure orangée a attiré mon attention, je fais glisser le livre vers moi et je lis le titre : Moi aussi – Sylvie Cotton*Nathalie de Blois.

Je dépose le livre sur mon lit, je suis attendue à un feu.

Le lendemain, je rejoins à son travail, mon ami (celui dont je me passionne présentement) et j’ouvre Moi aussi, immédiatement après avoir terminé Les luttes fécondes de Catherine Dorion (À LIRE).

Moi aussi, c’est l’artiste visuelle Sylvie Cotton (à découvrir pour sa grande poésie, pour la beauté de sa lenteur et pour son regard singulier sur l’autre) et la commissaire Nathalie de Blois, qui, pendant 4 années, se sont observées l’une et l’autre. De ce dialogue est né ce petit carnet tout précieux et révélateur de chacune d’elle.

[…] parallèlement au travail qui m’a menée à dresser son portrait au moyen de l’écriture, elle s’est appliquée à dresser le mien à l’aide de schémas, du récit de certaines expériences partagées, de la reproduction de mes marques corporelles, les lignes de ma main, mes grains de beauté, ma tache de naissance. Elle a établi la liste des titres dans ma bibliothèque et des œuvres en ma possession et elle a reproduit en dessin mes trophées de chasse, objets chéris. Nous avons convenu de suivre un même mouvement l’une envers l’autre, celui de dépeindre, de dévoiler et de se laisser dévoiler. Sylvie, j’ai peur. Nathalie de Blois

Apprendre l’autre, c’est dresser son propre portrait, son histoire, c’est se situer dans le temps, c’est de s’observer en observant l’autre.

Travailler avec les autres, c’est travailler avec la peur des autres : celle qu’ils éprouvent et celle que nous avons d’eux. Sylvie Cotton

Et toi, chère lectrice, cher lecteur, as-tu déjà vécu pareille expérience à la fois littéraire et humaine?

 

Nadia Aït-Saïd : http://www.ait-said.net/Nadia_Ait-Said_Francais/index.html

Sylvie Cotton : http://www.sylviecotton.ca/

Catherine Dorion : https://boutique.atelier10.ca/products/d11-les-luttes-fecondes-par-catherine-dorion-papier

Moi aussi, Sylvie Cotton, Nathalie de Blois : http://esse.ca/fr/publication-moi-aussi-sylvie-cotton-et-nathalie-de-blois

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