All posts tagged: Gaspésie

Bestiaire, Eric Dupont, Gaspésie, enfance

Bestiaire : le berceau salé d’Eric Dupont

Eric porte un regard sur son enfance. Les animaux qui amorcent son récit défilent et ramènent à la surface des anecdotes à saveur autobiographique. Sans être un véritable bestiaire (manuscrit regroupant des fables sur les bêtes), les chapitres débutent par le chat, le vacher à tête brune, le bigorneau, le chien, les poules, le grand-duc d’Amérique et le canari; ces animaux ouvrent la porte sur des anecdotes d’une puissance sans nom. Racontés adroitement avec un regard empreint de résilience, nous sommes invités à nous remémorer avec le narrateur, dans un défilé de métaphores, les nombreux personnages qui ont marqué sa jeunesse au cours de la Révolution tranquille. Il en va ainsi pour Nadia Comaneci, jeune gymnaste roumaine à la note parfaite et au sourire inoubliable, qui fera naître ce bijou : « Ma sœur et moi, les deux enfants condamnés à voltiger entre ces deux barres, avons offert au monde un admirable numéro de gymnastique familiale. » Parlant de famille, la dichotomie vécue chez l’un des protagonistes par son père, policier de la Sûreté du …

arts visuels, littérature, rencontres, amitié, les luttes fécondes, moi aussi, sylvie cotton, nathalie de Blois, carnet, dialogue, catherine dorion, réflexion, création, vie, inspiration, nadia aït-saït, joëlle henry, gaspésie, le fil rouge, le fil rouge lit, découverte, Bibliothérapie, #lefilrougelit, les livres qui font du bien, synchronie, synchronicité, Art, identité

L’un l’autre les uns les autres, s’observer

Comme c’est souvent le cas pour les livres qui deviennent de beaux coups de cœur (ceux dont je ne veux plus me séparer), il s’agit de lectures que je laisse venir à moi par un amoncellement de synchronies. Ici, je vous parle de ma rencontre avec Moi aussi, un carnet écrit en dialogues de Sylvie Cotton et Nathalie de Blois. Je ne pouvais souhaiter plus grande source d’inspiration pour le moment où je me situe dans ma vie intime et créative. Aujourd’hui, je décide de mélanger mes deux passions : la littérature et les arts visuels. Elles se lient en moi pour me permettre de trouver un certain équilibre et pour définir mon langage intérieur et intime, celui que je partage ensuite avec d’autres âmes sensibles. La petite histoire qui suit en est une de rencontres entre plusieurs personnes pour qui le partage est forgé d’empathie, de désir de liberté, de curiosité et de passion. Nadia, Joëlle et Eric, c’est un genre d’hommage que je vous rends avec ce texte, votre passage dans ma vie …

Chère Zofia

Tu connais ce sentiment de n’être que le personnage secondaire d’un récit plus grand que soi? C’est exactement cela, mon histoire. Aujourd’hui, je vous invite à découvrir un merveilleux coin de la Gaspésie à travers une histoire d’amour à la fois extraordinaire et ordinaire, Prawda. C’est le premier roman de Roxanne Langlois, publié aux Éditions 3 sista (maison d’édition littéraire indépendante gaspésienne). Roxanne Langlois est née en 1987 à Shawinigan Sud. Son enfance et son adolescence sont tour à tour bercées par la Mauricie, le Saguenay et la Capitale-Nationale. Diplômée du Cégep de Jonquière en arts et technologie des médias (journalisme) et en communication, politique et société (Université du Québec à Montréal), elle rejoint Carleton-sur-Mer, son « âme sœur de village », à l’automne 2011. Objectif : vivre à temps plein son coup de foudre pour la Gaspésie. Prawda est son premier roman. Prawda (vérité en polonais), c’est l’histoire de Marie, une jeune fleuriste trentenaire et célibataire, vivant à Carleton-sur-Mer depuis toujours. Un soir de novembre un peu froid, alors qu’elle prend une bière avec des amies à la brasserie du …

Percé, paysage de l’imaginaire

André Breton, écrivain, poète, théoricien, amoureux, féministe, … s’est arrêté à Percé en 1944 et a débuté l’écriture d’Arcane 17. Voilà plusieurs jours déjà que je survole les courants littéraires et artistiques du dadaïsme et du surréalisme, propulsée de liens en liens par la curiosité et l’envie de revenir sur des passages de l’histoire effleurés pendant les études. Le point initial de cet intérêt soudain, Arcane 17, écrit par André Breton. Pourquoi Arcane 17 ? Il y a plusieurs mois déjà, lorsque je suis arrivée à Percé, je marchais sur la 132, entre la pharmacie et chez moi, et j’ai aperçu un petit monument sur la pelouse d’une maison jaune, où il était inscrit : «André Breton (1896-1966) En exil à New York au cours de la deuxième guerre mondiale, le célèbre écrivain français voyage sur les côtes de la Gaspésie à l’été 1944 et séjourne dans cette maison en compagnie d’Élisa. Il trouve en elle et dans la splendeur de Percé, la source d’inspiration de l’une des œuvres majeures de la littérature surréaliste : …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie IV-

Assise face à l’île (Bonaventure), les dentelles de la mer frôlent presque mes orteils déjà salis de sable rocailleux. J’ai peine à tenir le crayon, mes mains sont encore ankylosées après la trop longue baignade dans l’eau glacée. L’île comme une baleine pleine et immense. Est endormie. Le vent frais, traversé de courants chauds, se pose sur ma peau. Je frissonne. Les vagues sont puissantes, bruyantes, hautes. Elles me font chanceler, délirer, même. Le spectacle est saisissant, comme l’est chaque fois le premier contact avec l’eau. Depuis le début de l’été, je cherche à dire et à montrer Percé à ma manière. Aujourd’hui, à nouveau dégagée du passé et propulsée dans le présent, je comprends qu’il n’y a rien à dire, rien à montrer. Mais tout à vivre. Tout ce qui passe devant mes yeux, sur ma peau et dans mon cœur est d’une beauté sans mot et sans image. Semblable aux rencontres que j’ai réalisées ici. Des parcelles d’âmes à découvrir et à redécouvrir tous les jours. Qui me permettent de grandir et de me …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie III –

Je suis en plein cœur d’un dilemme majeur. Comme la plupart des Québécois, ou des gens de passage, j’ai attendu la venue du soleil des semaines durant. Il fallait garder le moral et surtout apprivoiser la brume, la grisaille, la pluie et les gens maussades. Mais plus souvent qu’autrement, on avait le droit à un temps joueur de tour, soleil et averses, avec au bout (parfois) un ou plusieurs arcs-en-ciel. Et août s’est amené, avec lui notre bonne étoile, sa chaleur, les sourires en fusée et enfin on a pu sortir les vêtements de saison. Ce matin, alors que je suis déjà en retard pour l’écriture de ce présent article, je traverse le parking entre la Vieille-Usine et la plage et je descends près des vagues, abandonnant mes chaussures à l’ombre d’une bûche polie (garder ses chaussures sur la plage, pourquoi ?). «Écrire sur le bord de la mer, quelle bonne idée !» Avec la mer, arrivent les dilemmes ! Par exemple, ici à L’Anse-à-Beaufils (Percé), la petite plage semi-rocailleuse est reconnue pour sa forte …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie II

Un mois se sera bientôt écoulé depuis que j’ai mis les pieds à Percé pour y habiter (pour l’été). Comme tout est éphémère, j’essaie d’en profiter un maximum au grand dam de mon estomac. Il faut dire que la bière d’ici est délicieuse et que je dis rarement non à une Pit Caribou blanche. Je vis à Percé, mais pour être totalement franche, je dors à Percé et je passe mes journées à L’Anse-à-Beaufils, à l’endroit le plus fabuleux du coin, La Vieille-Usine. Je travaille à la galerie d’art qui occupe presque l’entièreté de l’espace au deuxième étage. J’y offre des ateliers de création et de théâtre pour enfants et je réponds aux clients. * Je baigne dans un univers artistique et culturel. Mais avant d’y pénétrer, cet univers n’était pas palpable pour moi. Et ce même si je m’intéresse à la carrière d’un grand nombre d’artistes du coin depuis des années déjà et que je suis inspirée par eux dans mon propre travail. Je me souviens, il y a quelque temps, d’avoir émis le commentaire …

Deux auteures, deux visages de la Gaspésie – Partie I

La fille de Coin-du-banc À travers deux entrevues réalisées via la magie de l’Internet, je vous propose deux portraits d’écrivaines d’origine gaspésienne, Marie-Ève Trudel Vibert, auteure du roman La fille de Coin-du-banc et Joanie Lemieux, qui se cache derrière le recueil de nouvelles Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? (retrouvez la critique du livre dans un article paru précédemment). J’ai donc posé une série de dix questions aux deux jeunes femmes dans le but de mieux les connaître, mais aussi d’en apprendre d’avantage sur le métier d’écrivain et sur leur vision du métier. «Voici mes réponses, peut-être nébuleuses, à tes questions qui m’ont profondément fait réfléchir sur le coup. J’ai choisi, comme d’habitude, de traiter cela par de l’écriture automatique. Alors c’est ce que ça donne! » 1- D’abord, qui êtes-vous? Et quel est votre cheminement en quelques mots? Je m’appelle Marie-Ève Trudel Vibert et je suis née à Gaspé le 10 septembre 1983. Petite auteure, j’ai grandi à Coin-du-Banc, Corner of the Beach, un village aux portes de Percé bordé par une …