Auteur : Gabrielle Doré

Littérature & bouffe : accords parfaits #2

Après une première sélection, voici une deuxième partie de suggestions pour accorder vos deux activités favorites : lire et manger! N’hésitez pas à partager en commentaires vos bouquins favoris associés aux différentes régions du monde proposées ici! Bon appétit… et bonne lecture! Littérature russe : Soupe bortsch (potage de betterave) et kvas (boisson pétillante légèrement alcoolisée) Lors d’un séjour en Europe, mon ami Philippe a fait la connaissance d’une fille ukrainienne, qui est venue lui rendre visite il y a quelques mois. J’ai eu la chance de goûter à une soupe bortsch traditionnelle, qu’elle avait elle-même concoctée, et croyez-moi, c’était succulent! Elle nous a d’ailleurs mentionné que c’est un plat très courant dans ce coin de pays. La soupe bortsch est aussi très facile à préparer : vous vous sentirez en Russie en moins de deux! Sinon, pour accompagner votre bonne soupe, plusieurs livres peuvent satisfaire votre panse intellectuelle. J’avoue ne pas trop m’y connaître en littérature russe, mais j’ai épluché LES INTERNETS et ouvert grand mes oreilles pour recueillir des suggestions pour vous! Un classique : Anna Karénine de …

Mon expérience dans un club de lecture

    Une ancienne de mes professeures de français du cégep, avec qui j’ai toujours gardé contact, m’écrit, une de ces journées où je perdais mon temps sur Facebook, qu’elle fait partie d’un projet qui pourrait sans doute m’intéresser. « Tu connais l’UNEQ? », me demande-t-elle, « l’Union des écrivaines et des écrivains québécois? ». De toute ma hauteur universitaire, je me hâte de lui répondre que « Ben oui, voyons! », alors qu’au fond, je n’avais aucune véritable idée de ce que cette union pouvait bien accomplir. « Mon amie Élise y travaille, et l’UNEQ a mis sur pied un club de lecture, m’écrit-elle, ça te tentes-tu? ». Pourquoi pas, me dis-je à moi-même, ça m’offrira un autre rapport à la littérature. Avec le recul (le club de l’année 2015-2016 est maintenant terminé), je me suis demandé de quel « autre » rapport il s’agissait, pourquoi ce fut la première réflexion qui m’est venue à l’esprit lorsque j’ai reçu cette invitation de mon ancienne prof. Alors qu’il me semblait, bien humblement, que j’allais être le plus à même d’émettre des critiques adéquates, justes, fondées …

5 romans pour découvrir la littérature américaine

La littérature américaine fait partie de mes chouchous. Je ne sais pas s’il s’agit des thèmes ou si je suis simplement tombée en amour avec des auteur.e.s en particulier, mais plusieurs romans de ce pays sont pour moi devenus des classiques, voire font partie de mes romans favoris. Voici une liste (non-exhaustive!) des livres que je vous conseille vivement pour découvrir cette littérature, riche en thématique et surtout, remplie de figures d’écrivain.e.s fascinant.e.s! L’Attrape-coeurs de Jerome David Salinger  Désigné comme classique de la littérature américaine, ce roman porte bien son titre: il a carrément attrapé mon cœur (mouhahaha)! Si cette histoire peut paraître assez banale – on suit Holden, un jeune homme de 16 ans qui déambule pendant trois jours dans la ville, après s’être fait renvoyé de l’école -, la forme est toute autre : raconté à la première personne, le roman de Saligner emploie un langage familier et le lecteur a véritablement l’impression de suivre le jeune homme dans la ville, de connaître tout de ses états d’âme et de ses réflexions. Bien qu’il …

Rencontre avec Camille et Sandrine de L’Euguélionne

Au début de ma maîtrise en littérature à l’UQÀM, j’ai rencontré deux femmes extraordinaires, avec qui je partage toujours un amour de la littérature des femmes. Eh bien, deux ans plus tard, mes deux amies se sont lancées dans le projet de créer une librairie féministe à Montréal. Je suis très fière de vous présenter Sandrine Bourget-Lapointe et Camille Toffoli, qui font toutes deux partie du collectif de la future librairie féministe L’Euguélionne. Elles travaillent très très très fort pour un projet qui nous sera, à toutes et à tous, essentiel! Pour les aider à démarrer la librairie, L’Euguélionne a lancé unecampagne de socio-financement. Pour les aider, c’est ici! Plein de belles choses vous sont offertes en échange! En attendant l’ouverture de ce magnifique lieu, on a jasé de la genèse du projet et de comment tout se déroule jusqu’à maintenant. Je sais que vous portez ce projet en tant que collectif, mais on veut savoir qui est derrière L’Euguélionne? Moi, je vous connais, mais quelles libraires êtes-vous, Sandrine et Camille?  Sandrine : Évidemment, j’ai hâte de faire découvrir le corpus …

Madame Victoria : écrire l’effacement

Tout ce que je savais en ouvrant le roman Madame Victoria de Catherine Leroux, c’est qu’il était inspiré d’un fait divers : à l’été 2001, le cadavre d’une femme est retrouvé dans le stationnement de l’hôpital Royal-Victoria. Après de multiples enquêtes et recherches, son identité n’est toujours pas connue à ce jour, ni les circonstances de son décès. Que des hypothèses. On décide donc de la surnommer « Madame Victoria », en référence à l’hôpital d’où, selon certain.e.s expert.e.s, elle se serait enfuie. Le roman débute alors qu’un infirmier retrouve le corps. Or, la suite est d’un tout autre ordre : Leroux s’est affairée à imaginer qui a pu être cette Victoria. Il s’agit d’une série de douze portraits, d’une galerie de personnages qui cherchent à coller une identité à cette femme. On croise une itinérante, une esclave d’une époque révolue, une femme devenue invisible à la suite d’expériences scientifiques, une femme allergique à la chaleur humaine. Toutes héroïnes des petits récits de l’auteure, elles proposent de multiples points de vue, à travers des époques qui varient, des conditions sociales différentes. La lectrice a …

Littérature & bouffe: accords parfaits #1

Dans la vie, j’ai deux activités préférées: lire et manger. C’est de là qu’est née l’idée de ces articles sur les accords en bouffe et littérature! Je vous propose, en deux parties, des suggestions de plats pour accompagner vos lectures de différentes parties du monde. J’avoue qu’il y a des clichés « gros comme ça » dans les choix de mets, mais il n’en reste pas moins que ce sont des repas que j’ai envie de (re)découvrir. Pour ce qui est de la sélection de livres, j’ai tenté d’offrir une certaine variété, autant dans les époques que dans les styles, et j’aurais pu en mettre beaucoup plus! Et vous, quels plats s’harmonisent le mieux avec vos bouquins favoris? Littératures scandinaves : Fiskekaker, rødkål et potetmos accompagnés d’un aquavit sour. Exit les boulettes du Ikea : la culture scandinave regorge d’excellents plats qui vous sortiront de votre zone de confort. C’est connu, les habitants de ces pays mangent beaucoup de poisson et de fruits de mer. Ma copine Soline, qui a passé 2 ans en Norvège, vous suggère des fiskekaker, …

Il faut lire «Sœurs volées »

Comme Martine, je redoutais d’entamer la lecture de l’essai d’Emmanuelle Walter, Sœurs volées. Enquête sur un féminicide au Canada. Un sujet qui nous touche trop, nous, de jeunes femmes qui auraient pu être à la place de Maisy et Shannon. Or, une grande différence nous séparent: Maisy et Shannon sont des femmes autochtones. J’ai pourtant dû m’y plonger, puisque j’organisais, avec des collègues universitaires, une soirée de projection d’un documentaire qui portait sur la disparition et l’assassinat de femmes autochtones canadiennes. Et Emmanuelle a accepté de participer à la discussion qui suivait le visionnement. C’est alors que j’ai découvert un roman. Véritablement, il s’agit d’un essai. Mais Walter mène son enquête avec une si grande sensibilité que ses mots nous traversent, on tourne les pages comme on tournerait ceux d’un roman policier. Avec elle, nous parcourons le Québec, nous découvrons avec elle ces crimes scandaleux perpétrés contre des femmes autochtones. Peut-être est-ce aussi parce qu’on a le sentiment qu’il s’agit d’une fiction… Les chiffres sont irréels, les faits sont trop absurdes pour être raisonnables. Et pourtant. Emmanuelle Walter …

Les Questions orphelines de Morgan Le Thiec: chercher l’absente

Le silence. C’est ce qui caractérise le mieux la thématique des Questions orphelines, mais surtout la vie de Billy, le personnage principal de ce premier roman de Morgan Le Thiec. C’est celui que l’on suit dans cette histoire qui se construit autour de la vie d’une famille brisée, éclatée par le mystère qui entoure le disparition de la mère, Blanche, qui a mis les voiles un beau matin de mai 1984. Billy revient à Montréal parce que son père Samuel, atteint de la maladie d’Alzheimer, est mourant. Il quitte Londres, où il est parti vivre (pour fuir?), et doit prendre en charge la vente de la maison familiale, où le drame a eu lieu des décennies avant. Billy, contre lui, se replonge dans ses souvenirs et en vient à broyer du noir. Beaucoup de noir. « Des souvenirs, on en a tous, perdus dans un coin de la tête, des cadavres exquis, pâles, presque translucides, presque rêvés. Mais j’ai pu me rappeler, physiquement, ma première enfance, en posant les pieds dans la maison de Cartierville, en reniflant ses odeurs, en touchant …

La liste des livres les plus réconfortants selon les rédactrices du Fil Rouge

  L’automne commence pas mal à ressembler à l’hiver, non? Ce n’est pas grave, ça veut dire qu’on peut encore boire plein de tisane, porter nos pulls préférés et nos plus gros bas de laine. JOIE! Quoi de mieux qu’un bouquin qui nous réchauffe le cœur pour accompagner tout ça? J’ai demandé à mes copines blogueuses du Fil Rouge quelles étaient leurs lectures préférées d’automne. Je vous les partage pour que vos puissiez vous aussi en profiter, emmitouflée dans une grosse couverture! Voici notre liste, en vrac: Des classiques: Fanie: Les Hauts de Hurlevent d’Emlily Brontë Karina: Jane Eyre de Charlotte Bronte Raphaëlle: Le Petit Prince de Saint-Exupéry  – Un classique, lu et relu à différents moments de ma vie. De la poésie: Alexandra: Paroles de Jacques Prévert – Il a réconforté à de nombreuses reprises mon petit cœur d’automne! Un peu de quétaine: Valérie:  Et si c’était vrai de Marc Lévy  – Ô combien quétaine, mais ô combien réconfortant pour le cœur! Des bandes-dessinées: Louba-Christina: Paul à Québec de Michel Rabagliati Des lectures québécoises: Martine: Ce n’est pas une façon de dire adieu …

Critique de « La Fille » de Tupelo Hassman

C’est ma copine Camille qui a mis ce livre entre mes mains, entre deux travaux à la fin de la session dernière. Je n’avais pas beaucoup de temps pour lire à ce moment-là, et j’avoue qu’après avoir remis mes travaux, je n’avais qu’une envie: lire n’importe quoi qui ne me demandait aucun effort intellectuel. Je m’attendais en effet à ce que ce roman m’impose un certain effort de lecture, ce qu’on nomme souvent « une lecture exigeante ». Je repoussais cette lecture, donc, en me disant que je l’ouvrirais quand j’aurais enfin pris un peu de soleil et bu quelques verres de mojitos. Pourtant, lors d’une soirée où je ne trouvais plus rien à lire de bien bien excitant, je me suis lancée en me disant: tant pis, si c’est trop intense, je le referme et je lirai mon Elle Québec. Surprise: j’ai lu pratiquement le quart sans être capable de m’arrêter! Je passais d’un chapitre à un autre sans me rendre compte que j’étais complètement absorbée dans ma lecture. C’est l’écriture de Tupelo Hassman qui surprend (positivement). S’il s’agit …