Auteur : Marjorie Rhéaume

Méchant far west; une première parution réussie

Méchant far west; le méchant qui voulait être pire, c’est le premier tome d’une trilogie en devenir ainsi que le tout premier titre paru aux éditions Monsieur Ed. Grâce à ses coups pendables et à son haleine épouvantable, un méchant super-répugnant fait la loi dans une petite ville du far west. Ce bandit-là s’amuse sans bon sens jusqu’à la fin de cette histoire de bons et de méchants où, malheureusement pour lui, les bons sont toujours les gagnants. Mais voilà qu’un jour, par une chance incroyable et inespérée, l’une de ses vilaines idées lui donne enfin le pouvoir de changer sa destinée… Méchant far west est un album jeunesse qui plaira aussi aux grands enfants. Comme le quatrième de couverture ainsi que le titre l’indiquent, le lecteur se retrouve plongé dans une petite ville du far-west où un méchant fait sa loi. Fait pour les 8-12 ans (environ), cet album saura plaire à tous, les enfants y verront une histoire de cow-boy, de far west et bons vs méchants, alors que les plus grands noteront …

Des artisans du papier montréalais à découvrir

Je pense que ce serait un euphémisme  de dire que j’aime les cahiers, la papeterie, le papier. En fait, c’est plus profond, c’est la promesse des pages blanches à remplir, c’est l’effort de trouver le bon cahier pour les bons mots, c’est la beauté qui entoure l’objet et la collection de celui-ci. Bref, j’aime VRAIMENT ça. Puisque je sais que je ne suis pas la seule, je me suis dit que j’allais m’éloigner un peu des pages déjà pleines des livres pour parler un peu de quelques compagnies qui rendent heureux tous ceux qui veulent faire changement de leur Moleskine noir – quoi que je suis bien fidèle au mien. Je suis donc allée espionner l’Instagram de Boucle et Papier, la plus belle papeterie de Montréal, et j’ai fait mes recherches Etsy pour trouver quelques compagnies de chez nous qui font du beau pour y écrire votre prochain roman/poésie duquel on parlera peut-être sur le blogue un jour. Baltic club Baltic club prend de plus en plus d’extension sur le marché montréalais. La compagnie, composée de …

Les murailles; chemin de croix en cap d’acier

Les murailles, premier roman de la poète Erika Soucy, est le résultat d’un voyage à la romaine, en 2011, dont le but était de comprendre les motifs qui ont poussé les hommes de sa famille, principalement son père, à s’éclipser pour le bois, pour le chantier, pour la vie dans le nord. Le résultat de ses écrits se retrouve dans ce roman aux cours chapitres où cohabitent tournures de phrases poétiques et langage de bois. Son oeuvre est à la fois d’une simplicité désarmante et d’une force tranquille qui s’impose, petit à petit, au fil des pages. Le sens de la famille, l’amour du père, le sentiment d’abandon s’entremêlent dans cette immersion dans un milieu d’hommes plutôt incompris et souvent caricaturé. Dans Les murailles, Érika Soucy ne se joue pas du milieu, elle reporte les faits, les dialogues parlent, les images expliquent et toutes les émotions nous atteignent. Je ne pensais pas être aussi touchée par ce roman, plus j’y repense, plus je le trouve beau. Plus j’y repense, plus je comprends sa nécessité. C’est aussi le roman …

Sérafim, Claire et un voyage dans le temps

À prime abord, c’est la magnifique couverture de l’édition francophone du troisième roman de Mark Lavorato qui m’a tout de suite charmée. C’est tout qu’un charme qui a dû s’effectuer pour que je décide de lire ce livre, n’étant pas très fan des fictions historiques qui s’étalent en détails et en descriptions. Par contre, le quatrième de couverture et ses promesses d’un Montréal des années 20 partagé entre l’essor du jazz et l’émergence du mouvement des suffragettes m’a convaincue de me plonger dans ce roman. Sérafim et Claire, c’est deux récits qui se donnent la parole par chapitres, entrecoupés de lettres et de descriptions de photographies qui ajoutent à la construction de la trame de fond et au contexte historique. C’est une histoire de passion, mais qui n’a rien d’amoureuse. Lavorato dresse plutôt le portrait de deux passionnés de leur art, respectivement la photographie et la danse. Ce n’est pas tant le récit en tant que tel qui m’a plu, mais plutôt la façon dont la soif de gloire, la force et la passion guident …

Les sanguines, du dessin au décès

Il m’a bien pris la moitié du roman avant de réaliser qu’une sanguine n’est pas qu’histoire de sang, mais bien un outil à dessin. Le sourire en coin, c’est un peu comme si je découvrais une tout autre facette à ce roman qui, déjà dès les premières pages, m’a éblouie de par sa beauté. Les sanguines raconte l’histoire de Sarah et Avril Becker, deux sœurs aux antipodes l’une de l’autre, vivant chacune sur leur propre planète, jusqu’à ce qu’Avril, sœur étoile, cesse de briller à petit feu, atteinte d’un type de leucémie dite orpheline. À ce récit s’ajoute celui de plusieurs histoires du sang, écrites par Victor, mourant, qui cherche à laisser sa marque en relatant l’histoire de ceux qui ont laissé la leur dans l’avancement des sciences de l’hématologie. On s’habitue vite à cet équilibre entre les deux récits, équilibre nécessaire pour alléger quelque peu l’histoire des sœurs Becker et donner le temps au lecteur de savourer et de digérer chacun des chapitres, tout en sortant du récit lui-même, en construisant quelque chose de plus …

Une histoire de féminisme, d’égalitarisme et de Pokémons

Avec tout ce qui s’est passé la semaine dernière dans les médias québécois autour du terme féministe, je dois dire que je suis un peu fâchée, un peu comme dans beaucoup, mais il faudrait pas que je m’emballe trop, question de ne pas me faire traiter de féministe frustrée, tsé. Reste que j’ai envie d’ajouter mon petit grain de sel. Pour ce faire, laissez-moi vous raconter une histoire, celle d’une redondante conversation avec un ancien partenaire qui se disait égalitariste, humaniste, mais pas du tout féministe, parce qu’y a-t-il d’égalitaire dans un terme aussi axé sur les femmes que le féminisme? Il n’était pas question pour cette dite personne d’essayer de comprendre que le féminisme est ainsi nommé parce que, historiquement, c’est le sexe féminin qui fut (et est encore, de bien des manières) opprimé, oppressé. S’il est question d’égalité des sexes, on parle d’égalitarisme, il n’y a pas place à discussion. Le fait même de croire que c’est aussi simple semble mettre complètement de côté toute la question d’oppression, toute l’historicité qui se trouve derrière …

Le livre est roi sur Instagram

Malgré l’annonce prématurée que les livres papier seraient remplacés par les liseuses et les tablettes, on ne peut nier que le livre jouit d’une visibilité nouvelle, et ce, grâce aux médias sociaux, aux chaines YouTube et aux blogues littéraires qui se font de plus en plus présents et de plus en plus populaires. Par le fait même, de plus en plus d’initiatives et de projets littéraires se déroulent sur le web et plus spécifiquement sur Instagram. On va se le dire, Instagram c’est une communauté qui a fait sa place, qui porte et qui permet vraiment de créer des liens. La preuve est qu’on y a contacté plusieurs personnes pour la série Autour des livres. C’est aussi comme ça qu’on a connu quelques-unes de nos collaboratrices (Allô Stéphanie @chatouilleska, Allô Marie-Hélène @la.racine et @panique.poesie, Allô Marjorie @marjoriebelis, Allô Kim @kimononfilsduvietnam) Puisque je trouve que Instagram  une belle façon de conjuguer littérature et web et aussi une manière de cultiver une communauté, j’ai décidé de faire un petit recensement des meilleurs comptes Instagram à suivre, à mon …

Queue cerise : entre absurde et inconscient

  Samedi soir, Martine et moi avons été invitées à assister à la pièce Queue cerise d’Amélie Dallaire, mise en scène par Olivier Morin. Après un souper pas trop fancy au Fameux coin Mont-Royal et Saint-Denis, on s’est dirigées vers le Théâtre d’Aujourd’hui, ne sachant pas trop à quoi s’attendre. Queue cerise est une pièce à la prémisse bien simple, bien ancrée dans la réalité. Michelle commence un nouveau boulot auquel elle ne comprend rien, voilà tout. C’est à partir de cette ligne directrice que tout part en vrille, la réalité devient accessoire et laisse place à l’absurde, à l’inconscient, à toutes ces parties de nous qui se terrent dans les recoins de nos esprits. Premièrement, s’il y a une chose à savoir en allant voir Queue cerise, c’est qu’il ne faut pas essayer de s’attarder à tout comprendre, ni à vouloir délimiter la réalité du rêve et de l’inconscient. C’est peine perdue et c’est mieux comme ça. Cette pièce a tout pour charmer son auditoire. C’est d’un humour absurde qui fait rire, beaucoup plus que ce …

L’univers d’enfants à travers le regard d’adulte

Je n’ai pas de genre littéraire favoris, pour ainsi dire, mais j’affectionne particulièrement certains types d’écriture, certains types de narration. L’un des genres qui vient particulièrement me chercher est celui où l’auteur fait parler un enfant, où ce sont les réflexions, les états d’âmes et les actions d’un enfant qui sont mis en mots. Je trouve que ça prend un talent et une plume bien particulière pour être capable d’aussi bien rendre tout ce qui peut bien se tramer dans la tête d’un jeune. C’est avec Émil Ajar et Momo ( La vie devant soi, Romain Gary) qu’a commencé mon amour pour ce type de récit, oeuvre qui, dans son genre, est encore bien difficile à égaler à ce jour. Il va donc sans dire que, en recevant une copie épreuve de Le monde par-dessus la tête de Caroline Paquette, j’avais quelques attentes. Le quatrième de couverture se lit ainsi Organisées en triptyques, trois novellas se répondent pour illustrer et décrypter ce qui fait l’essence d’un univers d’enfants. Une chasse-galerie inversée, vue depuis un party de Noël, …

Le phénomène des PAL et la culpabilité de l’achat

Tout le monde que je connais, et qui aime lire, possède une PAL. La fameuse Pile à Lire qui n’en fini plus de grandir. Peut-être est-ce lui donner trop d’importance que de dire que c’est à la fois une malédiction et une bénédiction d’utiliser ce fameux système de pile à lire. Je m’explique; Il y a un certain réconfort à savoir qu’il y a des livres qui nous attendent, un plaisir à savoir quel sera le prochain livre entre nos mains. En écrivant majoritairement des critiques sur le blogue, avoir une pile à lire est indispensable et devient un outil grandement utile pour planifier des articles et des lectures. En ce sens, une p.a.l n’est rien de plus qu’une simple pile de livres à lire; c’est savoir quel livre prendra prochainement place sur notre table de chevet sans se casser la tête, c’est ne pas se demander ce qu’on lira ensuite, c’est avoir hâte en sachant ce qui s’en vient. Par contre, j’ai l’impression qu’il existe un espèce de coté malsain à la PAL, soit l’accumulation. …