Auteur : Martine Latendresse Charron

« Subway book review » : voir les lecteurs un métro à la fois

Il y a quelque temps, une bonne amie à moi du cégep, Charlotte, a partagé sur la page Facebook du Fil rouge un lien, Subway book review et je pense que ça vaut la peine que je le partage avec vous aussi. Généreuse de même! Les phénomènes tels que Humans of New York, ou plus près de nous Portraits de Montréal, parcourent les grandes villes du monde pour permettre aux gens de découvrir des facettes rarement démontrées dans les médias. Avec ces projets, plusieurs préjugés sont anéantis, les marginaux ont enfin une voix, mais surtout, ce sont des plateformes profondément et merveilleusement humaines. Ça fait plaisir de scroller Facebook et de lire un petit témoignage souvent tragique, d’autres fois touchant ou bien drôle et de se souvenir que l’être humain est beau, fort et si émouvant. Les grandes villes surpeuplées apportent un individualisme criant. On marche les uns aux cotés des autres sans jamais se soucier des émotions, du passé, voire même des besoins des autres et je trouve que cette façon d’aborder un étranger …

Nos suggestions de lecture « première parution »

En ce mois d’avril du défi, on vous propose de découvrir une nouvelle parution. Voici les suggestions de l’équipe. Pour ma part, je conseille Les Anecdotiers de Carl Bessette.  Ça fait plusieurs mois qu’il m’intrigue avec sa quatrième de couverture qui dit : « Pour le style, Fight Club rencontre Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, L’Homme sans qualité rencontre Ensemble, c’est tout; c’est-à-dire qu’on a ici affaire à une écriture où la pensée philosophique fait une trempette dans le bonheur et s’offre un soupçon de remontant. Dans une actualité morose que beaucoup qualifient de cynique, Les Anecdotiers se veut un feel good book qui dépiste les petits plaisirs de la vie, avec le souhait d’exposer le lecteur au bonheur et de répandre la joie. » C’est le printemps, j’ai envie de joie, de bonheur et de petits plaisirs de la vie et j’avoue que c’est relativement rare que je lise un feel good book, donc je suis curieuse. Carl Besette étant le cofondateur des Éditions de l’écrou, je suis persuadée de trouver dans ce roman une grande …

Ce qu’on a pensé de nos lectures de mars : Roman québécois écrit par une femme

Ma lecture de mars était Le parfum de la tubéreuse d’Élise Turcotte et je dois avouer avoir été entièrement obnubilée par l’œuvre. Tout d’abord, la narratrice est enseignante en littérature au cégep, et ce, en plein printemps érable. J’ai aimé les références et je me suis revue assise dans une classe de littérature devant une prof qui tentait tellement de faire aimer les mots et la poésie à ses étudiants. Le cégep étant le moment des balbutiements de la poésie dans mon cœur, je me suis laissée entrainer dans cet hymne aux mots, à l’odeur de la tubéreuse. Elle se lie d’amitié avec une autre enseignante très malhonnête qui tient toujours à l’abaisser pour mieux se remonter. C’est fort agréable de rencontrer l’entêtement et la confiance en soi de la narratrice : cette croyance souvent oubliée que ça fait simplement du bien de s’accepter et de croire en ses convictions. J’ai aimé le discours sur la beauté des mots, des œuvres qui changent des vies, qui font du bien. Sur la nécessité de la poésie dans un quotidien, …

« Histoire de la violence », le dernier roman d’Édouard Louis

Lors de la parution de son premier roman en 2014, Pour en finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis a créé tout un émoi dans le monde littéraire. Devenu rapidement un bestseller, le roman a été acclamé par la critique tout en dénonçant une réalité française méconnue et rarement démontrée, celle de la violence, du rejet, de l’homophobie. Il racontait son enfance à Hallencourt où il subissait de la violence à l’école comme dans sa famille due au fait d’être différent. Il s’agissait d’une œuvre-choc, sans tabou, ultra intimiste où Eddy Bellegueule dénonçait des situations d’une extrême violence. Par la suite, il a légalement changé de nom pour Édouard Louis, on réalise donc l’ampleur de la parution de ce premier roman pour l’auteur, il tenait vraiment à en finir avec Eddy Bellegueule. J’avais lu ce premier roman, comme des milliers de lecteurs (il a été traduit dans plus de 20 pays) et j’avais été atterrée par la détresse qui ressortait du roman tout en renvoyant une compréhension des plus matures. Né en 1992, Édouard Louis est vite devenu …

Nos découvertes au Gala de l’Académie de la vie littéraire

Dimanche le 13 mars dernier, je me suis rendue, avec Marjorie et Alexandra, rejointes par Marie-Hélène et Kim, à la Sala Rossa. Un peu en retard après un souper Aux vivres, on s’est faufilées dans la salle, mais bien heureusement le gala n’était pas commencé! D’emblée, on se sent privilégiées d’être entourées de passionnés de poésie et de littérature qui comprennent sans concession cet amour des mots. Le gala de la vie littéraire terminait en grand le festival Dans ta tête qui offrait pendant dix jours des événements en lien avec la poésie. Mon horaire m’empêchait d’assister aux autres événements et j’avoue avoir été déçue à la suite du gala, parce que je suis certaine que les autres soirs étaient aussi étincelants. Pour ma part, mon coup de cœur de la soirée a été Filles missiles. Quelques semaines avant, je m’étais rendue au lancement du zine au Quai des brumes et j’ai été complètement charmée par l’œuvre. Cette façon d’aborder la vie quotidienne dans une poésie contemporaine qui touche droit au cœur me plait. J’admire leur …

« Celle que vous croyez » : Jeux de miroir amoureux

Camille Laurens (Laurence Ruel de son vrai nom) est une écrivaine française qui a signé plusieurs oeuvres intimistes avec des thèmes qui me parlent ; passion, amour, intimité. Elle est aussi membre du jury du prestigieux prix Femina. Dans plusieurs de ses oeuvres, elle touche à l’autofiction et s’amuse à jouer avec le réel, la vérité et la fiction. Son oeuvre Philipe où elle raconte le décès de son petit garçon en est un bon exemple. J’avais eu la chance de la découvrir, il y a de ça quelques années avec son roman Dans ces bras-là et j’avais bien aimé. C’est en lisant un petit billet (dont j’oublie la provenance!) sur son dernier roman que j’ai eu envie de me le procurer. On y faisait l’éloge tout en remarquant les thèmes actuels du roman ; identité virtuelle, relation amoureuse, paradoxes de la beauté, etc. Ça ne m’en prenait pas davantage pour que j’aille envie de me plonger dans sa dernière oeuvre. Avec Celle que vous croyez, Camille Laurens offre une oeuvre des plus modernes dans une …

« Lazare mon amour » : petite incursion dans l’œuvre de Sylvia Plath

Héliotrope a décidé cet hiver de publier une courte plaquette écrite par Gwenaëlle Aubry, Lazare mon amour avec Sylvia Plath. C’est dans ces 75 pages qu’on découvre ou redécouvre une figure marquante de la littérature américaine et féministe, une icône fragile : Sylvia Plath. Il s’agit réellement d’un hommage qu’offre Aubry à Plath dans ce texte. On sent la fascination et la passion qui gagne l’auteure lorsqu’elle parle de Plath, cette femme qu’elle tente de comprendre encore et encore : Un jour on me demande d’écrire sur une autre, poète ou romancière, qu’importe, vivante ou morte (plutôt). Et tout de suite ce nom s’impose : Sylvia Plath. Je relis ses textes hypertendus, électrifiés, je regarde ses photos-caméléons. Je fais défiler ses masques, je bats les cartes de son tarot : le rameau de peur et le Roi des abeilles, l’amante éblouie et la mère-épouse prisonnière de l’Amérique des années cinquante, les vierges folles, le vieux démon mélancolique, l’Oiseau de panique. À travers cette fragile image, cette icône suicidée, je cherche le point d’ajustement de l’écriture à la vie. Je cherche …

Portrait d’un être fictif : Holden Caulfield, mon ami, mon amour

Ce grand classique qui n’a plus besoin de présentation, L’attrape-coeurs est toujours lu et acheté. Publié pour la première fois en 1951 par le discret J. D. Salinger, The Catcher in the Rye est devenu un des bouquins américains des plus lus aux États-Unis. Vendu à plus de 60 millions d’exemplaires partout autour du globe, je ne suis certainement pas la seule complètement folle et marquée par l’histoire fort simple du jeune Holden Caulfield. À la différence près, que L’attrape-coeurs est le livre le plus important et significatif de ma vie. Longtemps, je disais qu’il était mon préféré, mais en le relisant j’ai constaté que non. Ce n’est pas le genre de roman où je bois littéralement le choix des mots. Vous savez ce genre de roman où vous sentez que les mots coulent d’eux-mêmes, vous lisez et vous avez l’impression de lire 100 fois mieux qu’à l’habitude tellement il y a une justesse dans la danse que font toutes ces lettres entre elles? Et bien, L’attrape-coeurs ce n’est pas ça. J’irais même jusqu’à dire …

Comme par magie d’Elizabeth Gilbert : stimuler la créativité

Depuis que je suis toute jeune, je suis fascinée par l’art. Tout ce qui y touche. C’était entourée de livres, de papier, de crayons, de couleurs et de mots que j’étais heureuse. Enfant, je passais mes temps libres à inventer des histoires, à colorier et à lire. Je pense bien humblement que la création fait partie de moi et que je suis une personne créative. C’est toutefois en vieillissant que j’ai pris conscience que la création demande d’être entretenue. J’ai longtemps négligé ma part créative et, dans mon entourage, j’ai souvent vu ce problème aussi. Voilà pourquoi Comme par magie est venu mettre un baume sur mon envie de création et surtout m’a motivée à alimenter mon imagination. Dans ce TED talk, Elizabeth Gilbert expliquait en 2009 que chaque individu à la capacité d’être créatif, et ce, dans différentes facettes. Dans son livre Comme par magie, Gilbert proclame que la créativité agit un peu comme une sorte de magie transcendante. Les idées viennent et vont, elles se logent dans nos têtes pour des raisons créatives …

Nos suggestions de romans écrits par des femmes : défi littéraire Je lis un livre québécois par mois

En ce troisième mois de l’année, il allait de soi pour l’équipe du Fil rouge de consacrer le défi du mois à la littérature écrite par des femmes. Ça peut sembler anodin, mais c’est tout le contraire. Les femmes sont encore sous-représentées en littérature (et dans tant de domaines). Suffit de penser aux prix littéraires (Le fait qu’il n’avait aucune femme en nomination cette année lors du Festival Angoulême, par exemple), aux corpus enseignés et aux anthologies littéraires, les femmes sont constamment en minorité et la littérature dite classique est presque inclusivement masculine. Pour continuer la réflexion, je vous propose le texte de Catherine Dussault-Frenette Les classique et les femmes sur Littéraires après tout. D’autant plus que le 8 mars, la journée internationale des femmes, arrive sous peu, il était évident pour nous d’inciter les gens à lire des écrivaines. Et même si cela est d’un naturel évident pour nous, il en est malheureusement pas ainsi dans le monde littéraire. Mon choix s’arrête donc sur Le parfum de la tubéreuse d’Élise Turcotte, ça fait déjà …