Auteur : Martine Latendresse Charron

Ce qu’on a pensé de nos lectures « Roman d’amour »

01Le mois dernier, dans le cadre du défi littéraire et du genre Roman d’amour, j’ai décidé de lire deux romans qui mettent en scène le deuil amoureux. Le premier qui a attiré mon regard depuis déjà quelques années est Les cascadeurs de l’amour n’ont pas droit au doublage de Martine Delvaux. Ce petit bouquin publié chez Héliotrope me fascinait bien entendu par le titre fortement inspirant et ludique. Or, rien n’est drôle dans ce court roman de Delvaux. On y suit une femme blessée par un amour qui lui a menti. Son amoureux, un Européen, s’est avéré une déception immense dans ses prises de décisions, d’opinions et dans sa façon constante de rabaisser celle qu’il dit aimer. La femme passionnée est attirée par cet amour plus grand que nature qui lui fait vivre les plus grandes émotions et tourments. Elle décide donc de quitter cet amour néfaste, et ce, malgré la douleur intense de se séparer de celui qui a été une promesse d’amour à ses yeux. Elle part toute seule à Rome, histoire de …

Manuel de résistance féministe, à mettre entre les mains de toutes les femmes

Au salon du livre de Montréal en novembre dernier, je me suis laissé tenter par beaucoup de livres, et le petit dernier qu’il me restait à lire est le suivant : Manuel de résistance féministe de Marie-Eve Surprenant publié chez les Éditions du remue-ménage. Honnêtement, j’avais quelques a priori dans le sens où j’avais un peu l’impression que le manuel serait un guide pour les jeunes féministes. Bien que oui, l’ouvrage soit parfait pour les nouvelles féministes, il reste une source non négligeable de références et de faits qui concernent le féminisme. En bref, il s’adresse à toutes les féministes. Et bien honnêtement, à toutes celles qui ne le sont pas aussi, parce que j’aimerais bien voir le visage de lectrices à la suite de cette lecture et qu’elles osent dire qu’elles ne se considèrent pas comme féministes. On dirait que dans ma tête, c’est presque impossible. Le petit livre fuchsia regorge de données chiffrées ou pas qui démontrent la nécessité du féminisme dans notre société québécoise. Bien difficile de renier l’importance du mouvement féministe en …

« J’ai trop peur de glisser sur mes larmes, de m’étaler dans la tristesse et de ne plus pouvoir me relever »

Lorsque j’ai partagé sur Instagram une photo de ma lecture, La gaieté de Justine Lévy, plusieurs m’ont dit n’avoir pas aimé. Comme je suis courageuse, j’ai quand même décidé de me lancer dans ma lecture, malgré tout. Et heureusement, parce que j’ai été obnubilée par l’écriture de Justine Lévy. Ce dernier livre écrit par la Française Justine Lévy, qui, je ne le savais pas, est quand même une figure connue en France, s’attarde à sa vision de la maternité et à ce qu’elle veut léguer à ses enfants. Son titre Rien de grave s’intéressait à une rupture avec son amant et surtout à Carla Bruni, celle avec qui son ex l’a trompée. Profondément ancrée dans le réel, l’œuvre de Lévy puise dans ses expériences intimes. La base du bouquin résulte d’une promesse qu’elle se fait : arrêter d’être triste le jour où elle aura des enfants : « C’est quand je suis tombée enceinte que j’ai décidé d’arrêter d’être triste, définitivement, et par tous les moyens. »  Dans ses tourments d’enfance qui reviennent tranquillement faire surface, …

La remontée de Clarisse

La remontée, de Maude Nepveu-Villeneuve, c’est l’histoire de Clarisse, une fille imparfaite, un peu détruite par la vie, mais qui malgré tout cherche le bien. C’est l’histoire d’une amoureuse qui tombe pour le beau David avec qui elle passe un été à aimer. C’est aussi l’histoire d’un couple qui se sépare pour des raisons pratiques, mais qui continue mutuellement de penser l’un à l’autre. Clarisse continue de penser à lui parce qu’elle élève seule leur fille, Lavinia, secret qu’elle n’a pas confié à David. Les années passent et c’est par un soir d’exposition à la galerie où elle travaille que Clarisse reçoit l’appel d’une dame qui cherche David. Un peu sur un coup de tête, elle décide d’aller à Sainte-Catherine-sur-mer, un village du Bas-du-Fleuve, pour participer à sa recherche. La dame l’accueille chez elle où elle héberge déjà quelques chambreurs, dont David, et c’est ainsi qu’elle se trouve projetée dans un univers où le silence et la nature la ramènent à cet été passé avec lui. Rapidement, on déclare que David est disparu et ce n’est que quelques …

L’angoisse chez Baby Jane

Sur ma PAL, il y a Purge de Sofi Oksanen depuis presque deux ans. Un jour je vais m’y plonger. D’ici là, j’ai aperçu le court roman, Baby Jane et je n’ai pas pu faire autrement que de l’acheter et ce, à cause du quatrième de couverture qui m’a intriguée. Qu’est-il arrivé à Pikki, la fille la plus cool d’Helsinki, qui vit désormais recluse dans son appartement ? Submergée par de terribles crises d’angoisse, elle ne parvient plus à faire face au quotidien. Sans compter les problèmes financiers. Comment gagner sa vie lorsqu’on refuse d’interagir avec le monde ? La narratrice, son grand amour, tente de l’aider comme elle peut. Ensemble, elles vont monter une entreprise d’un goût douteux pour exploiter la faiblesse des hommes. Au mépris d’elle-même, elle va essayer de sauver Pikki. Dans ce bouquin, la finlandaise Sofi Oksanen nous entraine dans une passion dévorante entre deux femmes, mais surtout dans une réflexion sans merci et incroyablement franche envers la maladie mentale. Le personnage principal tombe amoureuse d’une femme de 10 ans son …

Nos suggestions de roman d’Amour : défi littéraire Je lis un livre québécois par mois

Pour ce deuxième mois du défi, Le fil rouge a eu l’idée de proposer de lire un roman d’amour. Or, vous serez d’accord avec moi que les frontières du genre sont extrêmement floues (un peu comme avec Jeune adulte). Il n’y a pas de paramètre précis qui détermine si un roman en est un d’amour, contrairement aux romans de science-fiction ou policiers. L’amour est universel, large et probablement le thème le plus inspirant en littérature. Les collaboratrices et moi, on a donc tenté de vous suggérer des livres d’amour qui montrent toutes les sortes d’amour et tout ce qui y a trait : deuil, amitié, couple, sexualité et j’en passe. Personnellement, j’ai hésité entre deux lectures, Petite armoire à coutellerie de Sabica Senez et Les cascadeurs de l’amour n’ont pas droit au doublage de Martine Delvaux. Alors je pense que ce mois-ci, je lirai les deux. Tous deux traitent du thème du deuil amoureux. Voici la description de Leméac pour Senez : « Ce carnet révèle l’impossible deuil d’une histoire amoureuse. Par fragments qui évoquent autant les traces …

Ce qu’on a pensé de nos lectures Jeune adulte

Je suis tellement contente de voir la participation à notre défi littéraire de 2016. Vous avez été nombreux à nous écrire pour nous dire que vous alliez participer et honnêtement, ça nous fait bien plaisir. On espère le plus humblement vous inspirer à lire davantage et surtout à lire québécois! En voyant des vidéos comme celui-ci, on se dit qu’on peut réellement inciter les gens à découvrir des nouveaux genres et auteurs. Bonheur! Alors, voilà pour ce premier mois de l’année, le thème était Jeune Adulte. Voici donc ce que nous avons lu et ce que nous en avons pensé. N’hésitez pas à nous écrire dans les commentaires quelles ont été vos lectures et si elles vous ont plu. Pour ma part, j’ai lu Camille de Patrick Isabelle. Ce roman empreint de lumière traite de thèmes fort tragiques comme la violence conjugale. Le père de Camille est violent, manipulateur et complètement inapte. La jeune fille est donc élevée entourée de peur, de cri et de douleur. Elle cache ses bleus et tente par tous les …

Virginia Woolf et moi

Je ne me souviens pas la première fois où j’ai aperçu ce joli album, probablement lorsque je travaillais en librairie. Je me souviens de m’être installée longuement dans les allées à le toucher, l’admirer et me dire qu’un jour, j’aimerais bien l’avoir chez moi. Les années ont passé et je ne l’ai jamais acheté. Or, une fois, j’ai eu une carte cadeau et j’ai commandé des bouquins en ligne, dont celui-ci. J’ai reçu un courriel plus tard me disant qu’il était discontinué. Malheur. C’est donc avec bonheur et excitation que cette année au Salon du livre de Montréal, j’ai aperçu Virginia Wolf dans le kiosque des Éditions de La pastèque. Écrit par Kyo Maclear, illustré par Isabelle Arsenault et traduit par Fanny Britt (on se souviendra du marquant duo pour Jane, le renard et moi!), cet album de quelques pages est tellement beau que je ne pouvais faire autrement que de l’installer fièrement sur la cimaise de mon salon. Plongée dans le bouquin, je réalisais que c’était, en plus d’être beau (Isabelle Arsenault est tellement …

Nirliit : Grand Nord, humanité et résilience

Ce premier roman de Juliana Léveillé-Trudel, Nirliit, qui signifie oies, en inuktitut, se passe dans le Grand Nord,  à Salluit, un village du Nunavik. C’est par un drôle de hasard que je viens tout juste de lire Soeurs volées d’Emmanuelle Walter dont Gabrielle a parlé dernièrement lorsque je me suis décidé à lire Nirliit. Je dois dire qu’on ne peut simplement pas terminer cet essai en l’oubliant sur sa table de chevet, ça nous hante. Et nous hantera probablement toujours. En me plongeant dans Nirliit, j’avais la version fictive de l’enquête menée dans Soeurs volées, mais voilà que je savais très bien qu’il n’y avait rien de fictif dans les mots de Juliana Léveillé-Trudel. La narratrice, une blanche, vient passer ses étés à Salluit, non dans le but du travail ou de l’argent comme le font tant de blancs, mais parce qu’elle s’y sent bien et qu’elle aime la langue. Ainsi, elle y rencontre des êtres merveilleux, résilients et brisés. Le récit tourne surtout autour de la mort d’Eva. La narratrice tente de s’adresser à cette femme qui a …

Critique commune de « Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo » de Dany Laferrière

Cette dernière lecture du défi littéraire de 2015 m’enchantait beaucoup. J’adore Dany Laferrière. J’aime le lire et j’aime l’écouter, il est, pour moi, un de mes auteurs préférés québécois. Quoi que je n’ai pas tout lu (même si j’y compte bien) ses oeuvres, je savais qu’avec son nouveau bouquin Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo, je n’allais pas être déçue. Pour moi, Dany Laferrière, c’est une valeur sure. Il y a probablement des gens qui ne l’aiment pas, mais où sont-ils? J’en connais aucun. Bref, Tout ce qu’on ne dira pas, Mongo, c’est un peu une lettre d’amour à Montréal, au Québec qu’offre Laferrière a un jeune africain qui vient de débarquer. Sur une multitude de sujets, Laferrière raconte comment il a véçu les différences culturelles, les manies québécoises et tous ces genres de petits détails qu’on ne remarque pas avant des mois au Québec. Alternant entre l’essai, le roman et même les notes personnelles, le jeune Mongo a littéralement droit a un cours en accéléré. Ce livre m’a beaucoup plu, l’intelligence émotive …