Auteur : Martine Latendresse Charron

Je ne tiens qu’à un fil mais c’est un très bon fil : Critique commune de la lecture d’octobre

Ce que j’en ai pensé : Ce livre, à mi-chemin entre le récit autobiographique et l’oeuvre d’art, nous livre le fil de la vie de Sylvie Laliberté, de l’enfance à l’age adulte où elle doit prendre soin de son père vieillissant pris dans le mouroir. Elle est une enfant solitaire, marginale qui grandit dans une famille des plus classiques. Elle se réfugie dans les livres, dans les personnages et tente d’oublier la réalité de sa vie. Elle prend l’autobus très jeune pour se rendre à la bibliothèque et je ne peux faire autrement que d’y voir Matilda de Roald Hahl. En devenant une adulte, elle s’est créée une vie bien à elle, avec son amoureux, ses lectures, sa maison et toutes ces petites choses qui la rendent heureuse. Je n’avais pas prévu d’être heureuse. Alors si ça arrive des fois, c’est déjà beaucoup J »ai trouvé ma lecture savoureuse à plusieurs moments, spécialement à la page 132 À chaque jour suffit sa peine. Mais il arrive qu’un jour ne suffise pas à ma peine. Alors je …

La trahison des corps de Stéphanie Deslauriers, une ode à la vie

La trahison des corps, c’est le récit écrit au JE de Camille, qui prend la décision, suite à des virulents traitements de chimiothérapie, de se laisser mourir, de ne pas se battre contre sa maladie, ou du moins de ne pas se battre pour si peu de promesses, soit quelques mois de plus. Son destin est scellé, son corps l’a trahie, le verdict est fatal, il ne lui reste que quelques mois à vivre. Camille reprendra le contrôle sur son existence et par le biais de l’écriture, nous racontera les grandes lignes de sa vie qui l’ont menée à dire adieu à la vie de manière si calme, si déterminée et surtout si sereine. Paradoxalement, c’est aussi le récit d’une femme dans la quarantaine qui s’émancipe enfin et qui meurt en entière connivence avec elle-même. Le roman débute lorsque Camille explique sa vie quotidienne, son travail comme enseignante en art plastique, sa vie monotone avec sa fille adorée et son chum un peu plate. D’emblée, elle semble bien, en apparence surtout, mais plus l’histoire avance, plus …

« Soleil » de David Bouchet, nouvelle lecture de novembre du défi littéraire

Ce mois-ci, peu de gens ont voté dans le groupe Facebook du défi littéraire au sondage pour définir la nouvelle lecture du mois d’octobre. Toutefois, c’est toujours vous qui choisissez et ce, même si ce n’est que 5 personnes (haha). On va mettre ça sur la faute de l’Halloween, vous étiez sans doute trop occupés à cuisiner des potages à la citrouille, à trouver le costume de l’année ou à offrir des bonbons aux enfants, on vous pardonne ! Le bouquin de Simon Bouchet semble fort intéressant et quoi de plus génial que de découvrir un auteur qui nous propose sa première oeuvre! Voici donc notre lecture de novembre, Soleil de David Bouchet. Sans tomber dans les clichés, je dirais qu’un peu de soleil dans ce mois sombre et, disons-le déprimant, nous fera le plus grand bien à tous, du moins, je l’espère! Bonne lecture et on se retrouve sur le groupe Facebook, Je lis un livre québécois par mois pour en discuter! Voici une description de l’oeuvre disponible sur le site des éditions La peuplade …

Entre passé et présent, lumière et noirceur, « Choir » de Rosalie Lavoie

Entre passé et présent Choir de Rosalie Lavoie, c’est un coup de coeur. Le quatrième de couverture m’a plu. Je l’ai acheté. En ne sachant pas du tout qui était Rosalie Lavoie et si elle avait déjà écrit auparavant. Rares sont les fois où j’erre dans une librairie sans avoir d’idées préconçues de ce que je veux lire, mais bien heureusement, c’est ce qui s’est produit ce jeudi-là et voilà, je découvrais une plume enchanteresse, lucide et profondément touchante. Dans un balancement, entre l’avant et le maintenant, Rosalie nous entraîne dans les moments phares de sa vie. Enfant avec son père, plus vieille avec ses amours. Dans un continuel retour entre le présent et le passé, on pénètre dans les déboires sentimentaux, corporels, toujours si intimes de Rosalie. Déjà dès l’enfance, le jeu du silence opère suite à un traumatisme incestueux avec le père et ce silence restera longuement dans la vie de Rosalie. Ensuite, elle tombera amoureuse de l’emprise de Frank sur sa vie. Cette relation ornée de nocivité sera bâtie sur un continuel …

Éloge du corps et du désir

Lors de mon dernier voyage en Grèce, j’ai eu le plaisir, LE COUP DE FOUDRE TOTAL, de découvrir la si adorable librairie Atlantis Books à Oia. sur l’île de Santorini. L’extérieur de la librairie attire l’oeil par ses citations qui meublent le bâtiment, comme ses nombreux chats y dormant. Quand je suis entrée, j’ai été encore plus charmée, on se sent comme au paradis. (Le mien = des livres partout partout, du sol au plancher!) Cette librairie a été classée à maintes reprises comme l’une des plus belles du monde et honnêtement, je comprends. L’ambiance qu’on ressent en y mettant les pieds confirme réellement que les propriétaires sont des véritables amoureux des livres. C’est donc avec chance que j’ai pu apercevoir deux-trois petites tablettes dédiées aux livres français. Je n’ai pas pu résister à la tentation de repartir avec un livre de cette librairie (surtout qu’il estampe leur logo dans les livres !) Et ce fût Éloge de la marâtre de Mario Vargas Llosa. Cet auteur que j’adore a été le petit plus à cette …

Journal d’un étudiant en histoire de l’art

La première fois que j’ai entendu parler de Maxime-Olivier Moutier, c’était par une ancienne collègue libraire qui m’avait chaudement recommandé de lire Marie-Hélène au mois de mars. Je me souviens avoir commandé le roman en n’étant pas super convaincue, le titre ne me disait pas mal rien, pour être honnête. Sauf que j’avais adoré l’écriture de Moutier, très franche, dure et lucide. Le récit nous entraînait dans les bas fonds de l’émotion parce que le personnage se retrouvait à l’hôpital psychiatrique suite à une rupture brisant TOUT sur son passage. J’avoue que je ne me souviens pas complètement du récit, je vais donc sûrement le lire d’ici quelque temps. Par contre, une émotion et une ambiance ressort quand je repense à cette lecture, celle de la détresse et en même temps, j’ai le souvenir d’un amour passionnel et fusionnel très fort. Bref. Tout cela pour dire que suite à cette lecture, je n’avais pas relu d’oeuvres de Maxime-Olivier Moutier. Suite à la parution cet automne de Journal d’un étudiant en histoire de l’art, j’ai eu …

La méthode Kon-Mari : de la joie au moment présent

Comme moi, vous avez probablement vu passer un article ou une photo sur ce livre, The Life-Changing Magic of Tidying Up: The Japanese Art of Decluttering and Organizing, (Le pouvoir étonnant du rangement, désencombrer sa maison pour alléger sa vie, en version française). C’est fou à quel point ce petit livre était sur tous les réseaux sociaux, Facebook, Youtube, Pinterest, Instagram et sur plusieurs blogues! J’avoue que malgré mon côté un peu sceptique du départ, je me suis quand même laissée tenter par sa lecture. Vendu plus de deux millions de fois partout autour du monde, je me suis dit qu’il devait sûrement y avoir, effectivement, de la magie dans ce livre! L’auteure, la Japonaise Marie Kondo, est la personne la plus organisée de l’univers, je pense! Elle raconte ses souvenirs d’enfance où elle s’amusait a ranger sa chambre ou la maison de ses parents. C’est ainsi qu’elle s’est bâtie une carrière en créant une méthode, qu’elle jure infaillible et miraculeuse, pour enfin combattre le rebond du désencombrement et du bordel. Avec la méthode Kondo, …

Indie coffee passeport : parce que les gens heureux lisent et boivent du café

Inspiré du roman d’Agnès Martin-Lugand, Les gens heureux lisent et boivent du café (dont je vous parlerai peut-être sous peu), Marjorie et moi avons décidé de lier deux activités qu’on adore faire, ensemble et séparées : visiter des cafés montréalais et lire. Nous allons donc débuter cette nouvelle série d’articles où on visitera des cafés tout en vous faisant des suggestions littéraires à lire dans ces dits cafés. Pour les intéressés, Marjorie vous avait parlé ici de ce que sont les cafés de troisième vague. Et puis, nous avons pensé acheter l‘indie coffee passeport de Montréal. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, il s’agit d’un passeport café qui permet de découvrir 29 cafés montréalais, en 7 mois, pour seulement 30$. Ainsi, on va pouvoir découvrir des nouveaux cafés, les déguster, faire des rencontres de blogue où on discutera de nos nombreux futurs projets! J’ai déjà hâte! Dans le top de mes activités préférées, j’avoue que déguster un bon latté avec des amies à discuter du Fil rouge et de littérature, c’est pas mal difficile …

La petite fille qui lisait Gabrielle Roy

Située d’un côté dans Outremont et l’autre dans le Mile-End, la rue Hutchinson est le reflet miniature d’une société. Abla Farhoud y vit depuis plus de 30 ans et ce fut, sans aucun doute, le point central de son inspiration lors de l’écriture de son roman Le sourire de la petite juive, paru en 2011. Si vous lisez le blogue régulièrement, vous vous doutez bien que c’est suite à ma lecture de Toutes celles que j’étais, sa dernière parution, que je me suis intéressée à l’oeuvre de Farhoud. Comme je l’avais écrit dans l’article commun du mois dernier, une de mes amies m’avait dit à quel point elle avait adoré Le sourire de la petite juive et j’ai enfin pu comprendre les raisons pour lesquelles cette oeuvre d’Abla Farhoud est un petit bijou, tout comme Toutes celles que j’étais. La narratrice de l’oeuvre, Françoise Camirand nous raconte son parcours d’écriture où elle écrit sur ses voisins de la rue Hutchinson. Le lecteur a donc accès aux réflexions de la narratrice et aussi, à ses écrits. …