Auteur : Martine Latendresse Charron

Le nouveau Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie

Le livre que j’attendais de la rentrée littéraire, c’était lui. D’après une histoire vraie, ce nouveau titre de l’auteure française Delphine de Vigan, est sortie le 2 septembre dernier et je me suis fait le plaisir de le lire un weekend, emmitouflée dans une confortable couverture. Je suis sortie du lit en fermant le livre, c’est pour dire à quel point l’histoire m’a obnubilée.  J’aime Delphine de Vigan d’amour, honnêtement. Rien ne s’oppose à la nuit a été une lecture charnière pour moi, je l’ai relue à trois reprises et j’ai même choisi de faire mon travail de fin de session sur lui, la session dernière. Je trouve que Delphine de Vigan a une écriture simplement vraie, elle nomme sans chichi les émotions et surtout, j’adore la réflexion qu’elle apporte sur l’autofiction, l’autobiographie et sur le processus créatif qui vient avec l’écriture. Dans D’après une histoire vraie, j’avoue que de Vigan a réussi à me surprendre, mais de manière positive. Elle joue entièrement avec la mise en abîme tout au long du roman, on se demande …

Paul à Québec, de la BD au grand écran

J’aime d’amour la série Paul de Michel Rabagliati. Ce serait vous mentir que de dire que je l’ai toute lue, mais chacune de mes lectures a été un réel coup de coeur, un petit moment de pause et de bonheur dans mon quotidien. Parce que c’est ça, Paul, une immersion des plus simples dans un monde des plus communs, mais qui fait tant de bien. Quel talent de Rabagliati, de nous présenter un monde ordinaire où le quotidien côtoie la simplicité et de nous donner envie toujours et encore de se plonger dans les aventures de Paul. Lorsque j’ai vu pour la première fois la bande annonce du film Paul à Québec, j’avais déjà les larmes aux yeux, c’est vous dire! Au cours des mois qui ont précédé sa sortie au cinéma, j’allais la réécouter simplement parce qu’elle me donnait tellement envie d’aller voir le film et qu’elle me faisait sentir bien, tout simplement. Émotive vous direz? Et bien oui. C’est donc la semaine dernière que je me suis rendue au cinéma avec mon amoureux, peut-être un …

Je ne tiens qu’à un fil mais c’est un très bon fil de Sylvie Laliberté : Lecture d’octobre du défi littéraire

C’est le temps des potages, des chocolats chauds et des bas de laine! Honnêtement, plus je vieillis, plus j’apprécie l’automne et le fait de me blottir au chaud, spécialement pour lire. C’est donc avec joie que le mois d’octobre se présente à nous, une raison de plus pour découvrir un roman québécois. Suite au sondage sur la page Facebook du groupe, Un livre québécois par mois, nous lirons Ma vie ne tient qu’à un fil mais c’est un très bon fil de Sylvie Laliberté. Le vote a toutefois été ultra serré, la deuxième option étant L’année la plus longue de Daniel Grenier. Bonne lecture, on se retrouve vers la fin du mois pour la critique commune de ce roman.  Petit descriptif du roman Avec sensibilité et humour, Sylvie Laliberté remonte le fil de sa vie, depuis son enfance rêvée dans les livres jusqu’à aujourd’hui, alors qu’elle côtoie la vieillesse de son père. Se jouant des conventions, elle nous livre par petites touches un récit à propos de l’identité, du bonheur, de l’amour, et de toutes ces …

Critique commune de « Veiller la braise » de Sara Lazzaroni

Ma critique La description m’avait, déjà en lisant les premiers mots, charmée. J’avais envie de me laisser entraîner dans une histoire d’amour comme on n’en écrit plus. Et puis, il y avait le titre aussi, Veiller la braise. La braise de l’amour, y porter de l’attention, la couvrir, la protéger, la veiller. La beauté du titre m’indiquait a priori un roman poétiquement éblouissant et ce fût le cas. La jeune auteure, Sara Lazarroni, a une maturité et une vision si pure des relations amoureuses, j’en étais chavirée. Rares sont les romans d’amour si près du vrai, si près de mon quotidien en tant qu’amoureuse. Je me retrouvais dans cette histoire emplie de tendresse, de douceur, d’amour vrai et de complicité. J’ai été émue à plusieurs reprises lors de ma lecture, j’ai même versé quelques larmes à quelques moments en réalisant la justesse des émotions décrites et surtout, en espérant que ma relation amoureuse sera par moment en connivence avec celle des deux personnages. Point intéressant, nous ne savons jamais le noms des amoureux. Le récit …

5 façons de classer sa bibliothèque

Il y a quelques semaines, j’ai publié une photo sur Instagram où je montrais le Avant et le Après de mes bibliothèques. J’ai commencé il y a de cela très longtemps, déjà 7 ans, à classer mes livres en ordre alphabétique, simplement parce que j’ai travaillé dans des librairies et que c’était la façon de faire. Mon oeil aguerri me permet de trouver rapidement ce que je cherche dans ma bibliothèque et c’est parfait pour moi, mais je sais qu’il existe beaucoup d’autres méthodes. J’ai donc eu envie dans cet article de vous faire découvrir 5 façons pour ranger, classer ou simplement mettre vos livres! Sur Instagram, j’ai eu droit à beaucoup de réponses telles que : par genre, par couleur, par grandeur, par préférence, et même aléatoirement! Ça prouve que toutes les manière sont bonnes pour classes ses livres! ABC. À la façon des libraires et des bibliothécaires, c’est, je vous l’avoue, la méthode la plus classique ! C’est aussi la mienne simplement par habitude! Je sais pourtant que cela demande quand même de …

« Amanita Virosa » d’Alexandre Soublière, un roman d’amour noir moderne

Amanita Virosa : Amanita virosa, de son nom vernaculaire Amanite vireuse, aussi appelée Ange de la mort, ou Ange destructeur, est un champignon basidiomycète mortel du genre Amanita de la famille des Amanitaceae. (Source : Wikipédia) Le titre choisi par Alexandre Soublière est plutôt mystérieux aux premiers abords. On se demande premièrement ce que ça veut dire, à moins bien entendu que vous soyez mycologue, soit un spécialiste des champignons. En fermant le roman, on comprend un peu plus. D’emblée j’avoue que j’avais été parmi ces lecteurs qui attendaient la prochaine oeuvre d’Alexandre Soublière avec impatience, mais peut-être pas pour les mêmes raisons que tous. J’avais lu Charlotte before Christ et même si j’avais bien aimé ma lecture, il y avait une immaturité dans l’écriture qui me chicotait. Bien sûr, j’avais compris le langage jeune et franglo et j’étais entièrement d’accord pour dire que cela s’intégrait parfaitement aux personnages et à leur contexte. Toutefois, je trouvais l’écriture très nombriliste et un peu trop empreinte de la génération Yolo. En ouvrant Amanita Virosa, je souhaitais intérieurement ne pas …

L’été de la poésie

Un été sans les hommes, c’est la période où Mia entreprend de se retrouver et ce, au sein de sa mère dans un centre de retraités au Minnesota. En découvrant l’infidélité de son mari avec une plus jeune, Mia débarque en psychiatrie. Cette trahison avec son Boris, son tout, l’a ramenée à des tourments bien plus profonds qu’elle-même. Après quelques mois à déprimer et à sombrer dans l’apitoiement et le désespoir, elle se tourne vers un été inclusivement féminin. Cette poétesse et grande intellectuelle enseignera la poésie à un groupe de jeunes filles tout en se liant d’amitié avec des amies de sa mère. Sa relation avec cette dernière comme avec sa fille viendra ponctuer le récit de réflexions entourant la féminité, l’amour de soi et les relations maternelles. Quoi que prévisible, la scène du « femme trompée par son mari », on s’attache rapidement à Mia, cette femme terriblement inspirée par la poésie et par les mots. « Quelque temps après qu’il eut prononcé le mot pause, je devins folle et atterris à l’hôpital. Il n’avait pas …

Le saint patron des backpackers

Comme beaucoup de jeunes en quête d’identité, Jérôme, 19 ans, décide de prendre une année sabbatique pour aller visiter l’Europe. Il part donc seul, avec en tête une idée bien précise : ne pas revenir au Québec puceau. Entremêlée de rencontres sordides, de bières et de voyages, cette année sera pour Jérôme une coupure froide et net avec sa petite vie de région. Malgré la nostalgie d’un amour déchu resté au Québec, il vivra au cours de ces mois une fascination intense pour Dania, une employée de l’auberge de jeunesse dans lequel il est resté plusieurs semaines. Est-ce que j’ai aimé ou pas ? J’ai de la difficulté à le dire clairement. En soi, l’idée me plaisait beaucoup. J’aime toujours les romans introspectifs et lorsqu’on parle de voyage et de retour vers soi, je suis presque toujours charmée. Dans ce cas-ci, je n’ai pas tant réussi à m’attacher à Jérôme. Dans le sens que oui, je comprenais son envie folle de rencontrer une fille et sa maladresse « trop gentille » qui l’en empêchait. En même temps, de …

« The true cost » : qui paie pour tes vêtements ?

Ce documentaire produit par Andrew Morgan ne changera pas les choses, mais pose des questions. N’est-il pas là le but des documentaires, susciter des réflexions? Essayer de percevoir les choses d’un autre oeil, tenter d’entrevoir d’autres possibilités? The true cost s’intéresse à l’industrie du textile, aux producteurs, aux consommateurs, aux travailleurs et aux créateurs. Chacune des échelles du monde du textile/de la mode a une responsabilité face aux fléaux qui ont lieu dans les usines de textiles partout autour du monde. Depuis les 15 à 20 derrières années, le monde de l’industrie textile a complètement changé, les compagnies se sont mises à embaucher de la main d’oeuvre dans des pays défavorisés. Au départ, on pouvait même se dire, Wow quelle générosité, cela crée des emplois. Erreur, ces emplois ne font que condamner les travailleurs à des conditions sociales et de sécurité inexistantes, un salaire d’esclave et une extrême dépendance vis-à-vis l’industrie. Ce monde, où le profit est le seul pion respectable, a révolutionné entièrement notre façon de consommer. On achète constamment et ce, sans jamais être …

« Veiller la braise » de Sara Lazzaroni : Lecture du mois de septembre du défi littéraire

Suite au sondage proposé sur le groupe Facebook de l’événement, En 2015, je lis un livre québécois par mois, vous avez voté, nous lirons Veiller la braise de Sara Lazzaroni. Je dois avouer que je suis extrêmement contente de cette décision, car c’était aussi mon choix! Je n’avais jamais entendu parler de cette jeune auteure, mais la description du roman et la magnifitude du titre m’ont charmée.  Plus bas dans l’article, j’ai joint la description du roman et de l’auteure disponibles sur le site des éditions Leméac pour vous donner envie de vous joindre à notre groupe pour cette lecture de septembre! On se retrouve le 1er octobre pour un article commun où les collaboratrices du Fil rouge vous donneront leurs impressions sur ce roman! Bonne lecture à tous ! La tristesse a quelque chose de réconfortant. C’est un lit moelleux pour se faire du mal, pour se tailler les veines, écrasé entre le matelas et l’édredon. Le bonheur est toujours inquiétant. C’est un roman d’amour comme il ne s’en fait pas, un roman des visages de …