Auteur : Karina L. Gazaille

Rénovations

Lorsque Martine m’a mis dans les mains le premier roman de Renaud Jean, je n’avais pas de réelle attente. Souvent, lorsque je choisis un roman, c’est par sa page couverture, son titre, son auteur, ou parce que j’en ai entendu beaucoup de bien. Il est rare que je lise la quatrième de couverture, comme si je voulais me garder la surprise. Aller chez Martine se résume souvent à ressortir avec un nouveau livre en main. Cette fois-là, ce fut Rénovation de Renaud Jean, roman des Éditions du Boréal. Bien que je juge souvent le roman par sa couverture, j’ai décidé de ne pas le faire cette fois-ci, parce que je dois vous l’avouer, elle ne m’inspirait pas. Je n’avais jamais entendu parler de l’auteur, ni de son roman. C’est donc sans arrière-pensée que j’ai entamé ma lecture. Rénovation est très court. On y fait la rencontre d’un personnage plutôt casanier qui aime sa routine, son appartement, que j’imagine totalement blanc. Le personnage semble sans couleur, sans personnalité, en fait il semble surtout pris dans une peur, …

La petite suceuse, une BD à découvrir

Quel bonheur d’avoir enfin la BD de La petite suceuse dans mes mains, le premier bébé de mon amie D. Depuis l’annonce de la maison d’Éditions BerBer 13-13 qui ont fait confiance au talent de l’artiste D., plusieurs attendaient sa parution, mais pourquoi cette attente? Parce que nous avons affaire à une artiste engagée qui met en oeuvre dans sa BD des personnages de diverses cultures. C’est une mission que D. se donne, de mettre à l’avant des personnages que nous voyons souvent de manière stéréotypée. Elle nous offre une histoire politisée, féministe-Queer, qui parle de xénophobie/racisme. Ce qui fait que je reconnais beaucoup d’elle dans son personnage de Magdalena. Protéger les humains en échange de sang froid en sac et rempli d’agents de conservation: il n’y a rien de naturel là-dedans. Pourtant, c’est l’emploi de Magdalena. Sa patience atteint ses limites un soir de patrouille où elle et son collègue ont pour tâche de former des nouveaux aspirants hemagis. La petite suceuse n’est pas seulement l’histoire d’une jeune vampire qui rêve de révolution, elle est tout …

Nos suggestions d’autofiction/biographie pour le mois de janvier du défi #jelisunlivrequébécoisparmois

Pourquoi ai-je choisi l’autofiction ou la biographie comme premier genre? Simplement parce que je crois c’est un des moyens de se rapprocher de l’auteur-e. C’est une lecture très personnelle qui nous permet de faire une introspection sur soi-même (bonjour bibliothérapie!). Souvent, les « histoires » racontées dans ces livres nous touchent encore plus, car nous les savons vraies, permettant alors de se reconnaître plus facilement. Les lectures ou suggestions des fileuses : Je compte lire Borderline de Marie-Sissi Labrèche. Laurence Lacroix : « J’avais bien aimé Le feu de mon père de Michael Delisle. » Marie-Lou Beaudin : « J’ai bien aimé Qui de nous deux de Gilles Archambault, un récit sur les mois entourant le décès de sa conjointe de longue date. Le avant et le après. Touchant et inspirant. » Amélie Panneton : « Ma suggestion, un livre que j’aime d’amour : Journal de Julie Delporte, qui est (comme son nom l’indique) un journal illustré, très doux-amer et très beau. Et j’aimerais beaucoup lire Prague de Maude Veilleux ce mois-ci (à peu près dix-huit mois après tout le …

Une fileuse au Salon du livre : mes conseils pour aborder nos auteur-e-s

Depuis près de 10 ans, je vais religieusement au Salon du livre de Montréal. Au départ, j’y allais principalement pour rencontrer Anne Robillard et ses chevaliers d’émeraude (ou encore ses agents secrets de sa série A.N.G.E. Oui! oui! J’ai beaucoup admiré cette auteure lors de mon secondaire). Mais à force d’y aller, j’ai pu constater que je pouvais rencontrer d’autres auteur-e-s dont je lisais les romans. Cette année, le Salon du livre de Montréal se tiendra du 16 au 21 novembre 2016. Je suis déjà impatiente d’y aller, je compte presque les dodos! Et comme à chaque année, le Salon du livre se tiendra à la Place Bonaventure (au métro du même nom). À force d’y aller, j’ai quelque-uns-e-s de mes ami-e-s qui me demandent des conseils, surtout en ce qui concerne la manière d’aborder un-e auteur-e. Je suis une personne très timide, il m’est alors souvent difficile de faire les premiers pas, mais dans ce genre de contexte je trouve que c’est plus facile. Et au pire, la seule chose que tu auras dite …

Miss P. et ses enfants particuliers

Je constate que la littérature fantastique est souvent boudée, ou n’est tout simplement pas considérée comme de la «vraie» littérature. J’aime en lire, mais je reste tout de même sélective dans mon choix de lecture. Souvent mes choix sont portés par la couverture, ou encore, la maturité de l’écriture de l’auteur-e. J’aime lire ce genre parce que je le considère exutoire. Il me permet de rêver et me donne un sentiment de liberté. Il me permet surtout de conserver mon cœur d’enfant. J’ai fait la rencontre de Miss Peregrine grâce à Tim Burton. Ceux et celles qui me connaissent savent que je suis en amour avec cet homme. Je me tiens donc au courant de ses nouveautés, et c’est alors que j’ai appris qu’il allait faire l’adaptation du premier roman, et le premier de la série Miss Peregrine, de Ransom Riggs. Je me devais de le lire. La sortie du film était prévue pour le 30 septembre. Malgré une certaine déception à des changements apportés dans l’histoire (ils ont interchangé des personnages et leurs particularités…), …

Murmures dans un mégaphone

Rachel Elliott nous offre une lecture qui fait réfléchir sur la société. Sur le comment nous vivons les uns avec les autres, sur les technologies. Dans son roman nous retrouvons trois personnages principaux qui sont à la recherche de leur identité. Nous avons la trentenaire se croyant folle, l’homme qui n’a aucune personnalité et sa femme accro aux réseaux sociaux. Miriam a appris à vivre dans le silence des murmures. Ralph fuit les responsabilités que la société lui impose en quittant le jour de son anniversaire sa femme et ses enfants. Tandis que sa femme, Sadie qui se cache derrière un univers superficiel, est déboussolée par ce revirement de situation. Elle qui croit pouvoir tout contrôler n’a alors plus rien sous son contrôle. Alors que Miriam décide enfin de sortir de sa maison après y avoir vécu trois ans cloîtrée, elle fait la rencontre de Ralph dans les bois, alors que celui-ci se sauve de sa réalité. En fait, il tente de se mettre en danger. Et c’est ensemble qu’ils découvriront qui ils sont réellement. …

Turbo Kid

Si vous aimez les années 90 vous serez servi avec ce film et ce «comic». Il y a de cela plusieurs mois, je suis allée voir le film «Turbo Kid» au cinéma (j’ai maintenant le DVD dans ma petite collection). Je n’avais pas de réelle attente face à ce film. Mais une fois bien assise dans la salle avec ma liqueur et mon popcorn, ce fut un coup de cœur ! Je ne suis pas une adepte de la violence, mais dans ce cas j’ai adoré la manière dont ce fut amené. Tout est tellement exagéré et amené au ridicule que ça donne un certain charme et surtout un certain humour au film, déjà que l’univers est plutôt éclectique. Les personnages sont pour la plupart exagérés et nous les prenons au ridicule. En fait, l’univers me fait beaucoup penser à «Mad Max», par ses décors désertiques, ses personnages colorés et ses méchants. «La civilisation a été détruite et les rares survivants tentent de s’organiser dans un dépotoir où ils sont en constante recherche d’eau. Le …

ROOM : l’aventure de Super Jack

Room est l’histoire de Jack et de sa maman. Jack a toujours vécu dans la chambre (« the room »). Tout ce qu’il a connu et ce qu’il connaît s’y trouve. Il a Monsieur lit, Madame commode, Monsieur tapis, etc., et tous les dimanches il a droit au « cadeau du dimanche » offert par le « Grand méchant Nick ». Jack tient sa force de ses cheveux, c’est pourquoi il garde ses cheveux longs, parce que tout comme les héros de ses livres, il sera le héros de sa propre histoire. Sa maman est parfois « ailleurs », ce qui lui permet alors de regarder plus longtemps la télévision où il retrouve ses ami-e-s, dont Dora l’exploratrice. À présent que Jack a 5 ans, sa mère lui dit qu’il faut être courageux. Qu’il est maintenant temps de sortir de la chambre. Mais Jack ne comprend pas, pourquoi s’en aller alors que l’extérieur n’existe pas? Ensemble, ils essaient divers plans d’évasion et Jack réussit! Il est le grand héros et « Grand méchant Nick » se retrouve en prison. « Grand méchant Nick » se retrouve en …

Le Petit Goldstyn

J’ai eu la chance de rencontrer Jacques Goldstyn au Salon du livre de Montréal en 2015 pour son livre «L’arbragan». Alors que j’attendais dans la file (qui consistait en mon ami et deux jeunes garçons), j’observais justement ce que les deux garçons allaient faire dédicacer. Parce qu’ils ne tenaient pas les romans graphiques de Goldstyn, non ils avaient en leur procession des revues des «Débrouillards»! Je ne savais même pas que ça existait encore, et quel est le lien entre Goldstyn et les «Débrouillards»? Et bien, c’est que la petite BD qui se trouve à l’intérieur est faite par celui-ci. Une fois mon tour, j’ai constaté très rapidement quel personnage sympathique est Jacques Goldstyn. Ensemble, nous avons parlé des jeunes du primaire (moi travaillant dans ce domaine et lui cherchant des gants/mitaines pour son projet dont je vous parlerai plus bas). Cette conversation nous a emmené sur notre amour pour l’arrondissement de Verdun (et de sa librairie). À savoir que Jacques Goldstyn a vécu une partie de sa vie à Verdun, il m’a d’ailleurs appris …

Avant que tout s’effondre

«Seule survivante d’un pacte de suicide, Ang fait partie de la scène musicale underground, obsédée par l’idée que la fin du monde est proche. Mais quand elle arrive finalement, Ang et ses amis ne trouvent pas la libération qu’ils espéraient. Au lieu de cela, ceux qui sont encore en vie sont affamés et luttent pour survivre dans un monde sans repères. Sombre et envoûtant, Avant que tout s’effondre mêle poésie, culture punk rock, drogues et surréalisme pour raconter l’histoire d’une jeune fille face à l’anéantissement de toute espérance.» Voici l’univers que Liz Worth nous fait découvrir. Un monde post-apocalyptique où l’eau, l’hygiène et la nourriture se font rares; où les chiens sont rois, où le seul moyen de supporter la vie est de consommer et de consommer et de consommer. Drogue, musique, parce qu’il ne sera jamais question de survie. Ang, personnage central de l’histoire, vit la Fin. C’est ainsi qu’ils appellent ce nouveau siècle: la Fin. Ils ont raison, parce que plus rien ne vit. Tout commence par le suicide raté d’Ang. Elle nous …